Alors que l’Ukraine est à feu et à sang, l’immobilier explose dans le métavers. Le monde est-il devenu fou ?

On pensera ce qu’on en voudra, mais il existe un très sérieux paradoxe entre le monde réel et le monde virtuel… D’une part, ce dernier échappe à toutes les lois physiques et d’autre part, il est le reflet exact de ce que le monde est dans la réalité…

Alors que les soldats de Vladimir Poutine détruisent tout ce qu’ils peuvent détruire en Ukraine, un marché de l’immobilier presque malsain, est en train de se développer à une vitesse VV prime un peu partout dans le monde. Il est par ailleurs doté d’une particularité assez exceptionnelle puisqu’il s’agit d’un marché immobilier qui n’existe pas en réalité… 

Maintenant, la question est de savoir, si nous avons réellement à faire à une véritable révolution ou pas ?

Ridicule ou pas, les choses sont ce qu’elles sont…

Que penser de ces terrains ou de ces yachts qui n’existent pas dans la réalité et qui sont vendus pour de véritables fortunes dans les métavers aujourd’hui (Sandbox, Decentraland, Nifty Island,etc) ?

Il faut bien avouer que même si nous sommes de grands rêveur​s, pour le moment, la plupart d’entre nous ont encore du mal à voir une finalité dans ​cette toute nouvelle mode, qui, disons le franchement, peut paraître parfois absurde. Surtout que nous ne parlons pas ici de petites sommes d’argent, mais de plusieurs centaines de milliers de dollars au bas mot…

La première remarque que l’on peut faire, est que dans les différents métavers qui se développent, les règles économiques restent identiques par rapport à la réalité. Dans des métavers tels que Sandbox ou Decentraland par exemple, les parcelles de terrain les plus chères sont celles qui sont à proximité des centres d’intérêts. Les supermarchés, les shopping centers ou bien encore les endroits où des vedettes bien réelles vivent virtuellement (c’est vrai, il y a de quoi perdre les pédalles). Endroits, qui représentent un potentiel marketing bien particulier pour des grandes marques par exemple. La seconde remarque que l’on pourrait faire, est que l’on assiste à la naissance d’activités commerciales autour de ces différentes zones virtuelles, et que cela génère toute une nouvelle économie parallèle. Aussi, des agences marketing ou de communication, voire même des entrepreneurs en bâtiment (virtuels) émergent dans les métavers. On se doute que les véritables maçons ne trouveront pas vraiment d’emploi dans ceux-ci, à moins de posséder un diplôme d’ingénieur en informatique. Ici encore, il semble que la règle qui s’impose dans le monde réel, va clairement se répéter dans la réalité virtuelle. Mais toujours est-il que la question reste à savoir, pourquoi investir des sommes d’argent importantes dans ce qui n’existe pas ?

Des issues certaines ? Certainement pas !

Soyons clairs, plus les semaines passent, plus le métavers se révèle à nous…

Aussi, la vision de Meta, de Sandbox, de Microsoft ou bien encore d’Apple sont relativement différentes les unes des autres. Alors que Sandbox (ou Decentraland) jouent sur le côté bling bling et superficiel, où se ruent des rappeurs et des influenceurs vedettes  – a vrai dire, les deux n’apportent rien de plus à la société – des entreprises comme Meta ou Apple s’orientent dans une voie beaucoup plus pragmatique comme celle de mélanger le travail (et les fonctionnalités qui pourraient l’améliorer) à la réalité virtuelle. 

Si beaucoup disent que les deux grandes tendances qui caractérisent les métavers du futur, sont ceux qui s’orientent vers le monde des plus aisés et des vedettes et d’un autre côté, d’autres vers les masses populaires, il serait plus justifié de parler de métavers qui servent à quelque chose de concret (donc qui contribuent à l’évolution du monde) et de ceux qui ne servent tout simplement à rien de plus, qu’à au mieux de créer de l’évènementiel (des concerts, des expositions ou des défilés de mode), ou au pire de générer des comportements superficiels (acheter ou louer un terrain virtuel à côté de celui d’une vedette). On pourrait dans ce sens, très bien imaginer que vous puissiez louer sur AirBnB, un appartement qui se situerait juste à côté de celui de Kim Kardashian, et être invité dans les méga orgies qu’elle et son mari pourraient donner tous les soirs. En échange d’une certaine somme d’argent, cela va sans dire…

Bref, dans ce cas, le métavers n’est qu’un reflet de la réalité et ce dernier offre de nouvelles voies à des rentrées d’argent pour les célébrités, mais il faut bien avouer qu’il n’offre rien bien de plus…

Bon mais maintenant, que fait-on avec cela ?

Les choses se dessinent, c’est vrai, mais avance t-on vraiment ?

A vrai dire oui, puisque nous commençons à voir un peu plus clair dans ce qui était, il y a encore quelques semaines de cela – notamment quand Facebook est devenu Meta – quelque chose de complètement abstrait. Ce qui est clair, c’est que certains métavers sont à l’image des discothèques parisiennes ou de celles de Cannes : un endroit ou l’on rêve d’être avec des célébrités qui roulent dans des Ferraris, juste pour se donner un sentiment d’être quelqu’un d’important (et de là, de substituer sa propre vie à celle des autres). Sauf qu’ici, les enjeux financiers sont beaucoup plus importants et les possibilités sont bien entendu, beaucoup plus nombreuses. Pour reprendre notre exemple plus haut, le couple Kardashian ne pourrait pas physiquement et mentalement supporter des dizaines d’orgies par jour alors que si celles-ci sont robotisées, tout est permis. On pourrait tout aussi bien imaginer que certaines célébrités commencent à vendre des moments privilégiés en tête à tête (voir plus si affinité) à la chaîne (toujours robotisées cependant), ou bien encore faire découvrir des expériences clients (presque) uniques dans leurs somptueuses résidences métavertes. Et on ne peut en douter, ces dernières ne manqueront pas d’imagination en la matière…

Maintenant pour les autres, il s’agit de se demander ce que l’on va faire avec tout cela, alors que par exemple en Ukraine, l’infrastructure immobilière est détruite sous d’incessants bombardements ? D’un côté, un univers immobilier complètement superficiel et qui n’à pas vraiment de sens (en terme d’évolution du monde) est en train d’émerger, alors que d’un autre, les représentants d’une époque révolue rêvent encore de grands empires et détruisent des logements, qui sont quant à eux bien réels et très largement nécessaires. 

En fait c’est dans ce paradoxe que nous pourrions aussi tirer certaines idées par rapport à notre monde : 

D’un côté le métavers ressemble à s’y tromper à la réalité, sauf que la démarche consiste à développer les possibilités de gagner de l’argent, peut être d’une manière qui n’avait jamais été atteinte auparavant. De l’autre, nous avons la réalité du monde physique en face de nous. Un monde dans lequel certains détruisent ce qui à été construit par d’autres. C’est dommage, mais c’est comme cela…

Pourtant, on ne peut pas s’empêcher de penser que le ridicule que représente le premier, l’est beaucoup moins que le second. Toujours est-il que la reconstruction de l’Ukraine va être longue et que cette dernière pourrait devenir le visage d’un nouveau monde qui se situerait à mis chemin entre la réalité (réelle) et la réalité augmentée. Après tout, les crises ne sont jamais que l’occasion de redémarrer à zéro, pour autant que l’on ait pu soigner ses blessures et sécher ses larmes…  

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