Aujourd’hui les plombiers, demain les juges peut-être…

Non monsieur, nous ne pouvons rien faire pour vous avant Noël. Nous avons même une cliente qui n’a plus d’eau chaude depuis dix jours et on ne peut même pas aller chez elle !

Allez savoir pourquoi ?

Lorsque j’ai entendu cette réponse d’un plombier chez qui je venais chercher secours (nous sommes à la fin du mois de septembre), je dois avouer que j’étais cloué au sol. Pourquoi diable la profession n’était-elle pas capable de satisfaire aux besoins de la population ? Pourquoi, lorsque l’on appelle une entreprise de services de proximité, il n’y a tout simplement pas de services ? Pourquoi, si cette entreprise à trop de travail, ne renforce t-elle pas ses équipes pour satisfaire une demande croissante ? Il me semblait que Jeremy Rifkin avait une fois de plus raison, quand il disait que nous vivions dans une économie de la pénurie…

Essayons d’y voir plus clair :

Tout d’abord, il faut bien l’avouer, c’est toujours en hiver que les chaudières et les systèmes de chauffage tombent en panne. Donc l’hiver, c’est la période où le plombier se transforme en un super-héros qui fait sourire tous ceux qu’il croise sur son passage. A cela, il faut ajouter que la reprise économique après plus d’un an d’arrêt​, n’arrange pas vraiment les choses. Les chaînes de production ont été fortement ralenties, voire même stoppées. Les consommateurs ont été forcés à l’économie pendant longtemps et se retrouvent avec de l’argent à investir. Comme l’épargne ne rapporte plus vraiment grand-chose et que l’on a pas forcément confiance dans la bourse (puisque nous vivons en période de crise, il vaut mieux attendre), on se rabat forcément sur la valeur sûre par excellence, l’immobilier. Avec comme résultat que les prix explosent puisque face à la demande croissante, les pénuries s’installent et de fait, les plombiers et tous les autres rament comme des galériens… 

L’exemple Amazon…

N’y aurait-il pas cependant autre chose ?

Parce qu’après tout, plus un corps de métier à de travail, plus il est content. Et il pourrait sembler qu’il est toujours possible de prendre de nouveaux collaborateurs afin de satisfaire la demande ? Et bien apparemment, non ! On préfère dire à un client que l‘on est débordé plutôt que de s’encombrer de nouveaux… problèmes. Parce qu’engager du personnel, c’est aussi avoir des problèmes supplémentaires (et au-delà de cela, encore faut-il trouver la main d’œuvre adéquate à la profession, ce qui n’est pas non plus facile). Des charges, des formations à grands frais, des obligations, des impératifs administratifs, des syndicats… Bref tout l’écosystème que nous devons à la sécurité sociale, puisqu’un jour des gens ont décidé pour nous de faire le choix de tourner le dos au plein emploi. 

N’est-ce pas véritablement le cœur du problème ?

Dans un contexte de plein emploi, quand vous avez besoin de personnel, vous engagez. Lorsque vous n’en avez plus besoin, vous licenciez. Bref les choses sont très claires : On a besoin de vous, vous travaillez. On a pas besoin de vous, vous ne travaillez pas et allez travailler pour quelqu’un qui à son tour a besoin de vous. C’est ce que beaucoup appellent la précarité, le travail itinérant, le travail de pigiste ou bien encore tout simplement le travail indépendant. 

Nous allons passer ici sur le débat social que cette problématique inspire et se concentrer sur les conséquences que génèrent non seulement un système, mais surtout un système entretenu par des mentalités toutes particulières liées au vieux continent. Nous sommes même​​ à ce propos des exceptions sur la planète. Le fait est que je n’ai toujours pas de chauffagiste et après plusieurs coups de téléphone, je commence sérieusement à désespérer et c’est dans ces moments où je me dis que j’aimerais avoir une application – un peu de type Uber – qui sans surprises me dirait que dans les minutes qui vont suivre, mon réparateur est en route et que la course me coûtera la somme forfaitaire de 22, 36 euros. Mieux encore, j’aurais accès aux données sur la personne qui va venir chez moi. Je saurai par exemple qu’il est jugé comme antipathique par les utilisateurs de la plateforme (comme je n’ai pas le choix, je serais bien obligé de faire avec, mais sans l’effet de la surprise), combien de missions il a accompli pour ses clients, etc. Bref, pas d’attente et de frustration au téléphone, ni avec la personne qui va venir réparer ma chaudière. Un véritable bonheur qui n’est finalement pas si éloigné de nous puisque Amazon propose déjà dans certains pays du monde (comment s’en étonner) comme les Etats-Unis, des programmes comme Amazon Home Services. Programmes dans lesquels vous pouvez faire appel à différents corps de métiers pour réaliser divers travaux dans votre habitation. 

Et si les plombiers n’existaient plus…

Allons bien au delà de cette application qui rassemble une multitude de services et qui vous enverrait dans les quelques minutes, le corps de métiers dont vous avez besoin : 

Et si nous envisagions un monde dans lequel le plombier n’existe plus ? 

Quelles en seraient les implications, tout en sachant que la profession est difficilement robotisable, puisqu’elle nécessite énormément d’adaptation physique à des environnements toujours très différents ?

Pour répondre à cette question, attaquons-nous tout d’abord au problème de base qui n’est ni plus ni moins que le problème de l’installation de chauffage. Tout d’abord, les installations sont conçues pour être alimentées par des énergies fossiles. Donc elles sont alimentées par des réseaux gérés par des opérateurs. Centralisées donc et même doublées par une mini centralisation au sein même de la maison (ou du bâtiment). Bref, impossible pour l’instant d’échapper à cette dictature de l’installation centralisée, sauf que depuis peu les horizons s’ouvrent…

D’une part, le panneau solaire et les batteries de stockage de l’énergie produite en interne par ces derniers pourraient être une solution alternative (si les opérateurs le veulent bien) aux réseaux publics d’approvisionnement d’énergies. Mais cela ne résoudrait en rien les problèmes liés à une installation centrale capable de fournir du chauffage (ou de la climatisation) dans notre maison. Donc nous devons voir plus loin…

Plus loin, cela passe avant tout par une autonomie totale des bâtiments. Cela veut dire que l’on balaye tous les approvisionnements provenant de l’extérieur, voire même de l’intérieur, mais comment faire cela ?

Il y a bien entendu les habitations passives, mais elles n’éliminent pas la problématique du chauffage. Peut être la solution réside dans d’autres systèmes que ceux auxquels on nous a habitués. Pourquoi ne disposerions-nous pas à l’avenir de vêtements, de canapés et de couettes qui régulent et qui capturent la température de notre corps ?

L’industrie du vêtement à de nombreux défis à relever dans les années à venir. Dans l’écologie d’une part puisque nous parlons du deuxième secteur le plus polluant au monde. Dans la médecine ensuite car il peut être à la source de nombreuses données médicales pouvant servir à un monitoring médical permanent. Dans le domaine de l’énergie enfin, car il pourrait bien faire en sorte qu’à l’avenir, nous puissions très clairement nous passer de climatisation.

Lorsqu’il y a une faille dans ce monde, quelqu’un sur la planète est en train de travailler à la solution. Peut-être quelqu’un dans le nord est en train de mourir de froid parce qu’il n’a pas de chauffage ou bien peut être quelqu’un meurt de chaud dans le sud parce qu’il n’a pas assez de climatisation. Peu importe, dès qu’un problème devient récurrent quelqu’un travaille quelque part pour y trouver une solution. C’est comme cela que les choses doivent se passer et c’est très bien comme ça !

Et pour vous monsieur le juge, qu’en sera-t-il demain ?

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