Demain, tous (vraiment) sédentaires ou tout simplement… nomades !

Le tourisme est devenu, à partir de la seconde moitié du siècle passé, une véritable industrie. Pourtant, bien des choses nous montrent que ce même tourisme de courte durée que nous pratiquons aujourd’hui, ne sera plus aussi prisé dans les prochaines années…

Le télétravail, un véritable signe d’évolution… 

Plusieurs facteurs pourraient influencer la disparition progressive du tourisme et le premier d’entre eux, c’est bien entendu le télétravail. Avec le développement des nouvelles interfaces qui permettent de travailler à distance, il n’y aurait rien d’étonnant à ce que nous ayons envie de faire des voyages prolongés de plusieurs mois, voire mêm​e de plusieurs années. De fait, si vous pouvez travailler et simultanément entretenir vos contacts sociaux à distance, pourquoi vous priver de voyager en même temps ?

Si toutefois dans un premier temps, on pourrait imaginer que ce sont les plus jeunes qui se laisseraient aller à leur désirs de découvertes, on peut aussi imaginer que dans un second temps se soient les plus âgés qui seraient eux aussi envahis par la passion du voyage de longue durée. Dans un troisième temps, on pourrait même envisager​ que des familles complètes puissent être tentées par l’aventure. 

Notons néanmoins une certaine contradiction avec l’immobilité que pourrait amener un télétravail généralisé. Si les choses vont dans ce sens, il semble clair – et tout nous le démontre aujourd’hui – que plus on est amené à vivre et travailler entre ses quatre murs, plus on fait finalement tout, pour que notre espace de vie soit le plus agréable possible, pour faire l’un et l’autre. Le monde de la construction à l’heure actuelle est loin de se porter mal, bien au contraire. La question est de savoir si maintenant, nous ne sommes pas en train de préparer notre intérieur pour mieux le louer temporairement dans les années qui vont suivre à d’autres personnes, qui vivent avec les mêmes aspirations que les nôtres. Nous pourrions ainsi nous échanger nos habitations et parcourir le monde en passant de l’une à l’autre. Tantôt dans les montagnes du Montana, tantôt sur les côtes de la mer des Caraïbes… Nous avons déjà les moyens de le faire avec AirBnB, mais l’avenir nous montrera probablement que de véritables réseaux d’habitations mêlant des services de mobilité, des services Web, de restauration (dans la catégorie hôtelière) ou encore des programmes de divertissements en tous genres seront accessibles à ces trois nouvelles cibles qui veulent parcourir le monde. 

Réalités virtuelles ou augmentées…

Imaginez un instant que vous ayez décidé d’entamer un long voyage d’un an avec votre conjoint(e) et vos deux enfants…

Vous avez le choix de programmer ce voyage minutieusement en prévoyant les lieux exacts et les dates de vos escales, ou plutôt en allant au petit bonheur la chance, là où le ciel vous guide. Si vous vous plaisez à un certain endroit, vous y restez. Si cela ne vous plait pas vous changez de place. Pour financer cette aventure, vous avez mis votre maison en location via la même plateforme que vous utilisez et vous avez bien entendu, vous et votre conjoint(e) votre propre travail. D’un logement à l’autre, c’est un véhicule qui est connecté à votre vie toute entière qui vous conduit et qui vous laisse aussi le luxe de travailler ou de gérer vos affaires personnelles. Vous arrivez dans votre nouveau logement provisoire et vous n’avez plus qu’à vous installer. Vous déposez vos bagages, vous allumez un écran géant, introduisez votre code d’accès et vous voilà directement en contact avec l’environnement numérique qui régit votre vie et votre travail. Le lendemain au matin, vous recevrez et traiterez vos messages et vous vous mettrez au travail. Mais ce qui va changer cette fois de votre banlieue parisienne, c’est qu’à la fin de la journée, vous irez nager dans une eau turquoise et boire un cocktail sur la plage. A la fin de votre périple, vous rentrez à la maison et entamez à nouveau une vie normale avant de reprogrammer un autre long voyage. 

Tel pourrait être le modèle de vie que nous aurons demain…

Si c’est le cas, nous aurons  tous les éléments rassemblés pour être à nouveau confronté à un solide paradoxe : 

Soit nous serons amenés à voyager pour satisfaire nos instincts naturels de découverte, soit nous vivrons la plupart du temps entre nos quatre murs, en parfaite immobilité. Autant dire que nous avons sérieusement intérêt​ à ce que ces espaces intérieurs soient confortables et que nous puissions avoir autour de ceux-ci des points d’intérêts à proximité pour aller nous détendre, car dans le cas contraire, tout laisse croire que l’atmosphère conjugale pourrait être souvent explosive.

Voilà où pourrait nous mener le télétravail tel que nous le connaissons aujourd’hui, s’il venait à se généraliser. Mais il faut aussi compter sur les réalités virtuelles et augmentées qui pourraient elles aussi jouer un rôle important dans nos désirs de voyage ou de sédentarisme. Pour l’instant, les environnements numériques de travail en 2D, sont peu immersifs et doivent encore s’améliorer pour garantir à l’employeur comme à l’employé un espace de travail virtuel confortable pour l’un comme pour l’autre. Mais avec les espaces immersifs en 3D, comme les métavers par exemple, les choses vont sensiblement changer. Ces métavers pourraient bien nous confondre dans nos attirances respectives. Des environnements ultra immersifs pourraient par ailleurs, nous pousser à ne plus jamais rentrer chez-nous ou à l’inverse nous pousser à ne plus sortir du tout. 

Et si la voiture n’était plus si distincte de l’habitation ?

Et si face à ces mutations comportementales, nous assistions à une sorte d’hybridation entre l’habitation et le véhicule ?

Oui, bien entendu, cela existe déjà avec le mobilhome ou la caravane, mais ces formes hybrides sont peu évoluées et présentent encore à l’heure actuelle, de nombreuses contraintes. Le partenariat récemment signé entre Stellantis et Amazon va donner naissance à une multitude de véhicules dans lesquels vous pourrez interagir avec ces objets comme si vous étiez dans votre propre bureau. Vous pourrez piloter à partir de ce poste, toutes les commandes qui composent votre habitation ou celle que vous allez occuper provisoirement. Notons que Stellantis n’a rien  inventé en la matière car, c’est Tesla qui s’est lancé en premier lieu dans l’aventure. Il est par ailleurs intéressant de constater que l’entreprise d’Elon Musk est aussi en ce moment occupée à développer un quartier tout entier de maisons, technologiques et énergétiques dans la banlieue d’Austin, au Texas. Il ne serait donc pas étonnant que le développement de maisons Tesla suive la même courbe de croissance que celui des véhicules de la marque (du moins en termes d’innovation). 

Cela veut-il dire que vous logerez dans l’avenir dans les réseaux hôteliers de Stellantis, Tesla, BMW ou Volkswagen ? 

Ce n’est pas certain, mais il se peut que les technologies déployées dans les voitures soient en parfaite coordination avec celles déployées à l’intérieur des bâtiments. De plus, les technologies qui vont rendre les véhicules complètement autonomes vont-elles aussi permettre de plus en plus de liberté à l’intérieur même de l’habitacle. Dormir, regarder un film, ou prendre un repas dans une plateforme sur roue, qui conduira dans le même temps en toute autonomie, ne sera plus du tout rare dans les années qui viennent. Ce qui veut dire aussi que la voiture deviendra un espace de vie mobile. Une idée intéressante serait finalement que l’endroit dans lequel vous allez loger ne soit véritablement qu’une extension de votre véhicule. Une sorte de batterie, ordinateur, générateur qui alimente des espaces de vie temporaires, voire permanents. 

Peut-être sommes-nous véritablement en train de vivre les débuts d’une véritable révolution ?

Rejoindre le groupe Facebook

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Résoudre : *
24 ⁄ 4 =


Articles similaires

Commencez à saisir votre recherche ci-dessus et pressez Entrée pour rechercher. ESC pour annuler.

Retour en haut