Hidalgo… quand la démagogie s’emballe !

Tout le monde le sait, les politiciens ne sont jamais avares de promesses… Et ces promesses vont bon train principalement en période électorale. Pour le moment, les prétendants au poste suprême de l’Elysée nous en donnent plus encore que de raison. Aucun des candidats n’échappe bien entendu à la règle, mais certains font preuve de plus de zèle en la matière que d’autres​. C’est le cas de Anne Hidalgo – socialiste – qui tente de courtiser un public de 1.2 million d‘enseignants et de non enseignants en leur promettant de… doubler leur salaire.   

Rien que ça !

Une belle et coûteuse promesse…

Bien entendu, à droite, au centre et à gauche, les opposants d’Hidalgo – qui n’arrive pas vraiment à être convaincante devant les caméras de télévision, ce qui explique peut-être, du moins en partie ce coup de fusil – s’en donnent à cœur joie pour dénoncer ce qu’ils considèrent, à juste titre comme de la démagogie. Même si on peut admettre que l’idée entre dans la logique des choses – car l’enseignement est un domaine crucial qui doit attirer impérativement les meilleurs talents – on ne peut pas nier le côté opportuniste de la démarche. On le sait, tout le secteur est enraciné dans le socialisme depuis la fin des années 60 et tout indique que les choses ne changeront pas de sitôt. Donc stratégiquement c’est un coup qui fait mal à la concurrence (même celle qui vient de gauche) et qui clairement pourrait bien porter ses fruits. Plus d’un million d’électeurs, ce n’est pas rien et ce joyeux petit monde pourrait bien faire pencher la balance. Très clairement vers le clan Hidalgo. Ce qui est loin d’être une bonne chose si on prend en compte la digestion obligatoire de la population française pour le bilan de l’administration Hollande. Un François Hollande, qui lui aussi s’était embourbé dans des grandes promesses qu’il n’a pas été capable de tenir. Rappelons que le président socialiste voulait taxer les riches à raison de 75% et qu’en l’espace de quelques mois, c’est tous les riches de France qui ont pris la fuite. Mais là où le bas blesse c’est que les candidats socialistes ont en général beaucoup de mal à tirer des leçons du passé, idéalisme oblige. Et forcément, vers qui va-t-on encore se retourner pour aller chercher cet argent ? Et oui, dans le mile, vers… les riches. Et le débat Monsieur Wood, va reprendre de plus belle…

Une nécessité, mais est-ce réaliste ?

Le problème, c’est qu’ Anne Hidalgo est très vague sur le financement de cette merveilleuse idée, lancée en pâture à des enseignants qui vont se l’arracher et tomber à genoux devant l’actuelle Maire de Paris. La note pourrait être en effet salée et atteindre les 150 milliards d’euros sur la durée du quinquennat. Même si je dois admettre du bout des lèvres (je n’aime pas Hidalgo car elle m’énerve vraiment) qu’attirer les meilleurs talents vers l’enseignement est une bonne idée voire même une nécessité, il va bien falloir sortir cet argent de quelque part. Le problème, c’est que l’on voit mal comment on peut augmenter encore un peu plus les impôts, dans un pays qui a déjà atteint les limites en termes de pression fiscale (CNFR : les gillets jaunes). D’autre part, creuser encore un peu plus la dette publique serait purement et simplement suicidaire. 

Comment donc réaliser une telle prouesse ?

Bon reprenons…

Attirer un maximum de talents dans l’enseignement passe par des salaires élevés. C’est un fait et Hidalgo est loin d’être une visionnaire puisque nous sommes déjà nombreux à en avoir fait le constat depuis 20 ans. Moment de l’histoire où nous sommes passés de l’ère industrielle à l’ère numérique, donc à une économie de la connaissance et du savoir. Il est donc logique que le monde à un cruel besoin d’ingénieurs en sciences de l’informatique et de ce fait d’avoir, dans les écoles des gens qui soient capables de donner aux enfants les moyens intellectuels pour y parvenir et surtout leur donner l’envie de le devenir. Et c’est sur ce point précis qu’il faut poser le doigt…

Une administration Hollande après l’administration Hollande…

Comment voulez-vous donner la possibilité aux enseignants de véritablement communiquer leurs savoirs et leurs passions s’ils sont écrasés par un système administratif plus que contraignant ? 

Un système administratif, qui de plus est conçu par des personnes qui n’ont aucune idée de la réalités des marchés dans lesquels les enfants d’aujourd’hui entreront demain et qui ne jurent que par des formulaires et des directives numérotées à 10 chiffres. Or paradoxe, Anne Hidalgo, qui veut doubler le salaire des enseignants, fait elle aussi partie des acharnés de l’administration. Or c’est bien le surplus administratif qui pose un  véritable problème au secteur. Que les professeurs aient des directives, certes, il faut s’entendre sur une ligne droite commune et il serait bon – nous en avons d’ailleurs parlé à plusieurs reprises ces dernières semaines – que les pays occidentaux accordent leurs violons et adoptent une politique d’enseignement commune. 

Mais finalement, ne serait-il pas plus logique que l’argent que l’on consacre à l’éducation nationale soit alloué directement aux écoles et aux universités, plutôt qu’à une armée de scribouillards et de pseudo pédagogues qui grouillent dans les trop nombreux bureaux des ministères de l’enseignement ? 

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