La Silicon Valley va-t-elle être étouffée par le socialisme californien ?

Ce n’est pas la première fois que Elon Musk déclare publiquement ses intentions de quitter la Californie, mais il semble qu’aujourd’hui ce soit chose faite. L’homme d’affaires vient d’annoncer que le siège social de Tesla serait désormais au Texas et plus précisément à Austin…

Une tentative d’êtr​e diplomate, malgré tout…​  

Elon Musk ne claque pas littéralement la porte à la Californie, mais il semble que la politique menée par les démocrates californiens ait eu quand même raison de lui. Musk a déjà décidé récemment d’habiter au Texas – les installations de Space X s’y trouvant – pour des raisons de facilité et de proximité. Bien entendu, cette décision était aussi fiscale car en Californie, on paye beaucoup d’impôts. En revanche, dans un Texas ultra conservateur, les agents du Fisc sont généralement considérés comme des suppôts de Satan.​ Et lorsqu’on devient l’homme le plus riche du monde (environ 220 milliards de dollars), on a pas forcément envie d’en donner une large partie à l’administration. D’autant plus qu’il a besoin de cet argent pour construire une ville sur Mars et y déployer une colonie. Son nouveau projet en titre – la construction d’une ville écologique au Texas, sur le fleuve Colorado – est par exemple significatif car ce projet devrait, du moins d’un point de vue énergétique, servir de prototype à sa ville martienne. Bon, d’accord ou pas d’accord, mais au moins Musk n’entend pas rester sur ses acquis et savourer sa fortune bien gardée sur un compte épargne. Il poursuit son projet de changer significativement le monde et il a démontré qu’il était clairement déterminé à y arriver. Fortuné ou pas, ses intentions sont donc louables. 

Les démocrates californiens étouffent t-ils les entreprises ?

La Californie n’est pas un Etat comme les autres. Il ne trouve pas son équivalent sur le sol américain, ni mêm​e dans le monde. L’esprit y est différent, son attraction pour l’écologie est toute particulière et bien entendu, il y aussi un petit penchant -assez attachant d’ailleurs – pour le social. Seulement voilà, le social à un coût qu’il est difficile de ne pas répercuter sur les impôts. Néanmoins, il semble que la recette ait marché jusqu’ici puisque l’Etat le plus peuplé des USA ( 40 millions de personnes environ) s’est glissé à la place de cinquième puissance économique mondiale avec un PIB de 14,5% par rapport au PIB américain. Elle abrite trois centres de première importance : La baie de San Francisco pour les hautes technologies, Los Angeles pour la production cinématographique (et de plus en plus pour le jeu vidéo) et San Diego pour le secteur pharmaceutique (donc médical). Néanmoins les prix de l’immobilier y sont très élevés et un nombre incalculable d’employés sont forcés de faire deux heures de route pour se rendre au travail. C’est bien entendu ici que le télétravail y trouve son compte, mais certaines entreprises adaptent les salaires en fonction des zones géographiques habitées par leurs employés et certains sont donc forcés de faire les trajets pour ne pas perdre trop d’argent. Mais le véritable problème de fond se trouve au sein mêm​e de l’acharnement des autorités contre les grandes entreprises technologiques. On voit souvent des sénateurs démocrates revendiquer des taxes plus fortes, voire même menacer les entreprises technologiques de démantèlement. Et c’est sans compter sur les nombreux procès impliquant de très lourdes amendes infligées à celles-ci.

Bref les démocrates californiens entretiennent un climat malsain par rapport aux entreprises technologiques et ce climat pourrait bien – tôt ou tard – leur exploser en pleine figure. Ce n’est d’ailleurs pas sans rappeler la calamiteuse administration Hollande en France, dans les premières années de la décennie 2010. La France s’était alors lancée dans une véritable chasse aux sorcières contre le monde technologique. Avec pour seul résultat d’avoir acquis la réputation d’être un pays qui refusait toute avancée qui pouvait secouer son modèle conservateur. En ce qui concerne la Californie, c’est d’ailleurs un comble lorsque l’on abrite le plus gros pôle technologique au monde sur son territoire. Alors que la logique voudrait que l’on profite de cette formidable position mondiale, il semble que les autorités aient décidé de faire tout le contraire. Elon Musk est un chef de file et il se pourrait bien qu’il soit le premier d’une longue série d’entrepreneurs talentueux, poussés par une rumeur qui voudrait que la Silicon Valley est devenue trop étouffante, alors que jusqu’ici, c’était l’endroit où il fallait absolument être pour pouvoir bénéficier du meilleur écosystème au monde (du point de vue technologique du moins).

Austin, doucement mais sûrement…

Imaginons un instant que cette situation aboutisse à une migration technologique massive… Rien ne dit pour autant que la Silicon Valley perdrait sa légendaire réputation. On peut même imaginer qu’elle restera à tout jamais le centre technologique historique mondial. En revanche, elle pourrait accentuer l’importance des autres pôles technologiques situés sur le territoire américain, voire même canadien. Rappelons que ces pôles sont Seattle, Los Angeles, San Diego, Portland, Boston, New York, Detroit ainsi que la ville d’Austin. Côté canadien l’enjeu culturel est de mise puisque Toronto se dispute une place de premier de la clase avec Montréal. Ces villes sont en général plus accessibles financièrement à l’exception de Los Angeles et de New York. La rivalité s’est installée entre elles, bien que chacune possède un champ d’activité propre. La finance pour New York (principalement pour booster des modèles existants et moins pour engager une rupture comme c’est les cas à San Francisco), l’énergie, l’espace et les semi-conducteurs pour Austin, la robotique pour Boston ou bien encore le jeu vidéo pour Montréal. Elon Musk soulignait d’ailleurs que la baie de San Francisco était devenue trop passive. C’est un terme employé judicieusement et il est clair que le dynamisme d’Austin (Texas) alors qu’elle ne figurait, il y a encore trois ans d’ici comme une ville (simplement) prometteuse (mais sans plus) et qui est pourtant devenue aujourd’hui le centre le plus important des Etats -Unis pour la production de semi-conducteurs. Samsung et le géant taïwanais TSMC ont d’ailleurs décidé d’y implanter respectivement leurs nouveaux sites de production. Preuve qu’un écosystème s’est déjà bien mis en place. Austin est donc devenue en peu de temps, une place de choix pour s’installer. Pas nécessairement dans le domaine technologique, mais aussi dans de multiples domaines comme celui des services par exemple…

Il ne faut pas perdre de vue qu’un pôle technologique est avant tout une zone géographique qui rassemble un formidable capital d’entrepreneurs, d’innovateurs, de cerveaux, mais aussi de personnes qui ont d’importants moyens financiers. Bref, ce sont des zones qui ont très clairement un potentiel économique extrêmement fort. Avec Austin et San Francisco, nous avons un exemple très clair d’une situation qui pourrait souvent se répéter dans l’avenir. Austin pourrait subir le même sort (potentiel) que la Silicon Valley si elle se conforte elle aussi dans l’immobilisme. Ce qui laisserait à une autre zone géographique la possibilité de croître très vite. 

Si vous avez le sentiment d’avoir raté une étape – et c’est probablement le cas en ce qui concerne cette ville texane – ne craignez rien car le plus important, c’est avant tout de savoir où les choses commencent à bouger…

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