Soyez optimistes mais dites-vous quand même que le progrès aura toujours une longueur d’avance sur vous !

Retour sur un article du site FUTURA TECH, intitulé Robotisation, IA : quels sont les métiers les plus menacés ?

« 2,1 millions de Français « ont une forte probabilité de voir leur emploi disparaître dans les prochaines années », affirme le think tank Institut Sapiens« .

L’article rappelle entre autre que les estimations de disparitions d’emplois dans le futur oscillent dans une fourchette qui va de 47% selon les estimations de deux chercheurs de l’Université d’Oxford à 9% pour l’OCDE.

Jusque là tout va bien (enfin presque) mais ce sont principalement les estimations temporelles de l’Institut Sapiens qui semblent légèrement en décalage avec la réalité.

Revenons un instant sur la méthode de calcul :

« L’Institut a dressé une liste de postes dont les tâches sont automatisables puis croisé cette liste avec celle des métiers qui ont connu la plus forte diminution d’effectifs entre 1986 et 2016. Ils ont ensuite prolongé la courbe selon plusieurs hypothèses (tendance actuelle ou accélération de l’automatisation)« .

Résultats des courses nous apprenons que :

Les employés de banque et d’assurance disparaîtront entre 2038 et 2051.

Les employés de la comptabilité disparaîtront entre 2041 et 2056.

Les secrétaire de bureautique et de direction disparaîtront en grande partie entre 2053 et 2072.

Les caissiers et les employés de libre-service disparaîtront entre 2050 et 2066.

Et enfin que les ouvriers de la manutention quant à eux disparaîtront entre 2071 et 2091…

Et maintenant ?

Sur le fond, nous sommes d’accord, toutes ces professions sont amenées à disparaître, mais néanmoins il semble que sur la forme, il y ai cependant certaines interrogations…

Pour les employés de banque et d’assurance par exemple, 20 ans minimum nous séparent des prévisions annoncées alors que la Blockchain, les monnaies virtuelles, les Fintechs et surtout l’arrivée des GAFAM sur le marché de la finance est en train d’exploser. D’autant plus que les assistants électroniques reliés à ces mêmes GAFAM seront d’une efficacité redoutable dans moins de dix ans, remplaçant alors banquiers, assureurs, comptables et bien d’autres professions encore, y compris les secrétaires…

En ce qui concerne les caissiers et les employés de libre service, annoncer leurs disparition dans une fourchette allant de 30 à 46 ans semble très, très, très optimiste, alors qu’ici encore les applications mobiles et les systèmes d’accueils automatiques des clients en magasin sont à l’heure actuelle tout à fait aptes à remplacer le personnel humain. On peut penser que la pression des syndicats arrivera à ralentir les choses pendant encore quelques années, mais même dans le meilleur des cas, 10 ans seulement devraient suffire à éliminer dans sa quasi intégralité les caissiers, à l’exception peut être de ceux qui travaillent dans des petits commerces. Organismes pour lesquels, dans un premier temps l’installation et le contrôle des systèmes automatiques risque d’être trop coûteux que pour pouvoir se développer. Mais ce n’est néanmoins qu’une question de temps…

Enfin selon l’institut Sapiens, les ouvriers de la manutention devraient disparaître dans une fourchette qui varie entre 50 et 70 ans. Pour ce domaine, il convient ici d’observer certaines nuances entres les différents secteurs liés à la manutention. Le développement conséquent des robots dans les usines et les entrepôts de stockage comme ceux d’Amazon, ainsi que celui des navettes automatiques pour les livraisons (y compris dans les hôpitaux) sont aujourd’hui en plein essor. La collecte des données qui lui est liée explose littéralement et est utilisée pour former des intelligences artificielles de plus en plus efficaces qui accélèrent amplement (sur les plans financiers et technologiques) l’accès à ces technologies. Ce type de travaux manutentionnaires n’en à lui non plus pour guère plus de 10 ans, tout au plus. En revanche les complexités liées au robots humanoïdes de type Atlas de Boston Dynamics ainsi qu’à la fabrication additive dans la construction des bâtiments (et de leur pacification) va prolonger la profession encore pour quelques années. Peut-être pas 50 ans mais au moins la moitié, voir même un peu plus…

Cherchez l’erreur…

Comment peut-on en arriver à une telle différence ?

Peut-être devrions-nous tout d’abord chercher dans la période sondée… Entre 1986 et 2016 s’écoulent 30 ans. C’est une période suffisamment longue pour faire une étude de qualité, mais est-il prudent d’analyser deux époques complètement différentes ?

Revenons sur les différentes phases importantes de ces 30 années :

  • 1986-1995 : l’informatique évolue lentement, commence à dématérialiser le monde et dans le même temps commence aussi à détruire des emplois. Le World Wide Web est créé en 1988 par Tim Berners-Lee.
  • 1995-1999 : généralisation de l’informatique et évolution lente d’Internet. La dématérialisation du monde s’accentue et la destruction d’emplois continue de manière très lente.
  • 2000-2007 : généralisation des lignes à haut débit et explosion d’Internet sur toute la planète. Apparition des réseaux sociaux, d’Airbnb, de l’Iphone, du Kindle et développement de l’Intelligence Artificielle (Watson).
  • 2008-2016 : La crise entraîne un changement de comportement dans les habitudes de consommation. La dématérialisation du monde s’accentue considérablement tout comme la disparition de nombreuses professions. L’informatique et l’Internet sont généralisés à l’échelle de la planète.

En réalité, lorsque l’on prend en considération ces quatre périodes, il apparaît très clairement que les deux premières ne sont en rien représentatives des deux suivantes. Il y a très nettement une cassure à partir du moment ou les lignes à haut débit arrivent dans les mains d’une grande partie des populations de part le monde. A partir de là, tout change. Il serait donc intéressant de reprendre la même méthode de calcul, qui est tout à fait crédible, et la mesurer sur la période 2001-2016 et il y a beaucoup de chances pour que les résultats se rapprochent de ceux développés ci-dessus…

L’idée du jour : soyez optimistes mais dites vous quand même que le progrès aura toujours une longueur d’avance sur nous !

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