Tesla se lance dans les assurances et ça risque de faire mal… pour les autres !

Et si votre assurance voiture n’était pas calculée sur base de la personne que vous êtes​, mais plutôt en fonction de votre attitude sur la route, et tout cela en temps réel ?

C’est bien ce que propose aujourd’hui Tesla (uniquement au Texas pour le moment). Mieux encore, la prime que vous payez peut baisser (ou augmenter) en fonction de votre conduite. Argument financier oblige, Tesla semble aujourd’hui en mesure de rendre les automobilistes plus responsables en brandissant l’argument financier…

Jusqu’au bout, dans la rupture…

Tesla a donc décidé de proposer une assurance auto – on se doute que cette offre vaut uniquement, du moins pour le moment, pour les véhicules de la marque – flexible, adaptée à votre comportement. Plus vous êtes imprudent, plus la prime mensuelle de votre véhicule augmente. Moins vous l’êtes, plus elle baisse. Il fallait y penser, ou du moins pouvoir s’en donner les moyens. Ce n’est bien entendu pas venu du jour au lendemain, car il a fallu des années pour développer les technologies dont les véhicules sont équipés aujourd’hui, et surtout (dans ce cas-ci) pour développer l’intelligence artificielle qui permet d’analyser la conduite d’une personne, dans le véhicule en temps réel. La voiture analyse donc de manière permanente votre comportement sur la route. En gros, elle vous observe et vous donne un score pour votre attitude. Cinq critères sont analysés : Les freinages brusques, les virages agressifs, les alertes de collision enregistrées par le véhicule, le respect des distances de sécurité et le débrayage forcé de l’Autopilot qui a lieu quand un conducteur n’est pas assez attentif en conduite semi-autonome. 

Le score initial qui est attribué à l’utilisateur est de 90 points (une prime de base de 121$ par mois). Si le véhicule enregistre une bonne conduite routière, le nombre de points augmente. Dans le cas contraire, le nombre de points diminue. Un score de 98 points par exemple, fait gagner 31% du montant de la prime de base. Celle-ci sera donc pour le mois en cours de 83$. En revanche, si le score est de 88 points, la facture augmente de 7% et il faudra s’acquitter de la somme de 130$. 

Un système plus équitable…

Vous l’aurez probablement compris, vos moindre faits et gestes ont aujourd’hui – ou auront demain – un coût. Exactement comme sur la route, lorsque vous bravez les interdits et que vous êtes pénalisés pour un excès de vitesse. A l’exception faite que les milliards de données que vous fournissez à votre voiture sont rassemblées, traitées et stockées. Tout cela dans le but de rendre la technologie de votre véhicule toujours un peu plus performante (et votre facture en termes d’assurance aussi). Si aujourd’hui, Tesla se base sur cinq critères différents pour analyser votre conduite, on peut croire que plus nous avancerons dans le temps, plus vos données vont aider la machine que vous conduisez à être​ toujours plus précise. Demain par exemple, elle pourrait analyser votre manière de conduire en fonction de situations climatiques particulières, et vous avantager ou vous pénaliser en fonction de votre réactivité.  Elle pourrait aussi faire chuter votre score pour des excès de vitesse répétés. Plus précis encore, les véhicules qui se trouvent l’un près l’autre pourraient se partager entre eux leurs données respectives et décider eux-même d’une conduite autonome adaptée aux différents propriétaires de véhicules. Une sorte de prise de contrôle en prévision des réactions de l’un par rapport à l’autre. Bref, au-delà des normes développées pour les véhicules de manière générale (toutes les routes et tous les véhicules confondus), les véhicules de Tesla pourraient atteindre un degré de précision préventive – en ce qui concerne sa propre flotte – très largement supérieure aux autres marques. 

On peut s’imaginer que pour certain, il est difficile d’accepter que votre voiture vous espionne et vous inflige une pénalité financière, un peu de la même manière qu’un agent agréé​ par l’administration, voire même​, la sainte justice, pourrait le faire. Pour d’autres, la menace de ne plus pouvoir conduire d’une manière non standardisée constituerait probablement une entrave à la vie privée. D’autres encore pourraient évoquer un grand complot technologique contre l’individu…  

Oui, c’est évident, mais faut-il rappeler que la plupart d’entre-nous respectent les règles établies et que le système mis en place par Tesla peut non seulement récompenser ces derniers, mais aussi pénaliser d’une certaine manière ceux qui ne respectent pas celles-ci ?

Va-t-on vers une véritable révolution ?

En fait, faire appel à la bonne volonté humaine (qu’importe les motivations) est toujours plus démocratique que d’imposer des impératifs légaux pénalisant et contraignant. Mais il est clair aussi que si le système de Tesla venait à se généraliser, on pourrait clairement assister à une délégation à grande échelle de responsabilités considérées comme du ressort des services publics au profit du secteur privé. Une chose qui pourrait choquer un nombre considérable de personnes, surtout en Europe. La démarche de Tesla risque donc de faire couler beaucoup d’encre à l’avenir. Néanmoins chez le concerné, qui vient fraîchement de quitter la Californie pour déménager au Texas – et qui semble y couler des jours heureux – on estime que ce marché pourrait atteindre dans les années qui viennent, jusqu’à 40% des revenus de l’entreprise. Ce marché représenterait donc une véritable mine d’or et cela n’a finalement rien de bien étonnant puisque si elle élargit sa technologie aux autres entreprises, l’argent pourrait bien couler à flots. Soyons clair, l’entreprise d’Elon Musk est très largement en avance par rapport aux autres constructeurs sur le plan technologique. Mais elle a démontré aussi que ses ambitions vont au-delà de la simple volonté d’innover et de garder jalousement ses créations. Musk a lui-même décidé de mettre les brevets que détenaient sa société en libre utilisation. Lorsque les marques traditionnelles se sont elles aussi – avec beaucoup de retard – lancé dans les véhicules électriques, il n’a cessé de répéter qu’il était content que le monde prenne une nouvelle tournure et qu’il se débarrasse enfin de sa dépendance au pétrole. Dernièrement, Tesla à annoncé l’ouverture de ses stations de recharge à toutes les marques automobiles.​ Dans cet état d’esprit, on peut difficilement imaginer que cet aboutissement technologique qui se concrétise après de nombreuses années de recherche et de développement, n’aboutisse finalement pas chez les autres constructeurs, et inévitablement dans les compagnies de leasing et de locations de voitures, qui y trouveraient très largement leur compte. 

Alors, révolution ou pas, il s’agit encore d’une preuve que décidément, Tesla est très loin d’être un constructeur de voitures comme les autres.

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