Uber Eats se lance dans la livraison autonome et pendant ce temps Tik Tok lui marche sur les pieds…

C’est bien connu, les contraintes financières sont faites pour être​ contournées. Aussi, lorsque l’administration se déchaine sur une entreprise​ et que cet acharnement prend un tournant mondial, il est clair qu’il est temps d’accélérer les choses pour se sortir du pétrin dans lequel on est tombé. Accélérer les choses, c’est bien ce que Uber est en train de faire en ce moment. Uber qui, comme on le sait, se bat contre les administrations de plusieurs pays pour lutter contre l’obligation d’employer ses livreurs et ses chauffeurs indépendants…

Objectif, pas d’employés ?

L’ombre de l’autonomie des véhicules pèse lourdement depuis déjà très longtemps. Nous savons que d’ici 2030 les voitures autonomes et les modules de livraison du dernier kilomètre rempliront les rues. Une dizaine d’années, c’est néanmoins suffisant pour s’adapter à une situation, sauf si un élément perturbateur rentre dans le jeu et cet élément existe bel et bien. L’entreprise vient en effet d’annoncer – bien en avance sur ce qui était prévu initialement – les premiers tests de livraison autonomes pour 2022…

Passons sur les détails techniques, mais dans les grandes lignes, le partenariat s’est fait avec Motional, donc Hyundai et les tests se dérouleront sur un échantillon précis de restaurants dans la ville de Santa Monica en Californie, avec des véhicules autonomes de niveau 4 de la marque (donc sans assistance humaine, mais avec une surveillance à bord). Beaucoup diront que si les tests commencent en 2022, la livraison autonome n’est pas encore pour demain. Pourtant, techniquement parlant aujourd’hui, ces véhicules sont prêt​s à aller sur les routes. Une dizaine d’années de pratique et de collecte de données (et de développement de l’IA) nous ont mené à un stade totalement opérationnel. D’autres part, adapter un véhicule autonome à un service de livraison est donc un véritable jeu d’enfant pour les deux entreprises, sans oublier que non seulement les réseaux commerciaux sont déjà déployés et que les populations sont très largement rodées au réflexe de la livraison à domicile, Covid oblige…

A quand une taxe pour compenser le nombre d’emplois perdus…

La mise en place d’un service de livraison autonome commercial pourrait donc voir le jour dans les deux ou trois années à venir et de fait créer un solide malaise chez ceux qui travaillent par l’intermédiaire de ces plateformes. Nous avons ici très clairement à faire à une bulle, qui pourrait véritablement exploser et nous faire très mal, si on n’y prête pas attention. Des millions de personnes de par le monde travaillent par l’intermédiaire des technologies de plateformes. Que feront ces gens demain s’ils ne peuvent plus travailler comme ils le font aujourd’hui. Surtout qu’encore une fois, il ne vont pas avoir le temps de se retourner et de trouver des activités professionnelles qui offrent des opportunités de travail instantanées, sans devoir passer par la lourde hiérarchie de l’embauche. On peut en plus s’attendre à des actes de vandalisme contre ces véhicules et ces modules de livraison et c’est sans parler des attaques administratives contre ces entreprises destructrices d’emplois et qui ne veulent pas, en plus, se conformer à un modèle d’entreprise traditionnel. Avec comme risque d’interdire purement et simplement les applications en question, comme cela s’est fait avec Uberpop en France entre autres. Parmi les plus virulentes on peut facilement s’imaginer que Paris serait en première ligne. Vu qu’il ne faut s’étonner de rien, il serait presque légitime de craindre que différentes administrations soit forcées de compenser la perte de rémunération de tous ces chauffeurs et livreurs qui devraient retourner sur les bancs de la sécurité sociale, en imposant des nouvelles taxes aux plateformes. Etrange paradoxe par ailleurs, à l’heure ou la RATP travaille avec Intel (pour être plus précis avec sa filiale Mobileye) sur le déploiement de l’application Moovit, qui doit offrir un service de voiturage autonome – dans un premier temps – limité aux employés des Galeries Lafayette (Paris Haussmann). C’est une incursion timide et tardive dans le domaine, mais néanmoins une incursion  quand même…

Après l’administration, TiK Tok l’autre menace…

Nous sommes manifestement dans un monde en pleine mutation et on voit très clairement que Uber à mis les pieds dans un domaine hautement protégé – on l’a vu avec les taxis – mais aussi qui génère des problématiques sociétales importantes, partout là où l’entreprise californienne s’aventure. Elle est souvent secouée par les pouvoirs publics, plus encore que les majors de la technologie que sont Google, Apple ou Facebook. Bref comme nous venons de le voir, les problèmes pourraient continuer dans les prochaines années pour Uber. Intel joue peut-être la carte de la sécurité quand il s’allie à un organisme public pour déployer sa technologie. Une stratégie qui peut toutefois payer dans des pays européens très attachés aux sphères publiques. Toujours est-il qu’Uber n’est pas encore sorti des ennuis, mais son potentiel reste absolument énorme, si ses dirigeants arrivent du moins à anticiper les problèmes potentiels futurs. Un potentiel qui semble vraisemblablement intéresser d’autres entreprises, même​ venant d’horizons bien différents. C’est d’ailleurs le cas de Tik Tok qui semble vouloir entrer en compétition directement avec Uber Eats dans le secteur de la livraison de repas. On pourrait s’étonner que le réseau social s’oriente vers ce domaine, mais lorsque l’on observe les vidéos qui cartonnent le plus, on ne peut donc pas s’étonner de cette décision. On pourrait même se demander si Tik Tok ne va pas devenir un concurrent d’envergure pour Uber et pour Deliveroo. Car si son expansion est similaire à celle de son réseau social, les deux entreprises américaines ont un peu de soucis à se faire et elles vont devoir réinventer solidement leur modèle. Le danger venant de Tik Tok est que les fans vont pouvoir consommer de la nourriture venant directement de leurs idoles. C’est beaucoup plus attrayant pour le public mêm​e en comparaison d’un repas fait par un chef étoilé qui serait directement livré chez-vous. L’émotion pour un public jeune est bien plus intense, et ressemble un peu à une situation dans laquelle une légende comme Mr Macdonald en personne vous cuisinait lui-même ses burgers et ses frites. Bref, l’entreprise (à l’origine) chinoise est en train de faire sa place dans le monde et n’a pas manqué une occasion que ses aînés ont quant à eux manqués et pas un peu. Facebook – même​ avec son gigantesque projet de métavers aurait pu, il y a bien longtemps d’ici battre le fer quand il était très chaud et force est de constater qu’il est passé à côté​ d’une bonne occasion. 

Cela devrait néanmoins donner aux autres entreprises – au pire – une excellente leçon en termes de créativité… ​

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