Faut-il craindre une explosion de la bulle IA ?

Les nouvelles opportunités économiques ont, depuis la première révolution industrielle, toujours laissées à peu près les mêmes traces :

Premièrement des nouvelles technologies apparaissent. Ensuite des opportunités se créent via un écosystème propre à ces nouvelles apparitions et enfin on finit toujours par assister à une prétendue ruée vers l’Or dont on ne connaît rien du tout par rapport à son avenir (souvent sombre pour la plupart des acteurs qui se lancent dans l’aventure)… 

Des crises économiques souvent générées par les nouvelles technologies !

Le cas en Californie dans la première partie du XIX°siècle illustre bien ce phénomène et cette référence n’est pas anodine car ce sont finalement ceux qui fabriquaient le matériel nécessaire à l’exploitation des mines, des rivières et des ruisseaux qui se sont très largement enrichis par rapport à ceux qui, par appât du gain rapide, se sont au contraire, et malheureusement pour eux, souvent appauvris. Il en est de même aujourd’hui avec le développement des Intelligences Artificielles… 

L’exemple de la conquête californienne illustre bien toutes les subtilités de l’économie, car en réalité l’histoire nous démontre qu’il vaut mieux donner à ceux qui vont au “casse pipe” toutes les possibilités d’y aller, plutôt que d’y aller soi-même.

Le monde de l’automobile l’exprime remarquablement par ailleurs, car nombreux se sont lancés dans l’aventure, surtout dans ou autour des bassins sidérurgiques (rappelons à ce propos qu’un petit pays comme la Belgique abritait 21 constructeurs automobiles en 1910 alors qu’il était la seconde puissance économique du monde, grâce notamment à sa main mise sur le Congo). Les constructeurs automobiles se comptaient alors par plusieurs centaines partout dans le monde, mais très peu ont survécu à l’évolution des technologies qui se sont imposées au fil du temps. Aussi la sidérurgie a survécu pendant longtemps en fournissant de l’acier aux constructeurs automobiles et plus largement à toutes les entreprises qui s’étaient lancées dans le domaine de la mobilité, avant d’être elles-mêmes avalées par une poignée d’acteurs qui viendront un siècle plus tard prendre le contrôle du secteur (Arcelor Mittal pour ne donner que cet exemple)…

La bulle Internet et le reste ?

Les leçons que l’on peut tirer de l’histoire de l’automobile- et cela vaut encore pour bien d’autres secteurs économiques – est que d’une part, ceux qui fournissent les matières premières survivent avant tout plus longtemps. Ensuite, que les marchés sont très volatiles (mais cela est sans véritable surprise) et que l’on ne peut donc pas compter sur eux en termes de stabilité. Il faut donc être en permanence attentif à tous ce qui s’y passe. Enfin les principaux acteurs qui survivent dans ces mêmes marchés finissent toujours par exercer un certain type de monopole qui ne laisse pas de place aux nouveaux prétendants qui pourraient éventuellement arriver, même avec des idées et des mises en place complètement révolutionnaires (lorsqu’un marché s’installe fermement, il ne veut pas évoluer par crainte d’être détrôné. Seule une véritable rupture peut avoir raison de cet immobilisme). 

Il en fut bien entendu de même pour l’armement et même pour les machines à coudre qui ont vu tous les fabricants concurrents se faire disséminer par des marques comme Singer. Des constructeurs qui avaient su détecter bien avant l’heure toutes les exigences du consommateur, et ce à une époque où seuls les vêtements de “Monsieur” étaient achetés chez un couturier (et plus tard dans dans les grands magasins), alors même que les vêtements de “Madame” et ceux des enfants étaient fabriqués à la maison…

Il faut noter que l’informatique personnelle n’échappe pas non plus à l’histoire ! 

Nombreux ont été appelés mais beaucoup s’y sont tout simplement cassés les dents. Même les plus grands acteurs du moment, comme IBM, n’ont pas su s’adapter aux changements qui étaient en train de se passer et ont fini par jeter l’éponge (du moins dans ce domaine précis). La bulle des “.com” a encore ajouté une pierre à l’édifice car il s’agit ici d’un énième exemple dans l’histoire économico-technologique qui illustre ce phénomène qui veut que tout le monde se rue dans un domaine novateur et puis finalement très peu y survivent. Seuls les GAFAM sont les véritables et uniques survivants de l’époque des “.com” et pour ceux qui sont restés, ils se sont dirigés vers d’autres horizons (comme IBM par ailleurs) ou sont devenus des acteurs secondaires. Quant aux autres, ils ont complètement disparu !

Une bulle IA prête à exploser ?

Ce qui est le plus remarquable dans le monde technologique d’aujourd’hui, c’est que non seulement l’histoire se répète mais qu’en plus les dégâts créés par les nouvelles technologies sont aussi exponentiels :

Une bulle financière qui est prête à exploser, ce n’est pas nouveau, certes, et il est certain que cela va arriver souvent dans le futur et notamment avec l’explosion soudaine du secteur de l’Intelligence Artificielle (qui lui même provoquera d’autres bulles et ce à tous les échelons de la société). Toujours est-il que le problème est que de grandes figures du monde technologique telle que Peter Thiel commencent à retirer leurs billes du jeux et ce n’est pas sans donner des soucis aux investisseurs: 

Pour rappel Thiel avait eu le nez très fin quand ils avaient, avec Elon Musk, décidé de fusionner leurs deux sociétés respectives… La suite nous la connaissons tous, cette union a donné naissance au très célèbre système PayPal. Le comble de l’histoire est que ces deux petits jeunes, à l’époque, redoutaient l’explosion de la bulle des “.com”…

Ce même Peter Thiel vient, il y a peu, de se débarrasser de 537.742 actions de NVIDIA Corporation, alors que cette entreprise a dépassé en capitalisation boursière des géants comme Apple et Microsoft, et surtout – c’est le plus surprenant – pour le modeste montant de 100 millions de dollars. Ce qui est une somme relativement sobre pour un milliardaire de cette envergure. 

Alors, comment expliquer que le co fondateur du premier organisme du paiement en ligne, celui qui lui même a financé Facebook aux premières heures de son développement, et créé une des plus grande entreprise de sécurité dans le monde, fasse volte face pour se retirer d’un marché aussi prolifique que celui de l’Intelligence Artificielle (notons qu’il se désiste aussi des actions Tesla) ?

L’éventualité que la bulle IA soit sur le point d’exploser reste plausible et cela peut arriver à tout moment. Dans ce dernier cas, l’histoire se répétera une fois de plus et les géants qui se placeront à la tête du secteur se compteront sur nos deux mains. Cependant, il ne faut pas perdre de vue que de nouveaux acteurs peuvent arriver soudainement sur le marché. Après tout, Open AI n’a pas eu de mal à passer bien devant des acteurs qui travaillent depuis plus de 10 ans dans le domaine de l’Intelligence Artificielle. 

Ici encore, l’histoire pourrait se répéter et pourtant Gemini 3 de Google pourrait s’adapter, voire même dépasser les nouveaux arrivants sur le marché. Histoire à suivre !

Sébastien Colson 

C’était bien ?

Bon…

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