C’était un des thèmes phares de la campagne présidentielle américaine de 2024 pour imposer des nouveaux tarifs douaniers aux européens (et par la même occasion au reste du monde) :
“l’Europe envahit nos rues avec ses voitures de luxe et nos propres voitures sont complètement inexistantes sur leur sol”…
Une fois encore les propos populistes s’expriment et une fois encore ceux qui les suivent aveuglément (comme la mouvance MAGA) se trompent lourdement parce que c’est faux !
Des voitures toujours présentes, mais pas forcément comme dans les années cinquante…
Les États-Unis ont certes perdu leur monopole de l’automobile qu’ils ont acquis dans la première partie du XX°siècle et surtout après la seconde guerre mondiale. Mais leur prospérité a été aussi un des principaux facteurs du déclin de l’économie automobile américaine, du moins en dehors du pays. Dans les années 1970 et 1980, sur le territoire, la prospérité était présente et on ne comptait pas vraiment ce que l’on dépensait, surtout en termes de consommation d’essence. Ce qui n’était pas forcément le cas dans les autres pays occidentaux qui étaient soumis à des taxes plus importantes. A cela, il faut encore ajouter les coûts des entretiens,et ceux liés à l’importation des véhicules et des pièces détachées. Tout cela mis ensemble, l’impact était bien réel sur les achats des voitures américaines dans les pays européens. En gros les véhicules made in US n’étaient plus adaptés aux budgets des ménages…
Ensuite la concurrence asiatique est arrivée, dans un premier temps, principalement du Japon, avec des véhicules moins chers, donc plus faciles d’accès financièrement, mais aussi et surtout beaucoup plus fiables fiables que les véhicules américains :
Le modèle japonais était d’ailleurs incarnés sous le slogan, “My Toyota is Fantastic”, ce qui était très largement vrai et qui a amené l’entreprise à devenir le premier constructeur automobile au monde quelques années plus tard, dans la première décennie du siècle et dépassera même l’américain General Motor en 2021.
Des pays de l’Est à la traîne mais pourtant…
Même si les japonais avaient encore du mal à se faire une place dans le secteur avant les années 80, il faut bien avouer que les pays de l’Est de l’Europe, comme d’ailleurs la Russie, la Yougoslavie et la Tchécoslovaquie profitaient aussi des faiblesses financières de la période qu’à connu l’Europe après les trente glorieuses pour proposer des véhicules robustes, très bon marché, mais aussi profitaient d’un terrain fertile prosoviétique, alimenté fortement par Moscou depuis la fin de la seconde guerre mondiale. En d’autres termes, acheter une voiture américaine signifiait très clairement une association avec le capitalisme et d’un autre côté, pour les socialistes européens, acheter une voiture qui venait des pays qui étaient à l’époque sous la coupe soviétique, relevait du bon sens. C’était même presque un devoir envers leurs camarades de l’Est…
Donc la situation en Europe après la période des trente glorieuses n’était pas brillant pour l’oncle Sam. Les japonais gagnaient du terrain, les pays soviétiques en gagnaient aussi (mais ce ne serait que passager dans l’histoire), par contre les américain en perdaient, faute de ne pas pouvoir se renouveler avec le temps et de s’adapter à l’époque dans laquelle le monde extérieur vivait. Le résultat fut que quelques années plus tard la ville de Detroit déclarait faillite en 2013. Une ville qui abritait pourtant depuis des années le berceau de la production automobile mondiale. Mais après la chute de l’Union soviétique et la réunification des deux Allemagnes, l’Europe de l’Ouest était en train de se reconstruire industriellement et politiquement et ce créer des partenariats dans les domaines des transports, de l’armement et de la production énergétique avec notamment le secteur du nucléaire.
Il faut néanmoins noter que malgré une volonté générale des américains de se dissocier de l’Europe depuis que la doctrine Monroe a été communément admise, au début du XX°siècle, il est important de noter que l’automobile européenne est malgré la puissance américaine dans le domaine, très prisée aux États-Unis et il est vrai que les véhicules allemands de luxe abondent dans les rues, surtout sur les côtes Est et Ouest (c’est moins le cas dans les États du centre) …
Oui mais, le monde a changé et il ne se résume plus seulement aux véhicules mais à ce qu’il y a dedans !
Si les américains – mais l’extrême droite est probablement incapable de s’en rendre compte – ont échoués dans le domaine automobile (ou du moins ils ne dominent plus le marché), c’est aussi inévitablement par faute de fiabilité des voitures produites, qui au tournant du XXI°sicle ont été détrônées par les véhicules européens. La concurrence était rude et elle venait aussi de là où on ne pouvait même pas imaginer, notamment de la Corée du Sud. Les Européens (surtout les allemands) ont certes dominé le marché du haut de gamme aux USA, mais ce n’est pas aussi sans raisons car outre Atlantique, personne dans le secteur n’a été capable de se remettre en question à l’exception d’Elon Musk…
Néanmoins, trois groupes sur quatre sont encore présents sur le marché européen :
Chrysler- Jeep qui fait partie du groupe Stellantis, Ford y est aussi toujours présent via sa filiale allemande. Parmi les acteurs historiques, seul General Motor n’y est plus présent. Ajoutons à celà que Tesla a conquis de nombreuses parts de marchés dans le secteur des véhicules électriques (pouvant se poser comme unique rempart à l’invasion probable chinoise qui ne demande que d’envahir les marchés mondiaux avec notamment BYD). Mais que les dérives d’Elon Musk ont conduit l’entreprise à devoir se remettre sérieusement en question en ce qui concerne le territoire européen qui abrite des populations qui n’ont pas hésité à lui faire payer ses rapprochements avec l’extrême droite et ce des deux côtés de l’Atlantique. Ne perdons pas de vue non plus que beaucoup de composants (en grande partie électroniques) équipant les véhicules – mêmes s’ils sont fabriqués en Chine – sont sous licences américaines, donc ils font aussi partie de matériaux importés des Etats-Unis…
Qu’en est t-il des avions et des services spatiaux que nous leur achetons ?
Qu’en est-t-il des produits culturels (cinéma, séries, musique, plateformes, littérature, bandes dessinées) que nous consommons tous avidement en Europe ?
Qu’en est-t-il de tous les produits et services informatiques et numériques auxquels nous rendons hommage au quotidien ?
Qu’en est-t-il de l’armement dont nous nous équipons, de notre dépendance à leur dette publique, à leurs banques, aux vêtements que nous leur achetons ?
Qu’en est t-il de toutes les entreprises américaines implantées sur le sol européen ?
Qu’en est-il de toutes les données récoltées sur des datas centers et qui alimentent conséquemment les technologies développées dans la Silicon Valley ?
Il n’est plus question aujourd’hui de simplement vendre des voitures, mais de vendre aussi les logiciels et toute l’électronique qui les font rouler. L’Amérique va avoir tôt ou tard l’obligation de mettre son orgueil de côté et de se rendre compte qu’elle ne peut plus jouer seule dans son camp. Le clan MAGA ne pense qu’à lui avant tout, mais l’Amérique ne pourra jamais exister sans une solide alliance Occidental car elle n’en a pas du tout les moyens. Les propos populistes rapportent en popularité peut-être dans un premier temps, mais ils ne payent pas à long terme et l’extrême droite américaine semble aujourd’hui se gausser dans un orgueil inapproprié mais bientôt elle devra en payer le prix !
C’était bien ?
Bon…
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