Le libertarianisme, oui, mais pas à n’importe quel prix !

Loin de nous en Europe, mais pourtant tellement proche au travers des produits technologiques que nous utilisons chaque jour, le libertarianisme semble devenir une alternative aux tendances politiques traditionnelles et aux extrêmes de gauche et de droite. Cette tendance est-elle légitime et surtout, où pourrait t’elle nous mener dans le futur ?

Le libertarianisme pousse le libéralisme jusqu’à un point où il cesse d’être celui qui a été initié pendant le siècle des Lumières.

Une sortie de nulle part…

Il fallait forcément que le libertarianisme vienne des Etats-Unis car bien avant leur création officielle, les colons qui y migrent fuient avant tout des pouvoirs étatiques dictatoriaux qui créaient, à l’époque, un très fort malaise de vie parmi les populations. Les répressions contre des idées, pas forcément hostiles aux pouvoirs en place, mais qui étaient tout simplement différentes ou pouvaient aller dans le sens contraire de ceux-ci, n’étaient pas vraiment de nature à plaire à tous les dirigeants. Si les américains n’ont pas forcément inventé le libertarianisme (quoique les historiens en ont pour des heures à en discuter), ils ont néanmoins appliqué les règles du libéralisme au plus profond d’eux-même, jusqu’à considérer que le libéralisme n’était finalement qu’une forme de socialisme dans lequel l’individu avait un peu plus de liberté. 

Ce qu’ils désiraient, c’était avant tout une forme de liberté très forte par rapport aux pouvoirs publics, quitte à se rassembler en diverses communautés capables de s’autogérer elles-mêmes. En cela les Etats-Unis sont particuliers avec des rassemblements de fragments de la nation en communautés plus ou moins autonomes. Certaines tribus indiennes par exemple. Ou encore les Amishs et c’est sans compter sur les dizaines de communautés qui ont vu le jour dans les années 60 et 70. Notons que la grande majorité de ces dernières ont complètement disparu. 

Paradoxalement il y avait un esprit très fort chez les immigrés, qui était de créer une nation forte et surtout très différente de celles qu’ils avaient connues dans le passé. Une nation qui tiendrait enfin compte de la population en la privilégiant au détriment des institutions et des pouvoirs publics. Toujours est-t-il qu’aucun pays n’aurait pu être capable de générer un mouvement aussi complexe que le libertarianisme et comme on le sait n’est ni un mouvement officiel à part entière, ni même un mouvement politique (bien que certains candidats indépendants aux présidentielles par exemple se revendiquent comme tels)…

D’où vient le libertarianisme ?

On sait que le libéralisme ne tente pas d’éviter l’Etat !

On sait aussi que ce même libéralisme hérité de Montesquieux et de Condorcet au XVIII°siècle a obtenu certains résultats pendant les siècles suivants. Mais le libéralisme a eu aussi ses revers en générant des mouvements inverses comme le socialisme et le syndicalisme. Aucun mouvement politique ne peut échapper à cette règle. Le libéralisme naissant à l’époque de Montesquieux et de Condorcet considérait avant tout l’Etat comme un moyen pour l’individu d’arriver à s’accomplir tous en lui laissant une certaine forme de liberté individuelle. Mais que peut t-il en être aujourd’hui à une époque où cette forme de libéralisme poussée à l’extrême qui se transforme en libertarianisme, dirige nos vies au travers de produits et de services technologiques ultra performants qui détruisent au passage toutes les valeurs que les administrations ont voulu mettre en place avant elles, et ce sans vraiment faire preuve d’une efficacité réelle ?

Deux tendances mondiales, littéralement opposées (le libéralisme et le socialisme), se sont disputées depuis deux siècles. Il semble que depuis ces moments industriellement fragiles qu’étaient les XIX° et XX° siècles, les rapports entre ceux qui créent les entreprises et ceux qui y travaillent pour les faire fonctionner soulèvent des tensions très élevées qui pourraient générer énormément de problèmes à long terme. Surtout avec l’avènement des nouvelles technologies, et c’est précisément dans ce contexte que le libertarianisme est né. Le libéralisme n’offrant pas du tout la liberté exigée par les géants technologiques, il fallait bien changer le monde en rendant le système en place obsolète. Quitte pour cela de montrer patte blanche (ce que l’on a vu d’ailleurs à la cérémonie d’inauguration du deuxième mandat de Donald Trump) !

Une transition vers un système de pensée complètement différent ?

Pas d’Etat et si c’est possible pas d’Etat du tout !

Telle est la véritable doctrine que l’on pourrait attribuer à ce capitalisme d’un nouveau genre (qui n’est pas si nouveau que cela, mais qui est sa forme la plus récente dans l’histoire). Mais tous les extrêmes ont des limites et il est difficile de croire, aujourd’hui du moins, que nous serions en mesure d’aller chercher des extra-terrestres sur d’autres planètes pour donner aux entreprises les ingénieurs dont elles ont besoin aujourd’hui. Nous n’avons donc d’autres choix que de nous fier à l’enseignement officiel (du moins pour l’instant) qui est voué à former ces futurs ingénieurs. En d’autres termes, sans écoles nous ne pouvons arriver à rien, donc c’est ici que l’utilité de l’Etat intervient.

Le libertarianisme pourrait-être une très belle chose car il peut émanciper l’humain d’une emprise étatique absolue (ce qu’il faut avant tout éviter), mais néanmoins certaines structures ne doivent pas être attaquées car elles sont indispensables à notre survie et nous parlons en premier lieu ici d’enseignement :

Aucun pays ne pourrait survivre à une rupture avec l’enseignement car il est avant tout le garant du savoir et de l’apprentissage. Il est aussi la clé qui permet de renouveler le savoir universel des populations et en même temps d’éviter que des jeunes génies ne s’en aille vers des horizons plus glorieux, là où l’argent pèse plus lourd.

Le libertarianisme est véritablement apparu avec Ayn Rand dans les années 1950, qui avait émigré de Russie en pleine période soviétique, là où tout était du ressort de l’Etat. On ne peut donc pas la blâmer, avec ce qu’elle doit avoir vécu dans son pays d’origine, d’avoir complètement rompu psychologiquement avec celui-ci et surtout avec la brutale idéologie communiste. Ses ouvrages ont amplement influencé les grands acteurs de la Silicon Valley qui œuvrent aujourd’hui – parfois jours et nuits – pour faire en sorte de créer tous les moyens possibles pour que les Etats disparaissent de plus en plus…

Au final, on pourrait se demander où serait la véritable solution ?

Des penseurs des Lumières comme Montesquieu ou Condorcet ou encore Adam Smith posent déjà des bases fondamentales qui sont la primauté de l’individu, la méfiance envers le pouvoir, l’importance des libertés (expression, propriété, etc.) et enfin et surtout, la nécessité de limiter l’État. Il faut prendre garde néanmoins à ne pas confondre libéralisme et libertarianisme : 

Si vous posez la question à quelqu’un dont les opinions politiques vont vers la gauche, il y a de forte chance qu’il soit opposé au libertarianisme et ce serait logique, puisque nous assistons à une forme de libéralisme qui va bien au-delà de celui-ci ? En revanche, quelqu’un qui sera orienté vers le libéralisme paraîtra plus ou moins neutre. Le constat final (du moins en ce qui concerne cet article) serait plutôt de se demander si les adeptes du libéralisme ne deviendront finalement pas des gens modérés dans toute cette histoire politique contemporaine, alors qu’ils sont encore considérés comme des exploiteurs aujourd’hui ?   

Finalement le libertarianisme ne sera jamais plus qu’une radicalisation de certains principes libéraux. Il répète le principe (très vieux) qui est celui de voir dans un même camp une division entre les modérés et les extrêmes !

Sébastien Colson 

C’était bien ?

Bon…

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