Exploitation et distribution des terres rares : une porte ouverte vers une troisième guerre mondiale ?

Le troisième conflit qui opposera le monde entier, semble être désormais à nos portes. Nous en sommes tellement proches que nous pourrions même dire que nous y sommes déjà. Cependant ce même conflit pourrait prendre une tournure très différente des deux premiers…

La guerre des drones !

La guerre, depuis toujours, est le reflet de son temps, et les différentes innovations et les développements technologiques contemporains (à ce qui était la norme quelques années auparavant) font souvent des dégâts importants sur les champs de bataille :

La suprématie de Rome dans l’Antiquité est un exemple remarquable de développement technique dans la guerre et c’est probablement pour cela que cette petite nation, au départ, a conquis l’entièreté du bassin méditéranéen. L’innovation technique était un atout considérable face à des tribus qui n’étaient pas aussi bien équipées militairement et qui bénéficiaient rarement d’un génie militaire permettant de déplacer des troupes en masse comme c’était le cas pour Rome. Tout au long de l’histoire, les civilisations techniquement plus sophistiquées furent celles qui mettaient à  genoux leurs voisins. La guerre civile américaine et la première guerre mondiale ont été des théâtres exceptionnels pour le développement technique. L’artillerie était très largement utilisée, les armes semis-automatiques l’étaient elles aussi, puis il y eu le char d’assaut, tandis que l’utilisation du ciel – dans un premier temps avec la montgolfière pour l’observation des positions ennemies et dans un second temps pour les attaques aériennes avec le développement des avions – entraînait les pays à exercer leur suprématie militaires avec des nouvelles méthodes. Et puis vint l’ère du drone, ce petit (et parfois très gros) engin capable de protéger un petit pays contre son gigantesque voisin…

Des ressources importantes nécessaires…

Le drone – qu’il soit aérien, marin ou terrestre – donne aujourd’hui la possibilité à un petit pays comme l’Ukraine de se défendre, farouchement, par rapport à une des plus importantes armées du monde, celle de la Russie. Mais, l’armée russe dont il est question ici n’a guère innové durant les trente dernières années et se retrouve aujourd’hui avec un matériel complètement dépassé datant encore de l’ère soviétique, très largement indépendant à l’époque des terres rares qui font l’objet de tous les enjeux géopolitiques mondiaux d’aujourd’hui :

Les terres rares, ce sont 17 métaux – très complexes à extraire et à traiter – qui se retrouvent dans les principaux outils que nous utilisons au quotidien. Qu’il s’agisse de votre écran TV, de votre smartphone ou de toute la technologie embarquée dans votre véhicule ou bien encore de votre aspirateur autonome, nous sommes désespérément dépendant de celles-ci. Le problème est que nous n’avons – en Occident – rien voulu voir venir et qu’aujourd’hui, nous sommes forcés de nous rendre compte que la Chine détient une partie très importante du secteur et que nous sommes devenus cruellement dépendant de Pékin, qui comme on peut s’en douter n’hésite pas à utiliser le chantage comme arme de dissuasion quand cela l’arrange…

En d’autres termes, nous sommes attachés à un pays qui est loin de nous vouloir du bien et qui contrôle une très grande partie des ressources d’extraction de ces 17 métaux, du raffinement de ceux-ci et aussi (et bien malheureusement) de l’approvisionnement de ces derniers dans les pays occidentaux !

Des chiffres, encore des chiffres ?

Si pour l’instant, le marché des terres rares n’est pas véritablement énorme par rapport aux marchés qui sont en aval de celui-ci – on parle de plus ou de 15 milliards de dollars – le développement technologique non seulement dans le secteur civil, mais surtout militaire qui va se développer considérablement dans les années à venir, va en avoir besoin de plus en plus. Il faut entendre par là que la Chine représente environ 60% de l’offre mondiale de l’extraction des terres rares. Une certaine prospérité qui vient de ses territoires internes, mais surtout de partenariats avec d’autres pays, notamment en Asie, en Océanie et en Afrique. Mais les choses ne s’arrêtent malheureusement pas là, car la Chine détient aussi plus de 90% du raffinage des terres rares distribuées dans le monde, ce qui lui donne une situation de quasi monopole. En bref, elle contrôle toute la chaîne de valeurs de la production de produits technologiques…

Si à cela, on ajoute qu’un seul véhicule électrique a besoin de plus ou moins 5 KG de terres rares pour être construit et vu le nombre de véhicules électriques qui sont en circulation aujourd’hui et ceux qui le seront demain, nous nous retrouvons très vite face à une situation qui fera que nous n’aurons guère plus de choix que d’acheter des véhicules chinois dans le futur si le pays décidait de couper les robinets et c’est d’ailleurs exactement ce qui se passe en ce moment même. 

Pire encore, un avion de chasse tel que le F-35 américain, nécessite pour sa constructionenviron 400 kg de terres rares raffinées et encore il n’est pas tout de le construire, mais il est aussi important de le faire voler (nous parlons ici d’un ratio qui approcherait approximativement 50.000 dollars par heure de vol et jusqu’à 200 opérateurs). Et le faire voler, cela nécessite énormément de ressources informatiques et technologiques qui elles-mêmes demandent des terres rares… 

Vu ce contexte, il n’est pas étonnant que la Chine utilise son quasi-monopole pour faire un chantage géopolitique mondial permanent.

La conclusion est donc simple : plus que jamais nous devons nous tourner vers de nouvelles technologies qui nous permettront par la suite un accès à notre propre souveraineté. Nous sommes aujourd’hui confrontés à des problèmes géopolitiques de premier ordre (pour rappel les licences venant de Chine et forcément les exportations de terres rares ont chuté de près de moitié en un an). L’innovation et la guerre sont plus que jamais liées – ce dont l’Ukraine témoigne au quotidien – et il se peut qu’à l’avenir les terres rares soient au centres des préoccupations et nous avons tout intérêt à concentrer nos efforts d’innovation sur des alternatives à celles-ci, pourquoi pas avec des terres rares de synthèse à défaut d’avoir le potentiel nécessaire pour concurrencer la mainmise de la Chine sur le secteur… 

Sébastien Colson 

C’était bien ?

Bon…

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