Faut-il vraiment craindre une chute très forte des naissances dans le monde ? 

Nombreux sont les philosophes qui se sont interrogés sur le fait que l’avenir sera inévitablement plus favorable pour nos enfants : Condorcet, Jean-Jacques Rousseau, Auguste Comte, Hegel, Nietzsche, et pour les plus récents Hannah Arendt, Günther Anders et Hans Jonas. Pendant bien des années, c’est ce que la plupart des gens croyaient aveuglément peut-être, du moins en Occident après la première guerre mondiale (dans le contexte des années folles) et dans lequel on fermait volontairement les yeux sur ce qui allait se passer pendant les vingt années qui suivraient. Ce sentiment s’est néanmoins renforcé dans les années 1950, alors que ce que l’on a appelé les trente glorieuses à l’époque commençaient à peine…

Comme une trêve pour une guerre froide, tout peut avoir une fin !

Que l’on ne s’y trompe pas, le monde qui a succédé au lendemain de la seconde guerre mondiale n’était pas facile :

Il fallait reconstruire (et cela passait aussi par les infrastructures nécessaires pour donner à manger à tout le monde), en termes de finances il fallait à nouveau remplir des caisses complètement vides (même les puissants Etats-Unis, n’avaient plus d’argent) et il fallait surtout lutter contre le sentiment qu’une nouvelle guerre pouvait éclater et qu’une apocalypse pouvait à nouveau arriver. En gros, il n’y avait rien de bien positif pour donner l’envie à des jeunes couples de faire des enfants !

Pourtant un miracle démographique est arrivé et les Baby Boomers avec lui…

Le contexte des trente glorieuses a créé tous les éléments nécessaires pour construire un écosystème économique favorable, mais aussi un contexte moral pour privilégier la croissance du nombre de naissances. La création de nombreux nouveaux couples s’est alors faite, car à ce moment-là, beaucoup avaient péri sur les champs de bataille ou dans les vagues de déportation vers différents camps (concentration, extermination, prisonniers, etc). D’autre part, la guerre froide malgré toutes les incertitudes qu’elle imposait, garantissait au monde occidental une certaine forme de stabilité. Ne serait-ce que par le confort qu’apportent le capitalisme des pays de l’Ouest par rapport aux dérives extrêmes infligés par les pays communistes. 

Mais toutes les choses ont une fin et les années 1990 ne sont pas arrivées à mettre un terme à une crainte qui surgit inévitablement lors de périodes de crise et cette crainte n’est autre que celle de ne pas concevoir l’avenir d’une manière positive. Notons qu’à partir des attentats de New York en 2001 jusqu’à ceux qui ont suivi pendant les deux décennies qui suivent, le climat ambiant ne sera certainement pas propice à faire des enfants. Et pour cause, qui voudrait emmener ses propres enfants dans une école dans laquelle un malade mental aurait pû y placer une bombe ?

Et puis Poutine est arrivé, sans véritablement se presser !

Comment dans un contexte de probable troisième guerre mondiale pourrions nous encore confier nos enfants au monde qui vient ?

C’est probablement la question que doivent se poser de nombreux jeunes couples qui seraient pourtant en âge d’en avoir et d’assurer le renouvellement des populations actuelles. Surtout en Asie et dans les pays Occidentaux… 

Une chose est extrêmement simple et il ne faut pas chercher midi à quatorze heure pour savoir ce qu’elle est :

Plus l’environnement économique et politique sera précaire, moins les gens auront envie de faire faire des enfants !

Ce constat est clair, net et précis mais pourtant, il a énormément de sens et tout nous démontre dans l’histoire moderne que cela a toujours été le cas…

Faisons néanmoins une parenthèse sur le fait qu’il faut mettre à part les effets secondaires des deux premières révolutions industrielles (qui sont encore d’actualité aujourd’hui) dans certains pays en voie de développement. Nous parlons ici du fait que les enfants n’étaient pas seulement, à l’époque, faits pour assumer une continuité sanguine – ce qui passait en second lieu – mais plutôt pour assumer une continuité financière qui aurait pour rôle de pouvoir faire vivre la famille. Emile Zola l’a d’ailleurs bien démontré dans son roman “Germinal” !

Rupture avec le monde de la seconde révolution industrielle ?

Aujourd’hui encore, des gens font des enfants – ces derniers viennent parfois par hasard ou parce que culturellement il est impératif d’en avoir – parce qu’il est nécessaire de faire “bouillir la marmite” (le travail des enfants dans de nombreux pays constitue encore une triste réalité). C’est en cela par ailleurs que nous pouvons, dans les pays occidentaux du moins, nous rendre compte que nous avons fait beaucoup de chemin depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Nous en avons fait même tellement que nous en sommes arrivés à un point que même dans les pays les plus développés, le taux de natalité a chuté dramatiquement pour en arriver à la conclusion que nous ne sommes même plus en mesure de renouveler nos propres populations…

Mais il ne faut pas oublier non plus que certaines des mutations démographiques mondiales amènent elles-aussi d’autres problèmes sociétaux et que nous devons faire face aujourd’hui à une superposition de plusieurs révolutions industrielles (trois, voir même quatre ou cinq en fonctions des opinions) et ce philosophiquement, socialement, culturellement et économiquement.  

Ce qui nous mène à nous poser la question sur ce point crucial :

Sommes-nous véritablement sur un point de rupture avec la notion du “demain sera meilleur pour nos enfants” par rapport à ce que nous avons connu jusqu’ici ?

En réalité nous n’en savons pas grand chose, à l’heure actuelle du moins, mais en revanche, ce que nous savons, c’est que nous vivons dans un monde qui est terriblement instable et que nous n’avons pas envie que nos enfants naissent pour être envoyés sur le front de l’Est de l’Europe. Nous n’avons pas envie non plus qu’ils puissent faire des études qui ne vont pas servir à grand chose de constructif ou enfin nous avons envie de savoir s’ils vont devoir choisir entre une profession qui concerne plus les cols bleus que les cols blancs ?

On peut espérer que dans ces trois cas de figure, la meilleure des choses puisse les transformer en cols bleus 2.0, qui seront entièrement aptes à maîtriser les différents outils informatiques que nous avons aujourd’hui à notre disposition !

Le point de rupture dans lequel nous sommes engagés va inévitablement avoir pour issue, soit de remplacer une prochaine main d’œuvre (qui va manquer cruellement dans le futur) par des robots humanoïdes et des Intelligences Artificielles, soit nous forcer à ouvrir nos portes aux pays qui ont un taux de natalité élevé comme par exemple le Nigéria. Mais dans ce dernier cas, il n’est pas certain que les cultures s’entrechoquent. Dans tous les cas de figure, avant que Jeff Bezos envoie 100 milliards de personnes dans l’Univers, nous avons encore beaucoup de travail à faire et ce ne sont pas les guerres actuelles qui vont améliorer les choses, puisque chaque guerre apporte aussi son lot de décroissance démographique… 

Sébastien Colson 

C’était bien ?

Bon…

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