Les entreprises de télécommunication pourraient disparaître, mais pas seulement…

A en croire Ashlee Vance dans sa première biographie sur Elon Musk, l’idée d’envoyer une constellation de satellites capables de fournir internet au monde entier, et ce même dans les coins les plus reculés, lui serait venue pendant un meeting avec les deux fondateurs de Google, Sergueï Brin et Larry Page. 

Musk à ce moment précis était persuadé qu’il allait se lancer dans l’aventure et ça ne lui a pris que quelques minutes avant de se décider. L’auteur du livre qui assistait à cette réunion, apparemment surpris, lui aurait demandé s’il était vraiment certain de se lancer dans un tel projet et l’homme d’affaire lui aurait répondu d’un air tout aussi étonné “Mais oui, pourquoi ?”.

Nous sommes presque vingt ans plus tard et aujourd’hui il semble que le paysage des entreprises de télécommunications va changer considérablement, car si le réseau Starlink est aujourd’hui une réalité, d’autres acteurs entrent dans le jeu…

Des entreprises mais aussi des Etats qui veulent garder la mainmise sur les télécoms.

Si Starlink est le premier acteur majeur privé à être entré dans la danse et à mettre en place le plus puissant réseau de satellites au monde, avec entre autre des chiffres qui approchent les 10.000 objets mis en place en orbite, il semble désormais plus que probable que l’entreprise sera en première position, avant toute chose, pour être le premier distributeur d’accès à Internet au monde. Pour arriver à ses fins, il faudrait à l’entreprise placer environ 42.000 satellites pour construire un réseau optimal. Ce qu’elle va probablement accomplir étant donné qu’elle possède, contrairement à ses concurrents (en dehors de l’entreprise de Jeff Bezos, Blue Origins), toute l’infrastructure nécessaire pour les envoyer. Les fusées réutilisables permettent en effet de déployer ce même réseau avec des coûts très réduits, ce qui facilite très largement de pouvoir concurrencer, tant en prix, mais aussi en matière de rapidité toutes les entreprises et les Etats qui voudraient se lancer dans une aventure qui pourrait être fantastique, mais qui pourrait être aussi très périlleuse…

Toujours est-il que l’enjeu qui s’impose est que différents acteurs (peu nombreux, vu l’ampleur du projet) se profilent et que ce sont eux qui deviendront dans l’avenir les fournisseurs de la seule source de télécommunication dont nous aurons besoin à l’avenir (et ce n’est pas un hasard si la Russie a imaginé depuis bien longtemps un système qui pourrait tout détruire, ce qu’on appelle par ailleurs le nucléaire spatial). Nous devons donc distinguer deux principales entités qui pourraient devenir une nouvelle forme de GAFAM pour la distribution des télécommunications. Pour cela nous devons distinguer les entreprises privées des Etats qui ne veulent pas lâcher prise, puisqu’ils étaient autrefois les principaux propriétaires et actionnaires du secteur. 

Les heureux élus ?

Il faut noter qu’avec Starlink, Elon Musk joue un double rôle car il s’impose à la fois comme un homme d’affaire, mais aussi comme un acteur géopolitique de premier plan:

Que serait devenu, en effet,  l’Ukraine (empêtrée dans un marasme où les communications sont essentielles) sans son réseau Starlink ?

Il faut bien avouer que, même si le renseignement des services secrets américains jouent un rôle primordial dans ce conflit (et les satellites mis en orbite par la NASA y sont primordiaux) qui oppose l’Ukraine à la Russie, le réseau Starlink joue lui aussi un rôle très important. Cela remet bien entendu en question la valeur que ceux-ci vont avoir dans les années à venir et pour cela il va falloir observer les différences entreprises qui vont pouvoir mettre un pied sur ce marché et révolutionner, voire même faire disparaître le monde des télécoms et peut être beaucoup de choses…

Nous l’avons dit ici à plusieurs reprises, Starlink (ou plutôt SpaceX) semble être le premier acteur qui pourrait révolutionner le monde dans le secteur. Néanmoins, Blue Origins, la société créée par Jeff Bezos pourrait elle-aussi venir concurrencer l’entreprise de Musk, avec on peut le dire beaucoup moins de satellites (son projet Kuiper serait la mise en orbite de plus ou moins 5.000 de ceux-ci). Mais ce qui nous importe ici ce sont les faits… 

D’une manière ou d’une autre, tout l’écosystème de distribution des télécoms terrestres est en phase de devenir un écosystème extra-terrestre. Quant à ces futurs élus, on les connaît fort bien puisqu’il s’agit d’acteurs déjà en place depuis bien longtemps :

Nous pouvons donc citer le projet européen One Web (élargi à la grande Europe parce que l’Angleterre y est aussi impliquée), qui voudrait aussi sortir du secteur privé pour devenir un projet étatique (ou continental) à part entière. Ensuite nous pouvons citer le projet Telesat qui se rapproche sur le fond, globalement de One Web, puisqu’il est très largement soutenu par le gouvernement canadien…

A cela nous ne devons pas oublier le projet chinois, celui voulu par l’Union Européenne (en interne en dehors de One Web) et le projet indien pour construire des infrastructures satellitaires capables de fournir des réseaux internet aux populations du monde entier. La Russie se projette aussi dans le domaine, mais ses finances dégringolant à toutes vitesses dans le conflit avec l’Ukraine vont impliquer un report de plusieurs années pour y arriver !

Oui mais…

Nous avons donc ici deux mondes qui se divisent :

L’un est du ressort des entreprises privées (dont l’une est déjà très largement opérationnelle) et l’autre du ressort de l’ordre public. Sauf que l’ordre privé vient très largement empiéter sur les plates bandes de l’autre. Quelle sera l’importance d’avoir une connexion à haut débit qui pourrait arriver dans n’importe quel endroit sur la planète (et nous pourrions même aller plus loin en parlant de la lune ou de la planète Mars) ?

Il faut noter cependant que les acteurs publics sont plus nombreux que les acteurs privés, malgré moins de moyens, ce qui en dit long sur les intérêts des Etats à contrôler la diffusion d’internet sur tous les continents (et donc de tous l’écosystème des télécommunications) et de là l’importance du sujet !

Starlink semble aujourd’hui avoir une sérieuse avance sur ses propres concurrents et tout démontre qu’au contraire du continent européen, voire même de l’Union Européenne, les Etats-Unis semblent se profiler en première position (d’autant plus qu’il possèdent la puissante et expérimentée NASA), au contraire de leurs concurrents russes, chinois ou indiens. 

Les grosses entreprises qui nous distribuent aujourd’hui des services téléphoniques ou l’accès à internet seront t’elles en mesure demain de faire la pluie et le beau temps comme elles l’ont toujours fait ?

Probablement pas, mais il y a encore mieux (et nous pouvons dans ce cas parler de mieux à partir du moment où les choses vont dans ce sens pour chaque individu qui habite cette planète) et ceci n’est autre que ces satellites placés en orbite pourraient un jour pouvoir fournir une énergie solaire abondante dont nous ne serions même plus en mesure de savoir quoi en faire. 

Imaginez alors ce que nous pourrions recevoir d’autre depuis l’espace :

De la recherche spatiale, nous avons déjà hérité du GPS, du panneau solaire, de l’ordinateur personnel et aujourd’hui de l’Internet. Demain nous hériterons probablement d’une énergie solaire abondante et  il convient dans ce cas de se demander ce que sera le monde d’après ?

Le nucléaire sera-t-il complètement obsolète demain ?

Les fournisseurs d’Internet du futur pourraient-ils aussi être des fournisseurs d’électricité comme aujourd’hui pour la distribution des télécoms (téléphone, abonnement internet et chaînes de télévision) ?

Aussi étrange que puisse être cette question, c’est pourtant le souhait d’Elon Musk et le moins que l’on puisse dire, c’est que quand il a décidé de faire quelque chose, en général c’est qu’il le fait… 

Sébastien Colson 

C’était bien ?

Bon…

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