Donald Trump a-t-il vraiment les moyens d’expulser Elon Musk hors des Etats-Unis ?

C’était inévitable, la collaboration entre Elon Musk et Donald Trump ne pouvait pas durer longtemps !

Pire encore, elle ne pouvait pas se terminer sans une dispute publique et surtout très médiatisée. Ce genre de dispute dans laquelle les beaux mots d’oiseaux et les insultes pleuvent et surtout dans laquelle il n’y aurait qu’un seul vainqueur. 

Cette situation n’est par ailleurs pas nouvelle, car sous le premier mandat de Donald Trump, alors que Elon Musk était déjà l’un de ses conseillers proches, les relations entre les deux personnages étaient précaires. Surtout lorsque Trump a signé la sortie des Etats-Unis de L’accord de Paris qui avait abouti lors de la réunion de la COP 21 en décembre 2015…

Et puis Musk claque la porte… une première fois !

Trump et Musk, en termes de sens des affaires sont relativement identiques. Mais certaines différences sont néanmoins à observer entre les deux personnages :

Durant le premier mandat de Donald Trump, lorsque le président américain, fraîchement élu, quitte le traité signé à Paris, Musk est furieux car il voit cela comme une barrière au développement de son entreprise fétiche… Tesla. Une entreprise qui par ailleurs avait très fort bénéficié des largesses financières de l’administration Obama. Le second mandat de Donald Trump commence en janvier 2025 et Elon Musk sait pertinemment bien que l’annulation de la nouvelle entrée du pays, précédemment signée par Joe Biden, ne durera pas et que les Etats-Unis vont à nouveau en sortir. Ce qui choque à ce moment, c’est que Musk ne semble plus vraiment en tenir compte et il convient de se demander pourquoi :

Dans la seconde partie de l’année 2024, avant que Donald Trump n’arrive au pouvoir pour la seconde fois, Tesla est une entreprise qui se porte bien. Très bien même ! 

On pourrait même aller plus loin et se dire que c’est tout l’écosystème entrepreneurial de Musk qui se porte plus que bien. Dans un tel contexte, Musk se fiche royalement de ses anciennes idéologies car les dés sont déjà jetés. Le parc automobile mondial est en pleine mutation vers let’s , les robots humanoïdes (Optimus) qui vont peupler le monde entier (y compris la Lune et la planète Mars) ont faits des progrès fulgurants en à peine 16 mois, Starlink est en passe de devenir un produit de première nécessité et SpaceX est devenu le premier fournisseur de services dans le domaine des transports spatiaux…

Rien que ça ?

A cela, faut-t-il ajouter que le réseau social d’Elon Musk, à savoir X (anciennement Twitter) n’a pas fermé ses portes, malgré les manifestations tumultueuses de son nouveau patron, et qu’il reste encore aujourd’hui – plus de six mois après l’arrivée de Donald Trump au pouvoir – une plateforme politique qui se destine à rassembler toutes les formes de manifestations d’opinions publiques, quitte à en éradiquer – libertarianisme oblige – toute importance et valeur du fonctionnement électoral public et démocratique ?

En ce qui concerne l’Intelligence Artificielle, là aussi Musk n’en démord pas :

Il veut être davantage sur la scène et est prêt à en découdre avec Sam Altman avec qui pourtant, il avait lui-même créé Open AI, l’organisme qui commerciale et développe le désormais célèbre Chat GPT

En bref, Musk occupe aujourd’hui une place importante dans l’espace public américain (et mondial) car il fournit aux Etats-Unis des technologies hors normes qui sont peut-être les seules à pouvoir concurrencer la menace chinoise. Cela concerne bien entendu les domaines de l’Intelligence Artificielle, mais aussi celle de la conquête de l’espace et de la domination sur le monde des futurs systèmes de communications. Et c’est bien entendu sans compter sur le futur des moyens de locomotion que chaque individu utilisera dans le futur. C’est ce qui fait d’Elon Musk, un homme difficilement touchable à un point tel qu’il est peut-être le seul à pouvoir se permettre de faire face directement au président américain en public. Ce que ce dernier est bien entendu loin d’être en mesure d’accepter ! 

Faisable ou pas ?

On le sait, tout ce qui motive Donald Trump est une vengeance sur tout acte qui a pu blesser son propre égocentrisme. Il est donc motivé par une réaction de vengeance envers quiconque a l’audace de l’humilier en public. A ces fins, il peut jouer les trois seules cartes qu’il a dans la main :

L’inefficacité de Musk au sein du Department Of Government Efficiency (DODGE) qui est loin – sous la présidence de Musk – d’avoir rapporté ce qui a été promis comme économies (et attendons de voir les effets secondaires de ces mesures dans les prochaines années, voire même les prochains mois). Mais cela ne semble pas vraiment être l’argument principal dont pourrait user Trump, car il pourrait jouer ses deux autres cartes et ces dernières ne sont autres que les subsides de l’administration américaine attribués aux entreprises d’Elon Musk ainsi que sa propre nationalité américaine. Pour rappel, Musk est né en Afrique du Sud, mais il est aussi détenteur d’un passeport canadien. Vu l’ambition du premier ministre canadien Mark Carney pour prendre la place du leadership sur l’Occident, il ne serait pas étonnant que Musk y soit accueilli les bras ouverts. Une offre que Musk serait facilement apte à accepter car on se souvient qu’il l’a déjà fait en quittant la Californie pour aller s’installer lui et le siège social (et des centres de recherches et de production) de ses entreprises au Texas. Donc expulser Elon Musk des Etats-Unis ne signifierait pas forcément la fin de la fin…

Mais il reste néanmoins a savoir ce qu’il en sera des subsides de Washington alloués à ses entreprises ?

C’est précisément sur ce point que Trump entre sur une scène dont il a non seulement une expérience, mais aussi une motivation acharnée lorsqu’il s’agit de satisfaire son instinct de vengeance :

Pour Musk, diriger ses entreprises à partir du Canada, même s’il était expulsé des USA, ne serait pas vraiment un problème. Mais là où Trump pourrait lui faire le plus de mal, c’est en forçant les conseils d’administrations des entreprises de ce dernier à le chasser une bonne fois pour toute, et ce de manière à ce que ces mêmes entreprises restent sous main mise américaine. Exactement de la même manière que le président américain l’a fait avec le parti républicain, avec la cour suprême et c’est encore sans compter sur les multiples attaques contre les différentes institutions du pays (démantèlement de USAid, prise de contrôle sur la NASA, sur la FED, etc)…

Comment Musk pourrait t-il réagir face à une telle situation ?

Dans le cas ou il devrait quitter ses fonctions de CEO des entreprises qu’il a co-fondées ou dans lesquelles il a participé fortement à leurs développements (c’est d’ailleurs le cas pour Tesla), il en tirerait une solide manne financière qui lui permettrait plus que probablement de rebondir sur d’autres projets, même parfois plus ambitieux (la conquête de Mars qui lui est si chère par exemple). Cela s’est vu dans le cas de PayPal et plus récemment avec Open AI. Il pourra donc sauver certains meubles, en créer d’autres qui leurs seront équivalents, mais toujours est t-il que la guerre est engagée entre les deux hommes et il y a de fortes chances que les choses soient allées trop loin publiquement pour que l’un et l’autre n’arrête la bagarre. D’autant plus qu’il y a aussi l’épineuse question du nouveau parti politique que Elon Musk veut lancer en tant qu’indépendant. Cependant, rarement dans l’histoire des Etats-Unis – pour ainsi dire jamais – un parti qui se situe à mi-chemin entre la gauche et la droite ne l’a emporté et certainement pas s’il était libertarien et ce n’est pourtant pas les occasions qui ont manqué. 

La question est maintenant de savoir si Elon Musk va engager une rupture complète avec le système électoral américain comme il l’a fait avec d’autres domaines par le passé ?

Si c’est le cas, ce serait intéressant de voir ce qui pourrait en ressortir… 

Sébastien Colson 

C’était bien ?

Bon…

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