Pendant près de vingt ans, nous avons cru que le monde numérique serait façonné par cinq entreprises devenues désormais mythiques, et de plus que cela durerait longtemps. Ces entreprises se comptent sur les doigts de la main et sont bien évidemment Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft. En d’autres termes, les fameux GAFAM…
Soyons honnêtes, elles ont structuré nos usages, nos écrans, notre attention, nos modes de consommation mais aussi et surtout nos interactions sociales. Mais malgré tout, quelque chose a changé. Non pas parce que ces entreprises ont disparu — elles sont d’ailleurs toujours extrêmement puissantes — mais parce qu’elles ne constituent plus le centre de gravité du monde technologique. Elles sont plutôt devenues des interfaces, des vitrines, parfois même des dépendances, dans un écosystème qui se redessine plus en profondeur.
Aujourd’hui, le pouvoir ne se joue plus seulement dans les applications que nous utilisons, mais dans les fondations invisibles qui rendent ces applications possibles.
Le basculement silencieux
Nous sommes entrés dans une phase où les entreprises les plus importantes ne sont plus celles que l’on voit, mais plutôt celles qui contrôlent les couches profondes du réel. Autrement dit des entreprises qui alimentent les GAFAM d’autrefois (ou d’aujourd’hui). En effet nous ne vivons plus vraiment dans un monde dans lequel la révolution passait par les produits physiques et destinés aux commun des mortels. Nous vivons désormais dans un monde dans lequel des changements civilisationnels fondamentaux sont en train de se mettre en place. Il est en effet bien loin le temps ou un smartphone pouvait changer le monde. Un monde dans lequel AirBnb pourrait révolutionner l’économie traditionnelle et ce n’est pas une simple chose car dans ce dernier cas c’est un véritable temple qui s’est écroulé sans vraiment changer profondément les fondements du secteur immobilier.
Trois indices majeurs permettent de comprendre ce basculement :
D’une part, nous devons faire face à l’explosion de l’intelligence artificielle générative. D’autre part, nous devons aussi faire face à la course aux infrastructures physiques (GPU, data centers, satellites, énergie). Et enfin nous avons le retour brutal des logiques de puissance géopolitique. Autrement dit, le monde n’est plus structuré par l’attention, mais par le calcul, l’énergie, l’orbite et la cognition.
Les nouveaux piliers du monde technologique
Cinq entreprises, dont trois créées récemment (elles ont moins de vingt ans à l’exception de NVidia, qui est née en 1993) semblent se profiler parmi le top 5 des futures majors qui vont diriger le monde. Mais avant toute chose, il faudrait commencer par la fusion voulue par Elon Musk qui consiste à unir SpaceX avec XAI. Ce choix, contrairement à ce que l’on pourrait croire est loin d’être anodin :
Une startup qui en rachète une autre, ce n’est pas nouveau, mais en revanche ce qui est différent c’est que ces deux entreprises sont non seulement issues d’un même dirigeant mais en plus poursuivent le même but et celui-ci n’est autre que de fournir à tous les habitants de la planète tout ce dont ils ont besoins pour alimenter le matériel qu’ils utilisent. En gros, si vous utilisez un smartphone, vous avez besoin d’énergie, de plastique, de verre, d’Internet (ou par extension de systèmes de communication). Donc comprenons par là que la révolution informatique fut en son temps très utile pour changer l’humanité, mais qu’aujourd’hui cette même révolution a généré d’autres impératifs qui ont engendrés des besoins très largement supérieurs pour la faire fonctionner. Nous conterons bien entendu ceux-ci dans la nécessité d’établir des infrastructures ultra énergivores comme les data-centers qui entraînent à leurs tours des besoins énergétiques extrêmement importants.
Au-delà de cela, nous devons aussi admettre que l’exploitation des terres rares nécessite énormément de moyens énergétiques pour construire tous les produits dont nous avons besoin (ou plutôt qui se sont insérés dans nos vies à un point tel qu’ils sont devenus indispensables). Mais ce qui différencie les grosses entreprises d’autrefois avec celles d’aujourd’hui est qu’elles n’avaient pas conscience du fait de l’impact énergétique qu’elles allaient créer dans le futur. Hors les grosses entreprises qui se profilent désormais sont construites pour justement alimenter ce que nous avons considéré par le passé comme de véritables révolutions et la production énergétique passe bien entendu au premier plan…
Sommes-nous en phase de quitter l’ère numérique ?
Tout comme le charbon et l’acier ont laissé leur place au plastique et au nucléaire (tout en restant néanmoins dans la course), on peut se demander si les grandes entreprises technologiques actuelles ne vont pas laisser leurs places à d’autres ?
Si c’est le cas, l’ère numérique aura été très brève par rapport aux trois précédentes révolutions industrielles. Aujourd’hui, il semble que tout semble s’accélérer mais ce n’est en fait pas vraiment surprenant. Il nous importe d’avoir conscience maintenant de ce qui nous attend :
Tout semble démontrer que les grands d’aujourd’hui vont tout simplement s’alimenter de ce que produiront les grands de demain, mais le tout est de savoir qui seront ceux-ci ?
Nous commencerons tout d’abord par SpaceX qui va offrir une infrastructure planétaire, voire même interplanétaire au monde entier :
Les entreprises d’Elon MUsk, dont SpaceX construisent en effet une infrastructure globale, absolument gigantesque, qui combinent des lanceurs spatiaux, des ressources énergétiques, de la main d’oeuvre robotique et une connection universelle à internet en passant même par des infrastructures d’aménagement civiles ou par une interface neurologique qui pourrait pour toujours faire intervenir l’homme et la machine dans une sorte d’intelligence cumulée. C’est ce que l’on appelle le transhumanisme…
D’un autre côté, Nvidia alimente tout ce qui fait fonctionner le monde numérique et ce n’est pas rien puisque l’on pourrait résumer cela aux GAFAM élargis au monde entier. Puis viennent s’installer Open AI, Anthropic et Mistral AI qui commencent doucement à se placer comme les véritables centres de gravité dont pourrait avoir besoin le monde de demain et ce principalement en termes d’Intelligence Artificielle. A ce stade, nous parlons uniquement du monde occidental puisqu’une séparation semble inévitable face à la globalisation à laquelle nous avons crû par le passé.
Toujours est-t-il que d’autres entreprises pourraient se profiler au-delà de ces nouveaux GAFAM dont nous parlons aujourd’hui et il semble qu’il serait intéressant de suivre le parcours de CoreWave, de Thinking Machines Lab, de Stargate LLC ou encore de Broadcom…
Toutefois il convient d’ajouter une autre entreprise à cette liste et non la moindre :
Si Nvidia fournit le calcul, si Open AI fournit l’intelligence artificielle et si SpaceX fournit toute l’infrastructure, “”Palantir Technologies” pourrait aussi fournir une couche décisionnelle stratégique à tout ce nouvel écosystème et pourquoi pas, jouer un rôle de régulateur primordial dans celui-ci. Rappelons-nous que dans un monde instable, une bonne décision vaut largement plus que du calcul !
Qui sait, demain, elles pourront être des sociétés plus importantes que celles que nous avons aujourd’hui, voire même celles qui se profilent comme les futurs GAFAM. Ces dernières ont organisé nos écrans et les prochains géants organiseront notre énergie, notre orbite, notre capacité de calcul et peut-être même nos décisions.
Analyser le parcours et les décisions qu’ont prises leurs fondateurs peut aller très loin dans notre réflexion car ils ont vu très largement au-delà des frontières qui définissent le monde d’aujourd’hui et ce même monde ne sera pas structuré par ceux qui captent notre attention, mais par ceux qui alimentent la réalité.
C’était bien ?
Bon…
Mais ce n’est pas tout, car une époque formidable c’est aussi un site Web et des centaines de réflexions qui traitent des problématiques de notre monde et c’est aussi…
Un bureau de rédaction, d’illustration et un service de sponsoring !
Ah oui, au fait, nous sommes aussi sur Facebook, Twitter, Instagram, YouTube et nous avons aussi un groupe sur Facebook sur lequel nous pouvons discuter de toutes les problématiques qui se posent à nous, donc on vous y attend car nous avons besoin de vous !




