Pourquoi l’UE s’entête à copier les modèles américains, plutôt que d’innover dans de nouveaux domaines ?

Messagerie en ligne, suites numériques, imitation de « Google Chrome », moteur de recherche, vidéo en ligne, Cloud européen ou encore réseaux sociaux. « Proton, Suite numérique, Vivaldi, Ecosia, Dailymotion, Mastodon » et bien d’autres encore…

Les solutions européennes de remplacement ne manquent pas, mais est ce que celles-ci pourraient véritablement fonctionner chez nous alors que tout l’Occident s’est déjà habitué aux produits numériques américains ?

Ne faudrait-il pas au contraire se concentrer sur le futur et développer des solutions qui conviendront mieux au monde de demain, mais encore faudrait-il aussi savoir à quoi il ressemblera !

Comme Steve Jobs et Bill Gates…

Steve Jobs et Bill Gates avaient tous les deux découvert que l’informatique allait véritablement changer le monde. Bien plus d’ailleurs que Carnegie, Rockefeller, Ford ou Howard Hughes n’avaient pu l’imaginer en leur temps avec le pétrole, l’aviation ou la voiture. Même si on remet les choses dans leurs contextes respectifs, nous sommes bien passés d’une révolution industrielle à une autre et il faut admettre que cette dernière est très différente. Les modèles des personnages illustres dont nous parlons ici fonctionnaient encore dans une logique de très longue durée, parfois même de plusieurs siècles. Henry Ford voyait le modèle automobile qu’il avait initié (la Ford T) comme un futur qui ne pourrait jamais disparaître. Et c’est tout compte fait logique puisque ces innovateurs révolutionnaient un monde qui était dominé auparavant par le transport à cheval et celui de transactions financières qui étaient en cours depuis des centaines, voire même des milliers d’années.

C’est la différence avec des personnages comme Steve Jobs qui n’a d’ailleurs pas hésité à rompre avec un produit phare qu’il avait lui-même initié pour sauver de justesse l’entreprise qu’il avait lui-même créé (l’IPod). La vision de ces jeunes entrepreneurs et innovateurs qui ont suivi, à partir des années 1970, était de faire de leur créativité une étape et non plus une finalité qui aurait pu être remise en question par n’importe quel nouvel arrivant. Jeff Bezos, lui-même a toujours été conscient qu’ Amazon serait un jour remplacé par un autre modèle. 

Le problème de l’Union Européenne et de l’Europe en général est là et il est important de se poser des questions sur ce qui nous a amené à ne plus innover (de la même manière que ce que font les américains depuis plusieurs décennies). 

Nous, européens, construisons des avions de chasse, des avions de ligne, des trains, des centrales nucléaires et bien d’autres choses encore, mais ce sont des produits issus d’une époque ou les Etats-Unis étaient en passe de devenir la première puissance économique et militaire dans le monde, tout en démontrant au passage que l’Angleterre n’était jamais tout au plus qu’un colosse aux pieds d’argile…

Des raisons historiques et d’autres aussi !

L’écart technologique que nous avons par rapport aux Etats-Unis peut s’expliquer par des variations de dynamiques structurelles, économiques et politiques :

Tout d’abord par un certain retard dans des industries essentielles que sont la technologie (notamment celle qui concerne l’armement), la finance et par-dessus tout dans la culture de l’innovation. En effet des écosystèmes comme la Silicon Valley ont façonné des modèles dominants (startups, capital-risque ou Big Tech) que l’Europe a ensuite cherché à reproduire, sans grand succès, pour rester compétitive. Ce n’est donc pas seulement une simple “copie”, mais une tentative de rattrapage. Sauf que les choses sont bien plus compliquées que cela, car il s’agit aussi ici d’une dépendance envers des standards occidentaux inévitables que nous partageons avec les américains. N’oublions pas sur ce point que l’écart culturel qui nous sépare de la Chine reste un des impératifs de la séparation du monde qui arrive.

En d’autres termes, l’UE doit impérativement s’adapter aux critères numériques et informatiques occidentaux qui sont définis par les GAFAM, voire même par les « Magnificent Seven (+Tesla, +NVidia) », parce qu’elle n’a tout simplement pas le choix !

L’autre problème et non le moindre est le poid politique qui pose un frein à l’innovation :

Nous sommes un ensemble de 27 Etats qui ont chacuns leurs propres législations, leurs cultures et leurs règles, ce qui est loin d’être le cas des USA qui possèdent quant à eux un ensemble homogène. Ce, même si chaque Etat peut gérer les choses comme il l’entend avec ses propres lois.

Enfin, il faut noter que la culture du risque est très largement moindre dans l’Union Européenne, que de l’autre côté de l’Atlantique et cela rend autant les organismes investisseurs, que les créateurs de talents un peu plus frileux de nôtre côté de l’océan. Cela veut dire aussi que si vous vous êtes pris une bonne claque dans la figure en Europe, vous aurez beaucoup moins envie de réitérer l’aventure que nos compagnons américains !

Une innovation obligatoirement différente ?

Il n’est pas nécessaire d’aller chercher midi à quatorze heure pour déceler ce qui fonctionne chez les américains et ce qui ne fonctionne pas forcément chez-nous :

Uber n’aurait pas véritablement pu naître au sein d’une nation ou le lobby des taxis fait, encore aujourd’hui, la pluie et le beau temps. Les trottinettes en libre service sont devenues un cauchemar en Europe pour chacun de nous mais il n’en est pas vraiment de même de l’autre côté. 

Chez nous les néo banques sont un fiasco même si elles sont légion et il en va de même pour les services de streaming. De plus, nous  faisons tous confiance aux systèmes de paiement en lignes fiables, donc aux systèmes de cartes de crédit ou à PayPal, qui proviennent eux aussi des Etats-Unis. 

Un autre problème fondamental est que face aux peu généreuses banques traditionnelles – qui veulent absolument obtenir des garanties de la part de leurs clients, avant de leur accorder quoique ce soit comme aide à la création – rien n’est gagné. Ce qui nous donne finalement une absence absolue de capital risque. Ce qui veut dire aussi que de nombreuses startups ont de la peine à voir le jour et concrétiser leurs idées.

L’Union Européenne a bien entendu tous les moyens de créer ses propres services, qui pourraient être équivalents à ceux proposés par les USA, mais est-ce ce que cela en vaut vraiment la peine ?

Les applications européennes sont fragmentées, très largement moins financées et surtout beaucoup moins adoptées à grande échelle. Mais avant tout, notre gros problème est de savoir comment nous allons créer le monde de demain car il ne s’agit pas de suivre les autres, mais surtout de se trouver devant eux. Maintenant, lorsque l’on s’entend bien entre pays, on peut collaborer ensemble, mais qu’est-ce qu’il se passe quand un pays comme les Etats-Unis – alliés de toujours – s’y refuse parce qu’il est gangréné par l’extrême droite ?

Si l’on veut que l’Union Européenne gagne une véritable indépendance vis-à-vis de nos ex-amis américains, il va nous falloir comprendre plusieurs choses et celles-ci ne sont autres que celles qui nous rappellent que nous avons trop de retard pour pouvoir copier les produits qu’ils ont initiés. Si cela était possible autrefois, ce n’est plus possible aujourd’hui, ne serait-ce que par l’accumulation récoltée depuis trois décennies de récolte de données et par l’hébergement Cloud, comme celui de AWS, et c’est même sans parler de tous les développements de la conquête spatiale. 

CQFD : nous n’avons pas vraiment de choix que de développer des moyens qui seraient très différents, mais tout cela, c’est une autre histoire !

Sébastien Colson 

C’était bien ?

Bon…

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