Développer des IA et des outils technologiques qui ont déjà été créés par d’autres est en soit une véritable erreur et l’histoire récente le prouve !

Nous le voyons aujourd’hui avec la guerre en Ukraine, la souveraineté n’est plus du tout une question centrée sur le fait de satisfaire un égo, mais elle est plutôt devenue un impératif indispensable pour éviter d’être la victime de ses voisins et surtout de ses alliés traditionnels. Nous le voyons d’ailleurs aujourd’hui par rapport aux Etats-Unis qui nous tournent le dos pour serrer la main vigoureusement à Vladimir Poutine, alors que le pays de ce dernier est un de nos ennemis historiques…

Le général de Gaulle n’avait pas tout à fait tort quand il voulait cette souveraineté pour la France et il l’a même obtenue. On en serait prêt à regretter qu’il ne soit pas arrivé à le faire pour tous les pays européens en les rassemblant. Néanmoins les succès de produits et de services (même dans le cadre de la défense) ne sont pas universels, surtout lorsqu’ils sont déjà adoptés unanimement par d’autres pays !

Des infrastructures politiques et technologiques souvent à l’avance pour créer de nouveaux systèmes d’innovations.

Souvent, l’innovation appelle une nouvelle génération d’innovateurs, qui vont à leurs tours créer de nouveaux écosystèmes technologiques qui permettront ensuite à leurs successeurs de créer des nouvelles innovations. La raison principale – probablement – qui pourrait expliquer que les échecs européens visant à obtenir une souveraineté par rapport aux produits et services développés par les américains pourrait provenir en grande partie de là. D’autres facteurs peuvent aussi l’expliquer, notamment celui de contextes dans lesquelles les législations sont moins restrictives par rapport à d’autres. C’est d’ailleurs le cas des Etats-Unis qui non seulement possèdent déjà un écosystème historique lié au développement technologique, une solide économie, des moyens financiers colossaux et surtout des administrations largement plus souples et ouvertes aux innovations par rapport à ce qu’il existe dans une Union Européenne écrasée par les réglementations.

Les tentatives de gagner la souveraineté européenne par rapport aux américains se résumant par des échecs ne manquent pas et c’est particulièrement pour les raisons que nous venons d’évoquer. Les exemples les plus emblématiques que nous pourrions citer sont sans aucuns doutes ceux du « Plan Calcul » ou « Unidata » qui visaient à une tentative de souveraineté informatique. « Qwant » était aussi supposé devenir le moteur de recherche européen par excellence et le résultat ne fut qu’un désastre financier, alors que Google avançait quant à lui à pleine vitesse. Et quand bien même cela avait fonctionné un tant soi peu, les européens se seraient fait décapiter quelques années plus tard par les IA que nous utilisons aujourd’hui. 

Qu’en est-il encore de Nokia, de Dailymotion, de Salto ou bien encore d’un projet de Cloud Européen ?

Envisager le futur !

Ce qui fait la particularité de Henry Ford, d’Howard Hugues, de Pat Haggerty, de Stewart Brand, de Steve Jobs ou d’Elon Musk, c’est qu’ils ont réussit à projeter les populations du monde entier dans leurs propres phantasmes futuristes, mais aussi qu’ils aient réussi à les mettre en pratique en développant les capacités industrielles nécessaires (sauf dans le cas de Stewart Brand, qui s’écarte légèrement du modèle adoptés par les autres) pour leur en donner l’accès. 

Observons maintenant l’origine géographique dans laquelle ces personnages de légende ont trouvé les ressources législatives, économiques et intellectuelles pour pouvoir développer leurs projets astronomiques :

Tout c’est passé aux Etats-Unis !

Faudrait-il s’en étonner ?

Non bien entendu, car les innovations précédentes étaient déjà en place et la souplesse des administrations par rapport aux innovations qui allaient arriver étaient propices à leurs développements. Ce qui est loin d’être le cas dans l’UE, même aujourd’hui :

Prenons la conquête spatiale pour laquelle l’Europe possédait des points forts avec le projet Ariane, qui couplé à OneWeb aurait pû devenir un solide concurrent bien avant l’heure par rapport à SpaceX. 

Qu’en est-il aujourd’hui ?

Moins de jeunesse, moins d’ambition, moins d’écosystèmes historiques développés, plus de divisions entre les différents pays partenaires et forcément beaucoup plus de législations.

Opérer un virage à 180 degrés ! 

Un de nos principaux problèmes européen est que nous ne savons pas rêver !

Nous sommes très pragmatiques et nous imaginerions mal que des innovateurs issus du vieux continent puissent puiser dans la culture science-fictionnelle, comme Elon Musk et bien d’autres innovateurs avant lui l’ont fait. Cela ne fonctionnerait pas car au fond, le futur européen pourrait être moins la prochaine application mondiale grand public et davantage les infrastructures invisibles mais indispensables du XXIe siècle. C’est souvent moins spectaculaire, mais historiquement beaucoup plus durable économiquement. Celà pourrait vouloir dire donc laisser les produits et services d’usage quotidien occidentaux destinés au grand public aux américains et nous recentrer vers l’industrie ?

Dans une certaine mesure, c’est certain, mais pas complètement, car il faudrait avant tout analyser avec les données dont nous disposons aujourd’hui comment le monde actuel forge celui de demain et non seulement le monde technologique et de l’innovation, mais aussi psychologique, en évaluant les besoins futurs des individus. Pour cela, il faut se baser sur l’écosystème dans lequel nous vivons aujourd’hui (sans oublier pour autant que l’histoire garde une place très importante dans l’établissement de cet écosystème et qu’il nous appartient de l’étudier minutieusement). En bref, nous devons aujourd’hui créer une science-fiction pragmatique qui se rapproche de l’anticipation et pour cela, il nous faut bien entendu apprendre, mais aussi observer.

Créer des produits similaires à ceux que nous utilisons déjà est absolument futile, bien qu’un cas comme « Mistral AI » puisse faire penser le contraire. Le problème est  que nos besoins correspondent exactement à ceux des américains et comme ils ont toujours une longueur d’avance sur nous, lorsqu’ils lancent un nouveaux produit ou un nouveaux service, au moment même où la réaction européenne se déclenche, il est déjà trop tard. Il est donc indispensable de se placer en amont pour construire les prochaines étapes du futur… 

Ainsi va la technologie !

Sébastien Colson 

C’était bien ?

Bon…

Mais ce n’est pas tout, car une époque formidable c’est aussi un site Web et des centaines de réflexions qui traitent des problématiques de notre monde et c’est aussi…

Un bureau de rédaction, d’illustration et un service de sponsoring !

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