Et voilà… Les États-Unis d’Amérique existent désormais depuis 250 ans et le moins que l’on puisse dire est qu’ils représentent toujours symboliquement la réussite et une forme de super puissance économique. Ce, même si la Chine gagne de plus en plus de terrain et que l’Union Européenne, pourtant très riche économiquement, peine à rester dans la course…
Mais depuis que Donald Trump est arrivé au pouvoir beaucoup de questions peuvent être posées car ce qui a fait jusqu’ici la puissance économique de cette nation est très largement remise en question par l’actuel président américain et par le clan MAGA !
Une nation qui a dû tout inventer pour s’occidentaliser, ou presque ?
Comment une nation partie de presque rien – et nous insistons sur le terme « presque », car plusieurs civilisations vivaient sur le territoire, bien avant l’occidentalisation des terres américaines et que cette culture était déjà très imprégnée dans l’esprit des colons – est t-elle parvenue à s’imposer comme le premier acteur économique mondial ?
En réalité cela repose sur trois facteurs importants :
Le premier réside avant tout dans une forme de démocratie qui garantit notamment aux contres-pouvoirs de mettre un frein aux mauvaises décisions de l’exécutif.
Le second point réside dans le fait d’avoir créé les écosystèmes favorables aux chercheurs, entrepreneurs et capitaux du monde entier pour se développer, dans un contexte économiquement et fiscalement très favorable et ce même parfois considérable. Une chose que l’Europe s’est toujours refusée à accorder…
Enfin, le troisième point est l’uniformisation d’une culture occidentale anglophone – adhérée par le monde entier – et qui permet un accès direct à un marché interne énorme et c’est bien entendu sans parler des voisins proches et de ceux des pays amis (notamment occidentaux, mais aussi ceux issus du Moyen Orient). En d’autres termes, l’histoire des États-Unis n’est certainement pas celle d’un pays qui a accumulé plus de richesses que les autres, mais celle d’une nation qui a constamment trouvé le moyen de produire davantage avec moins de ressources humaines et de fait, il n’y a rien d’étonnant à ce que celle-ci soit très développée en termes de technologies avancées.
Mais avec du recul, le plus important des trois est probablement que la véritable ressource stratégique des États-Unis n’a jamais été le pétrole, l’or ou leur territoire, mais plutôt leur extraordinaire capacité à attirer les individus les plus ambitieux de la planète. À bien des égards, le « rêve américain » a fonctionné comme un gigantesque aimant à talents pendant deux siècles et demi. C’est peut-être l’un des facteurs les plus décisifs expliquant pourquoi une jeune nation a fini par dépasser des puissances européennes pourtant beaucoup plus anciennes.
Il est aussi intéressant d’observer les différentes étapes historiques migratoires vers les Etats-Unis, car elles ont toutes une spécificité particulière :
Au XVIIIᵉ siècle, les États-Unis attirent des bâtisseurs d’institutions comme Alexander Hamilton ou encore d’autres philosophes des lumières qui vont s’intéresser de très près à cette jeune nation démocratique . Ensuite au XIXᵉ siècle, ils attirent des industriels comme Andrew Carnegie ou Levi Strauss. Au XXᵉ siècle, ils deviennent un refuge pour les plus grands scientifiques européens comme Albert Einstein, Enrico Fermi, John von Neumann ou Wernher von Braun. Enfin au XXIᵉ siècle, ils attirent les fondateurs des géants du numérique : Sergey Brin, Elon Musk, Jensen Huang, Satya Nadella ou Sundar Pichai. Il serait par ailleurs intéressant de se poser la question qui consiste à se demander s’ils vont attirer d’autres personnages illustres au siècle prochain ou pas ?
Une réussite incontestable, mais…
Une autre question se pose cependant :
Les États-Unis sont-ils en train de célébrer les 250 ans d’une nation… ou les premières années d’une nouvelle forme de civilisation qu’il ont eux-mêmes réinventée ?
Si l’IA, la robotique, le spatial, les biotechnologies, l’informatique quantique et les infrastructures intelligentes, notamment dans le développement de technologies capables de produire de l’énergie, redéfinissent la puissance au XXIᵉ siècle, les choses pourraient drastiquement changer. Le véritable avantage américain pourrait dans ce cas ne plus être son territoire ni son économie, mais sa capacité historique à organiser l’innovation plus vite que ses concurrents. À l’inverse, si la polarisation politique venait à éroder durablement la confiance dans les institutions, le défi ne serait plus seulement économique, il deviendrait bien au contraire civilisationnel.
La question est maintenant de savoir si une société peut continuer à innover au même rythme lorsqu’elle doute de ses propres règles du jeu ?
C’est cette tension, entre une extraordinaire capacité de renouvellement et le risque d’une fragmentation interne, qui rend cet anniversaire des 250 ans intéressant à observer. Il ne s’agit pas seulement de célébrer un anniversaire, mais de se demander si les fondations qui ont porté les États-Unis depuis 1776 seront encore celles qui soutiendront leur influence en 2040.
Une nation n’est jamais à l’abri des erreurs et les Etats-Unis en ont eu leur propre lot:
Nous pouvons évoquer à ce propos la très controversée guerre du Vietnam, un pays qui finalement représentait davantage une lutte idéologique plutôt que militaire (ou géopolitique). A cela il faut aussi ajouter le scandale du Watergate, la désindustrialisation précoce de nombreuses régions en interne, les attentats du 11 septembre 2001, la guerre en Irak, les crises de 1929 ou de 2008 et maintenant deux erreurs cruciales qui consistent respectivement dans l’abandon organisé de l’Ukraine (ce qui au passage pourrait faire basculer l’Europe toute entière dans une troisième guerre mondiale) et dans une intervention militaire en Iran qui n’aura servi définitivement à rien sauf peut-être à créer une nouvelle crise énergétique mondiale dont nous aurions pû clairement nous passer
Malheureusement donc, l’actuelle administration américaine n’est pas prête à tirer des leçons des erreurs du passé et on pourrait – une question de plus – se demander si cela ne va pas avoir un impact important sur un Occident tout entier qui dépend directement de ce qui fut autrefois un ami et un allié très important…
Une administration Trump qui pourrait tout faire basculer ?
Que penser du fait qu’un président américain menace la FIFA et incite à ce qu’un joueur interdit de jeu puisse à nouveau entrer dans une compétition de sport mondiale ?
Que penser aussi d’une cour suprême détentrice absolue d’un contre-pouvoir qui est gangrénée par une extrême droite qui ne demande pas grand chose d’autre que sa disparition ?
Que penser des multiples restrictions en termes d’immigration et parfois même des tortures infligées aux différentes personnes qui viennent juste rendre visite à des proches résidents aux USA?
Enfin que penser du fait que l’actuelle administration américaine à trahi ses plus proches alliés pour se rapprocher de dictateurs sanguinaires comme Vladimir Poutine, tout en mettant de côté les véritables valeurs démocratiques qui ont construit l’Occident ?
Ce même Occident qui nous est si cher et qui a coûté tellement de vie et tellement d’énergie à l’espèce humaine, pour défendre des valeurs uniques dans le monde et qu’il serait tellement dommage de mettre définitivement de côté !
D’un point de vue américain, nous sommes très largement, dans l’UE, en dessous de leurs propres standards économiques. Néanmoins, cette même Union Européenne, si elle autorise d’autres pays à se joindre à elle, pourrait très largement peser sur la balance et faire en sorte que nous devenions un poids économique beaucoup plus important…
Après cela, il nous restera encore à régler la problématique de la rentabilité des personnes qui y travaillent et le poids qui pourrait peser sur le manque de gains de productivité :
Lorsque l’on prend un peu de recul sur cet anniversaire des 250 ans des États-Unis, on se rend compte qu’ils ne sont pas simplement devenus plus riches que les autres. Ils sont surtout devenus plus productifs. Et c’est précisément là que la comparaison avec l’Union européenne devient passionnante car ce sont les gains de productivité qui alimentent tout le reste :
Ils permettent entre autres (et nous mettrons de côté une Chine où les gains de productivité sortent très largement de la norme) aussi des salaires plus élevés, davantage d’investissements, plus de recherche, davantage de recettes fiscales, une armée plus performante et davantage d’influence diplomatique.
Autrement dit, la productivité permet la puissance d’un pays et dans ce cas que faut-t-il penser d’une Europe qui en manque cruellement ?
N’oublions pas qu’une nation devient influente lorsqu’elle produit davantage de valeur par heure travaillée que ses concurrentes.
C’était bien ?
Bon…
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