LABO 2040 – Numéro 1 : Quand les idées deviennent des infrastructures !

Cette structure vous transforme en explorateur. Vous ne terminerez pas votre lecture avec l’impression d’avoir consommé des informations, mais avec le sentiment d’avoir participé à un atelier d’idées. À terme chaque numéro constituera une pièce d’un ensemble plus vaste : un véritable catalogue des innovations de civilisation, que les lecteurs auraient envie de conserver et de relire plusieurs années plus tard.

Bonne lecture !

Cordialement Allan K…

ÉDITORIAL

La technologie ne construira jamais la civilisation de demain sans les idées qui lui donneront un sens.

Chaque semaine, l’actualité nous parle de nouvelles intelligences artificielles, de robots, de nouveaux services ou de performances techniques toujours plus impressionnantes. Mais une question demeure étonnamment absente et elle n’est autre que de savoir àquoi serviront réellement toutes ces technologies dans le futur ?

Le rôle du Labo 2040 n’est pas de prédire l’avenir. Il est avant tout d’explorer les architectures possibles d’une civilisation en construction.

Les quatre articles de cette seconde partie du mois de juin 2026 racontent une seule et même histoire : nous quittons progressivement une économie des objets pour entrer dans une économie des environnements, des expériences et des idées.

UN SIGNAL FAIBLE

Poursuivons, nous parlons beaucoup d’intelligence artificielle mais pas encore forcément de l’intelligence des lieux hors nous avons longtemps considéré les bâtiments comme des contenants.Par exemple des maisons, des écoles, des commerces ou bien encore des bibliothèques.

Mais la principale question à se poser est de savoir si demain, ces lieux devenaient les véritables interfaces entre les êtres humains et l’intelligence artificielle ?

Peut-être que la prochaine révolution ne sera pas celle des objets intelligents, mais plutôt celle des environnements intelligents.

LA QUESTION FONDAMENTALE

Les entreprises qui construiront la civilisation de 2040 ressembleront-elles encore aux entreprises d’aujourd’hui ?

Pendant deux siècles, les grandes entreprises ont vendu des produits. Au XXIᵉ siècle, elles pourraient commencer à concevoir des modes de vie.

Apple ne vend déjà plus uniquement des ordinateurs. Amazon ne vend plus uniquement des livres. Les librairies ne vendront peut-être bientôt plus uniquement des ouvrages et chaque secteur semble évoluer vers une même logique qui n’est autre que construire un écosystème plutôt qu’un objet.

LES QUATRE PORTES QUI SE SONT OUVERTES

Porte n°1 — Les créateurs de rêves

Une société automatisée aura moins besoin de bras que d’imagination. On n’en parle pas parce que nous continuons à mesurer la valeur économique beaucoup plus facilement que la valeur culturelle. Autrement dit, les créateurs de récits pourraient devenir les véritables architectes de l’identité des sociétés.

Porte n°2 — Les commerces

Les magasins dans un futur proche ne pourront plus concurrencer Internet sur la simple disponibilité des produits.

Pourquoi en parle-t-on si peu ?

Parce que nous analysons encore le commerce comme un lieu de vente. Mais ce que cela pourrait produire d’ici 2040, c’est que les meilleurs commerces deviendraient des lieux où l’on apprend, où l’on expérimente et où l’on rencontre des personnes ou des idées.

Porte n°3 — Dialoguer avec les grands penseurs

L’intelligence artificielle pourrait transformer l’apprentissage en dialogue permanent. Aujourd’hui, nous imaginons encore l’IA comme un moteur de recherche. Mais ce que cela pourrait produire d’ici 2040 est que chaque étudiant pourrait être accompagné toute sa vie par une bibliothèque vivante capable de faire dialoguer les plus grandes pensées de l’histoire.

Porte n°4 —  Côtoyer les grands esprits de l’histoire bien après leur mort ?

L’intelligence artificielle ouvre la possibilité de prolonger non seulement les œuvres des grands penseurs, mais aussi en partie leur manière de raisonner. Dans le futur, le savoir pourrait être transmis par des personnages historiques bien après leur mort. D’ici 2040 il n’est pas impossible que leurs pensées soit non seulement maintenues mais aussi prolongées dans un contexte contemporain. 

LES CONNEXIONS INVISIBLES

Quel rapport pouvons nous observer entre les librairies, les créateurs de rêves, l’intelligence artificielle et le fait de côtoyer les grands esprits de l’histoire bien après leur mort ?

À première vue, il n’y en a aucun. Pourtant, chacun de ces sujets raconte la même transformation :

Pendant deux siècles, nous avons conçu des objets. Le XXIᵉ siècle semble progressivement concevoir des environnements. Le produit devient désormais un service et le service devient une expérience. L’expérience devient un lieu, le lieu devient une intelligence et ainsi de suite.

Autrement dit, la véritable révolution pourrait ne pas être l’intelligence artificielle, mais plutôt la manière dont elle modifiera les espaces dans lesquels nous vivons.

LE BÂTISSEUR

Tim Cook

Nous allons maintenant nous pencher sur le départ de Tim Cook : 

Pendant quinze ans, beaucoup lui ont reproché de ne pas être Steve Jobs mais peut-être n’était-ce pas son rôle ?

Steve Jobs a démocratisé l’informatique personnelle. Tim Cook quant à lui a relié des centaines de millions d’objets au sein d’un même écosystème. Il aura de ce fait peut-être été moins un inventeur de produits qu’un architecte d’infrastructures invisibles, mais c’est peut-être cette infrastructure qui permettra à son successeur de bâtir la maison intelligente de demain.

PROTOTYPE DE CIVILISATION

La Bibliothèque Vivante

Nous sommes en 2040 et vous poussez la porte d’une bibliothèque…

Vous n’empruntez aucun livre mais vous choisissez juste une question.

« Comment bâtir une démocratie à l’ère de l’intelligence artificielle ? »

Et quelques secondes plus tard, une salle s’anime. Il s’agit d’une reconstitution intellectuelle de Montesquieu, de Marie Curie et d’Alan Turing qui engagent une conversation avec vous. La bibliothèque n’est plus du tout à ce niveau un lieu de stockage, mais elle est principalement devenue un lieu de dialogue.

L’OBJET DU FUTUR

La lampe

Aujourd’hui, elle éclaire. Demain, elle pourrait comprendre. Elle pourrait savoir ce que vous lisez. Elle pourrait adapter automatiquement son intensité. Elle pourrait changer de couleur selon votre fatigue et les possibilités sont multiples notamment la coopération avec les autres objets de la maison. Elle pourrait même deevenir plus attentionnée.

LES PORTES QUI VIENNENT DE S’OUVRIR

Cinq questions importantes à se poser et sur lesquelles nous devons réfléchir :

Et si la prochaine révolution n’était pas technologique mais culturelle ?

Et si les entreprises les plus puissantes construisaient demain des environnements plutôt que des produits ?

Et si les écoles devenaient des lieux de conversation permanente avec les plus grands penseurs de l’histoire ?

Et si les commerces deviennent les nouveaux centres culturels de nos villes ?

Et si la maison devenait progressivement un partenaire de vie ?

Avant de nous quitter, une grande réflexion sur le futur et surtout un bonus !

Le Labo 2040 n’essaie pas de prédire l’avenir. Il cherche par contre à imaginer les idées qui mériteraient d’exister avant qu’elles ne deviennent évidentes. Généralement les médias racontent le présent, les cabinets de conseil parlent des entreprises et les futurologues parlent des technologies. Par contre le Labo 2040 parle de la construction du monde et ce toujours avec la même démarche :

1. Observer.
 Quels sont les signaux faibles ?

2. Comprendre.
 Quel changement profond révèlent-ils ?

3. Relier.
 Pourquoi quatre sujets apparemment sans rapport racontent-ils la même histoire ?

4. Inventer.
 Que pourrait construire un entrepreneur, un cadre d’entreprise ou un chercheur à partir de cela ?

Les prototypes de civilisation

Ici, il ne s’agit pas d’une prédiction, ni d’un prototype, ni même d’une idée suffisamment détaillée pour que le lecteur se dise “Pourquoi cela n’existe-t-il pas déjà ?”

Imaginons une Librairie Vivante:

Imaginons une librairie où l’on ne vient plus acheter des livres, mais plutôt où l’on vient discuter avec les idées. Chaque salle est consacrée à un courant intellectuel. Des IA incarnent la pensée de différents auteurs. Ainsi le visiteur peut demander :

“Faites débattre Montesquieu, Hannah Arendt et Alan Turing sur la démocratie du XXIᵉ siècle.”

La librairie devient exactement à ce moment un laboratoire d’idées.

Imaginons ensuite une maison qui apprend qui est son propriétaire :

Il ne s’agit pas ici seulement d’une maison connectée, mais plutôt d’une maison qui apprend progressivement ce qui améliore réellement la vie de son occupant. Elle adapte par exemple la lumière, les sons, la température, les horaires ou encore les espaces pour devenir presque un partenaire de vie. 

LE GRAND BASCULEMENT

Pendant des siècles, les civilisations ont construit des bâtiments. La prochaine pourrait construire des relations. Hier nous bâtissions des murs et demain nous bâtirons des interactions. 

Nous croyons vivre aujourd’hui la révolution de l’intelligence artificielle, demain nous assisterons à une union de celle-ci et de la robotique humanoïde.Mais en réalité, nous assistons peut-être à la naissance des premiers environnements capables de réfléchir avec nous.

Les entreprises qui n’existent pas encore

« Ces idées paraissaient audacieuses en 2026, et pourtant elle sont devenues évidentes aujourd’hui »

Nous allons imaginer deux entreprises !

Il ne s’agit pas ici de science-fiction, mais d’entreprises parfaitement crédibles.

Sinope est la première entreprise spécialisée dans la reconstruction numérique des grands penseurs. Ses clients sont les universités, les librairies, les musées ou bien encore les écoles, mais cela touche aussi un public avide de connaissances.

Nous croyons que l’IA remplacera les enseignants, mais elle pourrait surtout transformer les salles de classe et toutes les institutions culturelles.

Home, sweet home

L’entreprise développe le premier système d’exploitation destiné non aux ordinateurs mais cette fois aux maisons. La cohérence entre les éléments qui s’y trouvent, comme la lumière, le mobilier, la cuisine, la robotique, la santé ou l’énergie fait partie de sa vocation. Cerise sur le gâteau, c’est le grand public qui est visé et cela concerne autant le public privé, les entreprises ou encore les administrations.  

Nous parlons énormément de robots humanoïdes, pourtant la révolution la plus importante sera peut-être celle des bâtiments. Nous pensons acheter demain des objets intelligents, mais nous habiterons probablement dans des environnements intelligents.

Il n’appartient qu’à vous d’imaginer la suite…

Je ne sais pas si ce monde existera un jour. Mais je suis certain d’une chose : quelqu’un commencera bientôt à le construire. — Allan K

Rendez-vous au prochain numéro !

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