Avons-nous réellement créé cette belle démocratie pour avoir des difficultés financières en fin de mois ?

Nombre d’entre-nous ont déjà éprouvé des difficultés financières à la fin de chaque mois et à chaque fois une question récurrente revient : « Tout ça pour ça et est-ce que cela en vaut vraiment la peine finalement ? ».

Problèmes administratifs, problèmes financiers, problèmes de logement, problèmes avec les voisins, problèmes pour trouver du travail, problèmes sur les routes ou dans les transports en commun ou bien encore problèmes avec notre entourage proche. Lorsque l’on regarde notre vie, on a parfois l’impression que celle-ci est parsemée de contrariétés alors que nous avons la chance de vivre dans des démocraties qui nous permettent – si l’on sort du côté technique de la séparation des trois pouvoirs – d’avoir accès potentiellement aussi au bonheur (et en partie à la liberté d’expression)…

Une petite introduction à la démocratie  

Nous nous plaignons souvent car nous sommes régulièrement face aux problèmes que nous venons de citer à l’instant et nous avons sans aucun doute raison de le faire, car notre vie se résume souvent à un lot de complications dont on pourrait en fait, au final, bien se passer. Nous avons aussi tendance à croire que la démocratie répond au bonheur auquel nous aspirons tous, mais cependant nous avons tort de le croire :

Historiquement parlant, la démocratie a été conçue pour échapper à une concentration des pouvoirs légués à un nombre limité d’individus qui avaient recours à toutes les décisions politiques, économiques et philosophiques pour l’ensemble d’une population. En ce sens, il est vrai que la démocratie, celle que nous connaissons aujourd’hui n’a pas forcément échoué dans son rôle contre des systèmes dictatoriaux qui n’admettaient (c’est encore aujourd’hui) aucune contradiction contre le pouvoir en place. Néanmoins la démocratie n’est pas pour autant un symbole de bonheur pour l’individu, mais elle lui garantit toutefois certaines formes de liberté pour l’atteindre…    

Ces libertés ont été souvent dans l’histoire remise en doute par des mouvements extrémistes qui ont, à chaque fois, saisi ses propres failles pour réapparaître et pour instaurer à nouveau un ordre qui se situe entre les deux. Si on prend l’exemple de la Russie, on s’aperçoit notamment que d’une dictature extrême, le pays est aujourd’hui un semblant – insistons sur ce terme – de démocratie dans lequel un système capitaliste a fait beaucoup de chemin, mais est très clairement dirigé par une poignée d’individus qui n’ont pas du tout envie de laisser la place aux autres (exactement comme ce fut le cas pendant la période soviétique).

Bonheur et démocratie, une association antinomique ?

La démocratie n’a jamais garanti le bonheur individuel. Son objectif historique principal est plutôt de limiter l’arbitraire du pouvoir, de protéger certaines libertés, de permettre la participation politique, d’offrir des mécanismes pacifiques de changement et enfin de reconnaître l’égalité politique des citoyens. Donc la démocratie vise d’abord la liberté politique et la légitimité du pouvoir mais certainement pas le bonheur permanent.

Nous sommes donc en face de problématiques bien différentes, car ici nous avons du mal à dissocier le côté technique par rapport au côté philosophique. Nous vivons en permanence avec l’idée que nous sommes en tant que citoyens légitimes, héritiers des bienfaits de cette démocratie. Et cela vient probablement du fait que les gens qui les peuplent peuvent choisir leurs dirigeants et peuvent par la même occasion exprimer leurs opinions, et par dessus tout défendre leurs intérêts, donc la société devrait logiquement répondre mieux à leurs besoins :

Plus de droits, plus de sécurité juridique, plus de prospérité, plus de libertés individuelles et enfin une meilleure qualité de vie au sein des classes moyennes. Néanmoins cela ne signifie pas moins de souffrances, de justice, une égalité parfaite ou une satisfaction psychologique…

Le résultat se résume finalement au fait que nous devons affronter un solide dilemme entre une poursuite du bonheur (ce qui n’est pas rien) qui se bat contre une démocratie qui nous a promis beaucoup trop de choses et n‘est pas réellement à la hauteur de ce que tout le monde demande.

Le grand malentendu moderne

Dans beaucoup de sociétés contemporaines, la démocratie a progressivement été perçue comme une promesse implicite de bien-être, d’ascension sociale, de stabilité, de reconnaissance ou d’épanouissement personnel. Lorsque ces promesses semblent échouer nous sommes face à de la précarité, de la solitude, de la stagnation économique, d’un déclassement sociétal, de décrochage scolaire ou bien encore de fatigue psychologique. Donc en gros nous éprouvons cette impression que la démocratie ne fonctionne plus et qu’il faudrait changer de modèle.

Très clairement il existe une très forte différence entre la démocratie et le bonheur, mais néanmoins l’un permet à l’autre l’accès à une certaine forme de bien-être et les fondements de celui-ci ne sont pas fondamentalement éloignés loin de l’autre. Nous pouvons en effet éviter la tyrannie, limiter les abus politiques, permettre l’alternance, éviter des guerres civiles internes, avoir accès à des recours juridiques ou encore nous donner les moyens d’avoir des recours pour empêcher la concentration totale du pouvoir (même si dans le cas des Etats-Unis les choses peuvent être solidement remises en question). Si ces bénéfices sont immenses, ils peuvent paraître secondaires pour quelqu’un qui éprouve une frustration par rapport à un salaire trop bas, à une crise du logement, à l’anxiété qu’il peut éprouver ou parfois à la solitude qui le terrasse.

Que faire donc par rapport à ce malaise que nous éprouvons au quotidien ? 

Commençons d’abord par le côté philosophique qui pourrait nous entraîner vers une réflexion sur les comparaisons sociales, sur la pression qu’implique une pression sur la réussite (surtout économique), sur celle de l’éventuel échec personnel, de l’incertitude ou bien d’une généralisation de l’individualisation qui accentue l’écart entre les individus. Les membres d’une population ont besoin de liens sociaux forts, d’avoir un sentiment d’utilité, de stabilité, d’une bonne santé mentale, de reconnaissance, de sécurité matérielle ou du sens donné à la vie. 

Tout mis ensemble, il semble que les deux plus importants points soient aujourd’hui la santé matérielle et le sens de la vie (c’est-à-dire aussi les passions personnelles qu’on lui voue). C’est là que le bas blesse réellement et que si nous trouvons un équilibre entre les deux, nous pourrions peut-être atteindre ce que l’on appelle le bonheur. 

Le monde dans lequel nous vivons le permet-il ?

Ce n’est peut-être pas la bonne question à se poser car le tout est de savoir quel monde nous voulons construire pour atteindre le juste milieu entre les deux !

Sébastien Colson 

C’était bien ?

Bon…

Mais ce n’est pas tout, car une époque formidable c’est aussi un site Web et des centaines de réflexions qui traitent des problématiques de notre monde et c’est aussi…

Un bureau de rédaction, d’illustration et un service de sponsoring !

Ah oui, au fait, nous sommes aussi sur Facebook, Twitter, Instagram, YouTube et nous avons aussi un groupe sur Facebook sur lequel nous pouvons discuter de toutes les problématiques qui se posent à nous, donc on vous y attend car nous avons besoin de vous !

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