L’image humaine est-elle morte ?

Cet article a été publié le 8 novembre 2023 (un an après la généralisation des IA génératives LLM). En guise d’expérience, nous avons demandé à Chat GPT ce qu’il en disait et nous l’avons revu – une fois n’est pas coutume – en fonction de ce nous en pensions. Vous trouverez ici le texte original : Ce que vous lirez ci-dessous n’est en fait qu’une conclusion du chemin parcouru depuis trois ans et il est impressionnant, car nous n’aurions jamais pu imaginer que nous arriverions à ce point en termes d’IA. Le titre original était « L’image humaine est forte, vive l’image artificielle ! »

Voici ce que l’article est devenu (bien qu’il ait été aussi modifié pour être adapté à des paramètres qui correspondent beaucoup plus aux valeurs du site)…

« En 1839, lorsque la photographie apparaît officiellement en France, une peur traverse déjà le monde artistique : si une machine peut reproduire le réel avec une précision parfaite, que reste-t-il à l’humain ?

Près de deux siècles plus tard, l’histoire recommence. Mais cette fois, la machine ne se contente plus de capturer le monde : elle le fabrique.

Depuis l’explosion des intelligences artificielles génératives, nous vivons une mutation silencieuse de notre rapport aux images. En quelques secondes, un logiciel peut produire un portrait hyper réaliste, une scène de guerre fictive, un paysage inexistant ou le visage d’une personne qui n’a jamais vécu. Les images artificielles ne sont plus des curiosités technologiques. Elles constituent désormais une part croissante de notre environnement visuel quotidien.

Et peut-être plus profondément encore : elles modifient notre manière de croire.

La fin de l’innocence visuelle

Pendant longtemps, l’image photographique a bénéficié d’un privilège particulier : celui de la preuve.

Une photo pouvait mentir, bien sûr. Le cadrage, le montage ou la propagande existaient déjà. Mais malgré tout, une photographie conservait un lien physique avec le réel. Quelque chose avait nécessairement été placé devant l’objectif. Cette certitude s’effondre aujourd’hui.Une image peut être entièrement générée sans appareil photo, sans décor, sans lumière, sans modèle et parfois sans intervention humaine.

Le problème n’est donc plus seulement esthétique. Il devient philosophique. Que vaut une image lorsque son existence n’implique plus aucun événement réel ?

Nous entrons dans une époque étrange où voir ne signifie plus croire, mais soupçonner. Chaque image devient potentiellement fictive. Chaque vidéo devient discutable. Chaque visage peut être synthétique. L’intelligence artificielle n’a pas seulement créé de nouvelles images : elle a tout simplement détruit l’ancien contrat de confiance entre l’œil et le monde.

La réalité concurrence désormais la fiction

Le paradoxe est saisissant : les images artificielles sont devenues tellement nombreuses qu’elles finissent par modifier notre perception du réel lui-même. Les visages générés sont souvent plus beaux que les vrais. Les paysages sont plus spectaculaires. Les corps plus symétriques. Les lumières plus cinématographiques.
 et les émotions sont plus lisibles. Peu à peu, l’esthétique artificielle devient la norme implicite.

Sur les réseaux sociaux, dans la publicité, dans certaines campagnes politiques ou même dans les médias, les images synthétiques circulent avec une fluidité croissante. Beaucoup ne sont même plus signalées comme telles. Elles remplissent les timelines, illustrent des articles, vendent des produits, fabriquent des souvenirs et parfois des opinions. Nous assistons alors à une inversion troublante : ce n’est plus l’image qui imite le réel, mais le réel qui tente de ressembler à l’image.

En 2023, l’IA générative relevait encore de l’expérimentation. Quelques années plus tard, elle est devenue une infrastructure économique.

Des entreprises produisent désormais des milliers d’images automatisées chaque jour. Des marques remplacent des shootings photo par des générations synthétiques. Des influenceurs virtuels accumulent des millions d’abonnés sans avoir jamais existé. L’image n’est plus seulement une création : elle devient un flux industriel.

Cette accélération transforme profondément les métiers créatifs: Photographes, illustrateurs, graphistes, monteurs, concept artists ou publicitaires voient apparaître des outils capables de produire en quelques secondes ce qui demandait auparavant des heures ou des jours de travail. Mais la question centrale n’est peut-être pas celle du remplacement, car l’histoire des techniques montre que les outils ne détruisent pas toujours les artistes ; ils déplacent leur rôle. La photographie n’a pas tué la peinture. Le cinéma n’a pas fait disparaître le théâtre. Internet n’a pas supprimé l’écriture et l’intelligence artificielle, elle aussi, ne signe probablement pas la fin de la création humaine. En revanche, elle transforme radicalement la valeur de certaines compétences : produire vite devient banal ; produire un regard devient rare.

Ce que l’IA ne sait toujours pas faire

Les images générées impressionnent par leur perfection technique. Pourtant, quelque chose leur échappe encore. Elles savent composer. Elles savent imiter.
Elles savent mélanger des styles et produire des variations infinies mais elles ne vivent rien. Une intelligence artificielle ne connaît ni l’attente, ni le deuil, ni le désir, ni la peur. Elle ne possède aucune mémoire sensible du monde. Elle génère des formes crédibles à partir d’immenses statistiques visuelles, mais elle n’éprouve rien de ce qu’elle représente et c’’est peut-être ici que subsiste la singularité humaine. Une photographie prise dans l’urgence d’un événement réel contient autre chose qu’une simple composition esthétique. Elle porte une présence, une trace. Une expérience vécue et même imparfaite, une image humaine garde parfois une densité que l’image artificielle peine encore à reproduire : celle d’un regard situé dans le monde.

Curieusement, plus les images générées deviennent parfaites, plus l’imperfection humaine reprend de la valeur. Les défauts reviennent. Le grain revient. Le flou revient. Les visages non retouchés reviennent et les vidéos tremblantes paraissent parfois plus crédibles que les productions impeccables.C’est comme si la saturation d’images synthétiques produisait une fatigue visuelle collective.

À force d’être confrontés à des contenus optimisés, lisses et artificiellement spectaculaires, nous redécouvrons la puissance émotionnelle du fragile et du réel et l’authenticité devient alors non pas une nostalgie, mais une résistance culturelle.

L’enjeu dépasse désormais largement le domaine artistique car les deepfakes, les faux discours, les vidéos truquées et les images générées à des fins de manipulation bouleversent l’espace public. Les démocraties découvrent qu’il devient possible de fabriquer des preuves fictives avec une facilité inédite. Dans ce contexte, la question n’est plus : « Cette image est-elle belle ? » Mais plutôt « Peut-on encore lui faire confiance ? »

Nous entrons dans une époque où la bataille de l’information se joue aussi au niveau du visible. Et dans cette bataille, le doute devient permanent. Le danger majeur n’est peut-être pas que les gens croient à de fausses images. Le danger est qu’ils ne croient plus à aucune. Cependant annoncer la mort de l’image humaine serait pourtant une erreur car ce qui disparaît aujourd’hui, ce n’est pas l’humain dans l’image. C’est plutôt le monopole humain de la fabrication des représentations.

Pendant des millénaires, produire une image nécessitait un geste, un regard, une présence physique. Désormais, des machines peuvent fabriquer des mondes visuels entiers sans expérience vécue et cette rupture est immense.

Paradoxalement, elle pourrait aussi redonner de la valeur à ce que seules les expériences humaines rendent possibles : le témoignage, l’intention, la vulnérabilité, l’accident, l’émotion réelle. L’image artificielle ne remplace donc pas l’image humaine. Elle oblige simplement l’humanité à redéfinir ce qu’elle attend d’une image.

Pendant longtemps, nous demandions aux images de représenter le monde. Peut-être leur demanderons-nous désormais de prouver qu’un être humain était réellement là.

En guise de conclusion (et cela ce n’est pas ChatGPT qui le dit) : 

C’est assez rare ici sur ce site, mais nous tenions à tenter cette expérience qui pour tout le monde aura, nous le pensons sincèrement, une signification. Suite à cela, nous devons nous poser certaines questions et en tirer les conséquences. Il est clair que l’IA a évolué énormément depuis trois ans, mais il est aussi très clair que nous sommes désormais appelés à changer avec elle et il n’est pas certain que nous allons pouvoir y arriver. Rappelons néanmoins que l’apparition de la photographie a généré une production picturale absolument gigantesque que l’histoire n’avait jamais connue auparavant. L’histoire se répète et c’est à nous humains de trouver une autre voie et de rompre avec les traditions »

Sébastien Colson 

C’était bien ?

Bon…

Mais ce n’est pas tout, car une époque formidable c’est aussi un site Web et des centaines de réflexions qui traitent des problématiques de notre monde et c’est aussi…

Un bureau de rédaction, d’illustration et un service de sponsoring !

Ah oui, au fait, nous sommes aussi sur Facebook, Twitter, Instagram, YouTube et nous avons aussi un groupe sur Facebook sur lequel nous pouvons discuter de toutes les problématiques qui se posent à nous, donc on vous y attend car nous avons besoin de vous !

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