Volkswagen vs Tesla : Et si l’effet de surprise était le secret de la réussite ?

Cela fait déjà un bon moment que l’on a pas assisté à une vague massive de révolutions technologiques. Il faut bien avouer que nous ne sommes pas vraiment habitués à autant d’immobilisme de la part des grands de ce monde. Certes, de nombreuses choses sont en ce moment en train de sortir de terre dans les domaines des semi-conducteurs et dans celui de l’automobile, mais cela concerne avant tout des projets industriels qui ne font que perpétuer ce qui existe déjà. Ce n’est pas si mal, mais est-ce suffisant ?

L’Europe se réveille…

Dans un contexte dans lequel l’invasion militaire de l’Ukraine par la Russie nous fait réaliser que nous sommes extrêmement dépendants des​ uns et des autres, il semble que les choses commencent à bouger sensiblement…

La toute première et peut être la plus importante, c’est que les représentants de l’UE viennent de marquer clairement la volonté de réduire de deux tiers notre dépendance au gaz et au pétrole venant de Russie et ce, pas plus tard que dans le courant de l’année 2022. Ce qui veut dire, la porte à côté et on ne peut bien entendu que s’en réjouir. Maintenant, il s’agit de savoir comment nous allons compenser cette indépendance énergétique et quels seront les moyens que les autorités seront prêtes à mettre en œuvre pour y arriver. Une fois de plus, il ne s’agit pas de réitérer une situation similaire avec d’autres pays, qui ne feraient pas partie de l’Union Européenne, mais avant tout de donner à chaque individu sur le territoire, son indépendance énergétique. Et pour cela, les solutions ne sont pas légion. Elles se résument simplement à une production solaire et éolienne individuelle ou de proximité, du moins, en attendant autre chose…

Trois autres bonnes nouvelles sont néanmoins à noter pour l’UE :

La première est que Intel à décidé d’injecter 80 milliards de dollars sur le territoire, pour développer des infrastructures de production de puces électroniques et forcément de semiconducteurs. C’est une très bonne nouvelle, surtout quand on pense que les dirigeants européens font pour une fois preuve de bonne foi, en acceptant d’être complémentaires d’autres pays occidentaux, sans vouloir forcément devenir souverain (à savoir créer un nouveau Intel). La seconde bonne nouvelle est que Tesla vient d’entamer le coup d’envoi à la production de ses voitures dans sa nouvelle usine à Berlin. Enfin, c’est Volkswagen qui lui emboîte le pas, en misant sur la production en grande série d’un nouveau modèle 100% électrique (et qui plus est autonome) dans son usine historique de Wolfsburg… 

Mais ce n’est pas tout…

Trinity… C’est le nom de la nouvelle carte secrète du PDG de Volkswagen qui voudrait devancer Tesla dans le domaine de la voiture électrique autonome. Bien, c’est en soi une bonne nouvelle, d’autant plus que ce dernier est un petit constructeur électrique par rapport à son concurrent américain : 500.000 véhicules pour le constructeur allemand et le double pour l’entreprise d’Elon Musk. Et avec un prix de base annoncé à 35.000 euros (mais cela reste encore à voir dans un contexte concret), nous devons accueillir cela comme une très bonne nouvelle, car la démocratisation du véhicule électrique ne pourra que s’accentuer, et une fois de plus, c’est une excellente chose. 

Qui dominera l’électrique sur le marché européen ? 

Nous le verrons dans l’avenir. Ce qui compte aujourd’hui c’est que nous puissions accéder à des véhicules électriques à des prix abordables et surtout à des infrastructures qui nous permettent de rompre une fois pour toute avec le monde du pétrole. Mais, si Volkswagen peut compter sur un patrimoine tant physique qu’intellectuel ou financier pour inonder l’Europe, (voire même le monde) de véhicules électriques, il y a une arme dont l’entreprise est malheureusement démunie : celle de la volonté d’engager une véritable rupture avec son époque…

Avec son projet Trinity, Volkswagen n’innove en rien, même si le constructeur a la volonté d’intégrer​ des systèmes de modélisation de l’environnement extérieur en 3D à la place d’utiliser des caméras pour son système d’autonomie. ​Sa faiblesse, c’est bien de vouloir produire un véhicule électrique dans le même esprit qu’elle le fait avec ses véhicules à moteurs thermiques. Tesla possède quelque chose en plus et c’est avant tout l’épanouissement de la jeunesse, ainsi qu’une longue expérience dans l’innovation de rupture. Ce n’est certainement pas le cas de son homologue allemand. D’autant plus que cela fait longtemps que le rêve du patron de Tesla est qu’un jour, tous les conducteurs de ses véhicules se réveillent un matin – comme par magie – avec un véhicule 100% autonome. C’est par ailleurs le fer de lance ​de Volkswagen qui semble viser le niveau d’autonomie 4. C’est haut, voire même très haut…

On en prend d’autres et on recommence ?

Peut être que le constructeur allemand arrivera à piétiner les quatre bandes de Tesla, mais il semble que le combat qui arrive va ressembler à celui qui oppose SpaceX à Boeing. D’un côté, chez Tesla on éprouve un véritable besoin de changer les choses et de l’autre, chez Volkswagen, on veut simplement produire une voiture efficace et adaptée aux circonstances actuelles du marché. 

C’est quelque part dans l’ADN du groupe, mais est-ce que la recette sera payante ?

Il ne fait aucun doute que Trinity sera une excellente voiture, robuste, fiable, très agréable à conduire et d’un bon rapport qualité prix. Mais elle sera avant tout à l’image de la marque, c’est-à-dire sans véritable surprise. C’est loin d’être le cas chez Tesla qui innove en permanence et œuvre constamment à faire d’une voiture autre chose qu’une simple voiture. Son offre récente d’assurance automobile individuelle basée sur les données produites par chaque véhicule de la marque en est un parfait exemple. Récemment, Elon Musk a annoncé la production en grande série de robots humanoïdes qui utiliseraient la même technologie – et bien entendu, les données – que celle qui est utilisée dans les voitures produites par Tesla. Manifestement, nous sommes face à une vision du monde à deux vitesses.

Il est très difficile pour Volkswagen de construire une voiture qui n’est pas une simple voiture et de réinventer la mobilité. Néanmoins elle à la capacité de mettre au point la gamme de services qui va avec le produit. Encore faut-il que ses services servent à enrichir l’utilisateur et non à le plumer. Et dans ce dernier cas Volkswagen possède une très large expérience en la matière, mais en ce qui concerne le premier domaine, il n’en est encore nulle part. 

Le vainqueur sera donc celui qui réussira cette prouesse…

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