Cela fait plusieures années que beaucoup se demandent si un commerce qui possède encore une façade qui a pignon rue (ou sur un parking) est toujours un modèle viable. En effet, pourquoi dépenser des sommes colossales si l’on peut avoir accès à un système qui permet d’échapper à toutes les contraintes physiques avec tout simplement quelques abonnements sur des plateformes en ligne et s’épargner au passage énormément de soucis ?
Pourtant même si ces dernières années, de très grosses enseignes ont été éclipsées du marché – probablement parce qu’elle n’ont pas su s’adapter à leur temps et étaient avant tout déterminées à conserver une méthode de travail inadaptée par rapport à une révolution numérique que personne ne voyait arriver – certaines restent encore dans la course, même si les moyens employés pour essayer de se renouveler datent d’une époque désormais révolue…
La révolution Barnes & Nobles !
Dans le monde francophone, peux connaissent le nom de Barnes & Nobles, cette enseigne de librairies géantes semblables à ces supermarchés du livre qui ont subi les ravages de l’ère numérique (Borders notamment en 2011). Mais il semble que celle-ci tient bon la route. Mais même si cette survie est « intéressante » et démontre une transition possible entre le XX° et le XXI° siècle, les moyens employés restent ceux d’autrefois :
Barnes & Nobles emploie effectivement des méthodes qui consistent à privilégier des auteurs locaux, de donner plus d’autonomie aux responsables des stations de vente, d’organiser des séances de présentation avec des auteurs et n’oublions pas non plus les cafés ou les restaurants qui y sont déployés. Et c’est sans ajouter la création de communautés de lecteurs ou bien encore l’intégration timide des produits numériques littéraires.
Néanmoins on peut vendre un café ou une bière, mais cela ne veut pas dire pour autant que l’on va vendre un livre, d’autant plus que celui-ci peut-être lu sur place en buvant ce même café.
Tout ceci ne nous écarte guère des scènes presque mythiques de « Vous avez un message » (1998) avec Meg Ryan et Tom Hanks !
A l’époque, nous étions à peine dans les débuts d’Internet et il est vrai qu’il aurait été difficile d’imaginer ce que le monde deviendrait à peine dix ans après. L’exemple de Barnes & Nobles nous rappelle néanmoins qu’il est possible de s’adapter à de nouvelles situations, mais la question est de savoir combien de temps cette adaptation va durer sans réfléchir très clairement aux nouvelles possibilités qu’offrira le futur ?
Le livre est un livre, mais n’est jamais rien d’autre qu’un livre !
Sans vouloir remonter trop loin dans le temps, nous nous arrêterons ici aux manuscrits des moines copistes du Moyen-Âge jusqu’à l’invention de l’imprimerie par Johannes Gutenberg :
Beaucoup de choses ont changé certes, mais le livre – quoi qu’une créativité extraordinaire aie pu émerger de ce magnifique support pour les écrivains, les créateurs et les chercheurs – reste toujours jusqu’ici un format imprimé sur papier et ce format n’a guère évolué avec le temps. Mais ceci était valable jusqu’à l’apparition des magazines, des bandes dessinées et des romans bon marché Pulp, et surtout des liseuses électroniques qui ont rendu un accès au livre traditionnel beaucoup plus démocratique, mais surtout accessible à beaucoup en quelques minutes seulement. Ce qui consistait autrefois à dissocier les bibliothèques destinées à la lecture, les théâtres pour assister à des représentations, les musées pour contempler le passé, les universités pour apprendre ou bien encore les cinémas pour regarder des histoires, incite à se demander si cela a encore du sens aujourd’hui ?
Si Barnes & Nobles tente de se renouveler avec des méthodes du passé, il y a très peu de chances que son modèle survive, à moins de faire preuve d’imagination et de développer des systèmes qui puissent faire en sorte qu’un livre devienne beaucoup plus qu’un simple livre et cela exige avant tout de devenir un lieu culturel à la place d’un simple point de vente :
Posons-nous la question de savoir ce qu’il se passerait si une librairie devenait un lieu où les grands créateurs de rêves de l’histoire pouvaient revenir “parler” aux vivants ?
Le livre pourrait peut-être alors être considéré comme une porte qui donne accès à un savoir universel.
Imaginons une librairie en 2035 :
Plus de conférence classique car la place est réservée à un Victor Hugo qui nous parle d’une démocratie moderne dans laquelle il n’a pas forcément vécu. Un Jules Vernes qui nous parlerait des voyages vers la planète Mars. D’un Léonard de Vinci qui analyse les robots humanoïdes ou encore d’un Winston Churchill qui débat de la géopolitique du XXI° siècle ?
Nous nous retrouverions alors dans un contexte dans lequel les morts seraient capables d’interagir avec les vivants et de parler de phénomènes de société qui séparent les deux parties de plusieurs époques différentes. Chaque ouvrage deviendrait alors un point d’entrée vers un univers vivant. Prenons par exemple le cas de « Les Misérables » :
Imaginons qu’au-delà du fait de simplement acheter l’œuvre, plusieurs expériences seraient proposées. Par exemple, en assistant à une conférence de Victor Hugo, on pourrait aussi visiter Paris, dialoguer avec les personnages de son roman, analyser sa genèse ou encore assister à un représentation théâtrale fidèle à son époque ?
Devenir un centre où une civilisation vient chercher du sens, apprendre, transmettre et rêver.
Imaginons un moment où les librairies du futur pourraient devenir l’endroit par excellence où l’on viendrait transmettre, apprendre ou rêver comme ce fut le cas au Moyen-Age avec les cathédrales ?
Allons plus loin que la simple idée du livre qui se résumerait à une édition sur papier ou sur un format numérique et essayons d’imaginer ce que pourrait devenir cet écrit en y ajoutant une sorte de quatrième dimension (ou une version 2.0 pour utiliser un terme plus adéquat à notre époque) :
Il pourrait donner naissance à des conférences impossibles comme par exemple assister à une séance dans laquelle Napoléon Bonaparte s’explique sur sa manière de travailler un leadership. Allons plus loin encore car il serait possible de voir Albert Einstein s’exprimer sur l’Intelligence Artificielle, voire même d’imaginer ce qu’elle deviendrait si l’informatique quantique pouvait collaborer directement avec elle. Et si dans un univers dans lequel la connaissance se généralise, pourquoi ne pas imaginer que ces évènements deviennent aussi importants que des concerts de Coldplay diffusés dans toutes les librairies et pourquoi pas même sous traitées dans des salles de cinéma ou de spectacle ?
Mieux encore, imaginez un débat entre Victor Hugo et Louis Napoléon Bonaparte, son ennemi juré, entre Einstein et Nikola Tesla, entre Aristote et René Descartes ?
Les possibilités de développements de produits et de services qui tournent autour du livre sont absolument hallucinantes et parmi lesquelles nous pourrions envisager des voyages historiques immersifs, des écoles qui verraient ces grands maîtres nous enseigner ce qu’ils savent, mais aussi ce qu’il pourrait se passer dans le futur. Imaginez ce que serait un aménagement d’espace que des écrivains contemporains utiliseraient pour partager leur savoir avec ces illustres personnages qui ont fait l’histoire ?
Quoiqu’il en soit, le modèle de Barnes & Nobles peut survivre peut-être à moyen terme, si tout va bien, mais le sera- t-il encore à long terme lorsque les prochaines révolutions technologiques à venir vont dominer le monde ?
Avoir des robots Optimus qui vous conseillent sur le choix d’un livre est une chose, mais qu’en sera-t-il quand ce robot sera connecté à une fusion entre l’IA et l’informatique quantique ?
Il est donc nécessaire de se renouveler et de rompre impérativement avec nos vieilles habitudes et celui qui ne le fera pas devra faire face à une cruelle réalité !
C’était bien ?
Bon…
Mais ce n’est pas tout, car une époque formidable c’est aussi un site Web et des centaines de réflexions qui traitent des problématiques de notre monde et c’est aussi…
Un bureau de rédaction, d’illustration et un service de sponsoring !
Ah oui, au fait, nous sommes aussi sur Facebook, Twitter, Instagram, YouTube et nous avons aussi un groupe sur Facebook sur lequel nous pouvons discuter de toutes les problématiques qui se posent à nous, donc on vous y attend car nous avons besoin de vous !




