Vous l’aurez probablement remarqué, les illustrations qui figurent au-dessus des articles que nous publions s’inspirent très largement d’un style « Pulp Fiction », qui va puiser ses sources dans les premières années du vingtième siècle ?
Celles-ci sont inspirées d’une époque où, dans l’entre deux guerres, certains cherchent à traduire un monde plongé entre un malaise qui avait secoué plusieurs années de craintes (et de terreur) et d’autres qui cherchaient à illustrer le futur d’une manière beaucoup plus optimiste.
Pourquoi pas une vision positive du futur !
« Nous (1921) », « Le Meilleur des Mondes (1932) », « 1984 (1949)», « Fahrenheit 451 (1953) », « La Servante écarlate (1985) » et bien d’autres encore pour ne citer que les romans car nous ne nous attarderons pas ici sur le cinéma. Ces derniers expriment en réalité une version très pessimiste d’un monde qui se situe soit dans l’entre deux guerres, soit dans une période de guerre froide. Donc dans des époques dans lesquelles une forme d’instabilité faisait partie du quotidien de tout un chacun. Hors, il est frappant de constater que chaque époque produit sa propre vision du futur, souvent en réaction aux angoisses de son temps. Si Le Meilleur des mondes d’Aldous Huxley et 1984 de George Orwell sont les deux références les plus célèbres (et ils sont en permanence cités en référence), ils s’inscrivent dans une tradition beaucoup plus vaste de romans et de films qui imaginent des sociétés futures, utopiques ou dystopiques.
D’un autre côté, il est difficile de croire que Walter Hunt (créateur du fusil à répétition Winchester), Samuel Colt, Alfred Nobel ou bien encore Robert Oppenheimer aient envisagé les risques que leurs inventions et recherches ont générées par la suite. Bien au contraire, ils envisageaient celles-ci comme une avancée cruciale pour le monde. N’oublions pas que Hunt et Colt avaient évolué dans des environnements hostiles dans lesquels la vie était rude et qu’il fallait se protéger de tous les dangers qui pourraient arriver au quotidien. Alfred Nobel voyait quant à lui une utilité industrielle à la dynamite en pleine période de révolution industrielle. Et quant à Oppenheimer, il était probablement loin de se douter que l’atome serait un jour utilisé pour déstabiliser l’ordre mondial…
Un Design Industriel prometteur entre les deux guerres et une révolution industrielle en marche !
L’Utopie est une chose, qu’elle veuille voire le futur de manière pessimiste ou optimiste, et nous venons d’aborder ici deux points de vue bien particuliers :
Les premiers concernés se situent dans une sphère où le contexte et l’histoire vécue engagent à envisager le futur de manière sombre et personne ne peut bien évidemment – vu le contexte de l’époque – les blâmer pour cela. Les seconds quant à eux croyaient en l’avenir en envisageant celui-ci comme quelque chose de très positif en profitant des effets économiques de deux révolutions industrielles et qu’ils pourraient mettre en œuvre ce qu’il croyaient bon de faire pour le monde entier.
Dans les grandes lignes, chacun croyait faire bien et les écrivains dont nous avons parlé ci-dessus nous mettaient en garde – et c’est toujours le cas en 2026, puisqu’ils sont toujours aujourd’hui des références littéraires – sur ce que pourrait devenir la société dans le futur.
Deux points les rapprochent cependant…
Non seulement, il mettaient en avant les points faibles des sociétés qui étaient en train de naître, mais de plus ils possédaient en commun une technologie naissante pour s’exprimer. Avec des mots certes, mais leurs travaux consistaient à mettre en garde le monde par rapport à ce qui pourrait éventuellement se passer plus tard. Et c’est ici que l’on en vient à une troisième approche que l’on a appelé depuis, le « Design Industriel » !
Une lueur d’espoir ?
Dans les deux cas précédents, les civilisations ne sont pas abordées dans un sens positif, mais dans le cas du Design Industriel, des Bandes dessinées ou de magazines à partir des années 1930, cette vision est très clairement détournée vers quelque chose de beaucoup plus positif. Et c’est logique puisqu’il faut vendre avant tout de nouveaux concepts et de nouvelles idées. La technologie est alors détournée et envisagée comme un élément qui peut faire changer l’Univers et non plus seulement comme un avertissement sur les risques possibles que sont susceptibles de vivre les civilisations futures, tout comme c’était le cas auparavant avec des écrivains pragmatistes.
Les couvertures de magazines comme Popular Science, Popular Mechanics ou les affiches de l’exposition universelle de New York en 1939 sont là pour témoigner de la vision des architectes, des designers ou des Ingénieurs de l’époque.
Quant à Huxley, Orwell ou Zamiatin, ils ne présentent pas seulement une invention isolée, ils reconstruisent les institutions, l’économie, l’éducation, la famille, les transports, la culture et même la psychologie de leurs sociétés. Là où ces auteurs imaginaient des dystopies pour mettre en garde leurs contemporains, afin d’explorer les architectures possibles des civilisations futures, on passe alors de la science-fiction (comme avertissement) à une forme de prospective civilisationnelle, qui constitue un angle éditorial beaucoup plus rare aujourd’hui.
Et nous voici de retour, une fois de plus, à la vision d’Elon Musk :
Là où beaucoup d’entreprises conçoivent le futur avec des codes hérités de l’électronique grand public (écrans, LED, transparence), Tesla semble renouer avec l’optimisme du Streamline Moderne :
Des grandes formes continues, métalliques, silencieuses et souvent intemporelles…
Cette esthétique naît pendant la Grande Dépression, lorsque des designers comme Raymond Loewy, Norman Bel Geddes, Henry Dreyfuss ou encore Walter Teague cherchent à convaincre le public qu’un avenir meilleur est encore possible grâce au design et à la technologie.
Il est d’ailleurs étonnant de constater que Musk réactive presque inconsciemment un langage visuel qui était devenu marginal après les années 1950 avec son Robovan. Pour ceux qui ne le savent pas encore, il s’agit d’une navette autonome, aux formes qui rappellent étrangement ce Design Industriel si cher aux années 1930. Celle-ci pourrait accueillir une vingtaine de personnes et pourrait offrir de multiples exploitations comme par exemple servir de Food Truck ou encore de plateformes de services aux personnes à domicile.
Mieux encore, le Robovan ne ressemble pas au futur imaginé dans les années 2000. Il ressemble au futur imaginé entre 1935 et 1940 et la question est désormais de savoir pourquoi un futur imaginé en 1939 nous paraît-il soudain à nouveau crédible en 2026 ?
C’était bien ?
Bon…
Mais ce n’est pas tout, car une époque formidable c’est aussi un site Web et des centaines de réflexions qui traitent des problématiques de notre monde et c’est aussi…
Un bureau de rédaction, d’illustration et un service de sponsoring !
Ah oui, au fait, nous sommes aussi sur Facebook, Twitter, Instagram, YouTube et nous avons aussi un groupe sur Facebook sur lequel nous pouvons discuter de toutes les problématiques qui se posent à nous, donc on vous y attend car nous avons besoin de vous !




