L’enseignement est depuis longtemps un sujet qui a préoccupé de nombreuses civilisations. Mais il faudra véritablement attendre la seconde révolution industrielle pour qu’il devienne l’un des impératifs majeurs des administrations. Aujourd’hui d’ailleurs les débats politiques sur les budgets alloués au secteur de l’enseignement font encore rage dans les hémicycles. Certains voudraient les réduire et d’autres voudraient les augmenter. D’autres prétendent que l’enseignement ne sert plus véritablement à grand-chose aujourd’hui et qu’il sera de plus en plus obsolète dans le futur…
La petite histoire de l’enseignement
L’enseignement est directement lié au contexte de l’époque dans lequel il est exercé:
Il existe sous différentes formes dans l’histoire et remonte à des dizaines de milliers d’années. Les sociétés préhistoriques par exemple n’avaient d’autres choix – faute d’écriture – que d’enseigner par l’observation et par un apprentissage direct sur le terrain. Les récits pouvaient aussi faire partie de l’éducation mais l’impératif était de survivre là où on habitait.
Il faudra attendre longtemps, jusqu’à l’invention de l’écriture (plus ou moins vers 3000 ans avant Jésus Christ) en Mésopotamie et en Égypte pour pouvoir disposer d’un enseignement dans lequel on puisse apprendre à lire et à écrire, mais celui-ci est alors réservé à un nombre très limité de personnes.
Ce sont les grecs – un peu plus tard – qui vont apporter les premières notions de pédagogie et sortir du carcan qui veut que l’enseignement devienne un élément qui permette de réfléchir sur la société tout en formant des citoyens. Rome va aller encore plus loin en dispensant le droit, la rhétorique, les langues, les mathématiques et l’administration. Former des fonctionnaires compétents devient en effet indispensable pour gouverner un empire très vaste.
Les premières universités apparaissent en Europe au douzième siècle. Elles marquent le début d’une fin annoncée qui voulait que le savoir reste dans les monastères et ne soit réservé qu’aux ecclésiastiques qui sont les seuls à pouvoir lire et écrire. Ceux-ci jugeant à leur guise nécessaire ou pas de communiquer oralement certaines de leurs connaissances au peuple au travers des pratiques religieuses. Mais l’imprimerie va rendre cette connaissance accessible à un public plus large et cela va bien entendu aboutir, au fil des siècles, à un enseignement obligatoire pendant la seconde révolution industrielle. Les usines de plus en plus nombreuses avaient besoin d’une main d’œuvre abondante sachant lire, écrire et qui puisse être capable de respecter des horaires. En gros d’être formé à une certaine forme de discipline…
Et demain ?
Le XX° siècle, après la seconde guerre mondiale, surtout, a donné aux populations occidentales les moyens d’envoyer leurs enfants par dizaines de millions dans les universités en se reposant sur un système qui veut que si on apprend une profession ou une matière académique, on la pratiquera pour toute la vie et que sans un diplôme, il n’y a pas d’accès à l’emploi. Pendant plusieures décennies ce fut le cas, mais vers la fin du siècle les choses commencent à changer car le numérique prend forme et gravit les échelons dans de nombreuses sociétés :
Si ce système est encore partiellement d’actualité aujourd’hui, il mute progressivement en fonction des technologies émergentes qui accélèrent les besoins en connaissances, de manière logique, puisque elles portent en elles des capacités de développements et de mutations rapides et exponentielles. Cela veut dire aussi que ce besoin en connaissance devra suivre le même rythme car une technologie va très vite en remplacer une autre et créer de nouvelles professions. Il faudra alors sortir du modèle instauré par les XIX° et XX°siècles qui était, il faut bien l’admettre, d’une extrême rigidité. Le monde avançait alors vite, mais beaucoup moins vite qu’aujourd’hui. Ce qui amène à l’idée que l’enseignement dans quelques années pourrait devenir un processus dans lequel on reviendrait en permanence :
Partons du principe que nous continuons à penser l’école comme une institution adaptée à une civilisation qui n’existe peut-être déjà plus alors qu’un individu pourrait exercer dans le futur, cinq, dix ou même quinze métiers différents au cours de sa vie. Mais attention, il ne s’agit pas ici de passer d’un emploi à l’autre comme nous pouvons encore le faire aujourd’hui, mais plutôt de changer littéralement de profession car non seulement le contexte professionnel l’exigerait, mais aussi parce que nous serions préparés pour le faire. Notre enseignement ne s’arrêterait donc plus à nos 25 ans, mais il continuerait jusqu’à la fin de nos activités professionnelles.
Le tout est maintenant de savoir à quoi ressembleraient ces lieux d’enseignements qui accueillent tant les enfants que les adultes…
Une académie d’évolution permanente !
Ici, il ne s’agirait peut-être plus d’un lieu physique et bien réel, sauf peut-être pour les plus petits qui ont encore besoin d’un encadrement très précis, mais plutôt d’un compte personnel d’apprentissage permanent. Chaque citoyen disposerait d’un accès illimité à son Académie. Son IA personnelle connaîtrait ses compétences, ses expériences, ses centres d’intérêt, ses difficultés, ses projets et les évolutions de son secteur professionnel. Elle construirait donc un parcours totalement individualisé.
C’est cette même évolution de l’apprentissage avec laquelle les entreprises sélectionneraient les gens les plus aptes à remplir des responsabilités dans de nouvelles professions, mais aussi dans les nouvelles entreprises qui naîtraient.
Dans ce contexte, cette IA accompagnatrice qui connaîtrait parfaitement la personne qu’elle suit pourrait suggérer des propositions comme par exemple: « Les robots agricoles progressent très rapidement. Dans trois ans, ton métier aura probablement changé. Voici les nouvelles compétences que tu devrais commencer à acquérir dès aujourd’hui ». Ou bien encore « Les technologies spatiales créent actuellement une forte demande pour des spécialistes de la logistique orbitale. Ton profil est compatible à 82 %. Souhaites-tu commencer une formation, la durée de celle-ci t’appartient ? »
Nous passerions ici d’une logique de réaction, comme c’est le cas aujourd’hui dans le cadre d’une perte d’emploi ou d’un malaise en exercent un travail que l’on voudrait bien quitter, à une logique d’anticipation qui consisterait en une analyse en temps réel de la société et de ses facteurs économiques. Mais pour cela il faudrait que l’apprentissage soit beaucoup plus immersif.
Avant de changer de profession, chacun devrait vivre plusieurs semaines dans son futur métier grâce à la réalité virtuelle et augmentée, à des jumeaux numériques et à des IA jouant le rôle de collègues ou de clients. La personne qui se forme à son futur métier vivrait virtuellement plusieurs projets. On pourrait même aller plus loin en imaginant des espaces qui pourraient simuler l’emploi dans un lieu de travail futur précis et dans ce cas il faudrait que l’employeur recrute bien à l’avance.
Nous irons plus loin dans nos recherches sur le développement de cette nouvelle forme d’Académie, mais n’oublions pas cependant qu’une nation capable de former un million de personnes aux technologies émergentes disposerait d’un avantage considérable sur celles qui resteraient prisonnières d’un système éducatif conçu pour un monde plus stable mais désuet.
C’était bien ?
Bon…
Mais ce n’est pas tout, car une époque formidable c’est aussi un site Web et des centaines de réflexions qui traitent des problématiques de notre monde et c’est aussi…
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