Que devient un monde où les idées des grands personnages qui ont construit l’histoire peuvent côtoyer les esprits humains (bien après leur mort) ?

Et si nous imaginions un monde dans lequel il nous serait possible de prolonger les pensées des hommes qui ont ont fait l’histoire, non pas seulement par la communication d’un savoir et d’un maintien de plusieures oeuvres qui ont parfois été réalisées plusieurs siècles auparavant, mais plutôt de partager leur pensée au travers de leurs oeuvres en nous projetant dans ce qui nous attend dans le futur ?

Il ne s’agit pas ici d’analyser un livre qui a été écrit il y a 2000 ans, mais plutôt de continuer à réfléchir sur une réflexion qui a construit le monde dans lequel nous vivons et probablement dans lequel nos enfants vivront demain…

Changement d’objectif ?

Cela fait maintenant des siècles que le savoir se communique, mais une fois une personne disparue, ce dernier ne peut plus du tout être partagé. Qu’en serait t-il alors de ce monde si nous arrivions à communiquer avec ces illustres personnes disparues pour prolonger leur savoir ?

Bien entendu, les philosophes d’aujourd’hui prolongent les pensées des Grecs qui  habitaient notre chère mère méditerranée il y a 2.500 ans. Bien entendu Freud est toujours vénéré par les psychologues et les psychiatres du monde entier aujourd’hui et on peut même dire que ce suivi est aveugle puisqu’il ne repose que sur la pensée d’un seul homme (siégeant tout en haut d’une pyramide) qui finalement n’avait aucune idée de ce que pourraient être les pathologies mentales créées par l’ère numérique…

Plus largement, le savoir s’est toujours transmis au travers de l’écrit et même parfois au travers de l’œuvre d’Art et de la photographie, qui ont à toutes époques été les véritables témoins de leur temps. Cependant les règles n’ont pas changé et il nous est toujours impossible aujourd’hui de communiquer directement avec Pablo Picasso et de partager une réflexion sur ce que son œuvre pourrait devenir en 2040. Comprenez par là qu’aujourd’hui, de nombreuses opportunités nous sont offertes pour en arriver à ce stade. Il ne s’agit plus alors de continuer à réfléchir sur notre destinée après la disparition de quelqu’un mais de changer littéralement la notion d’héritage. Nous avons donc affaire ici à un véritable phénomène civilisationnel qui pourrait très clairement changer la notion que nous pouvons avoir de ce dernier !

La disparition du créateur !

Pendant des siècles le monde était confronté à une réalité dans laquelle le créateur disparaissait après sa mort. Pire encore, sa mémoire disparaissait avec lui au fil du temps et pouvait même être manipulée par des entités qui pouvaient retourner certaines situations à leur avantage. Aussi le personnage historique que fut Jésus de Nazareth – bien que certains faits ont été réels – fût très loin de ce que les Églises chrétiennes en ont fait.

La réalité vécue à une certaine époque est dans la plupart des cas et plus particulièrement dans ce cas précis, assez différente de la perception que nous pouvons en avoir aujourd’hui. Le temps et les perceptions humaines sont donc des éléments qui peuvent modifier radicalement les pensées et les vécus de ceux dont nous avons hérité.

Qu’en est t-il maintenant ?

Les choses sont bien entendu différentes puisqu’elles consistent désormais à faire parler les morts dans le même langage – toutes traductions tant linguistiques que temporelles gardées – qu’ils ont eux-même connus: 

Nous possédons des moyens technologiques qui peuvent nous amener à prolonger le travail de nos prédécesseurs à partir du moment où nous prenons conscience que ces derniers vivaient dans d’autres époques avec des règles de vie et souvent de survie très différentes des nôtres. En d’autres termes nous sommes les héritiers de la mémoire du passé, mais nous ne pouvions jusqu’ici interagir avec elle. Cependant ces dernières années, les choses ont considérablement changées. Nous sommes en train de passer d’une civilisation de la mémoire à une civilisation de la conversation et ce n’est pas rien puisque nous parlons d’une rupture complète avec des règles que l’espèce humaine connaissait depuis plusieurs siècles !

Des professeurs intemporels ?

Partager les pensées de ceux qui nous ont précédés n’est pas non plus une simple affaire, ne serait-ce que parce nous sommes confrontés à un décalage temporel. Techniquement il est possible de temporiser ce décalage, ne serait ce que parce les écrits restent et surtout au travers de ce que l’histoire nous a démontré jusqu’ici. Mais il reste à ce sujet une question absolument primordiale à régler et celle-ci réside dans les personnages concernés :

Voudrions-nous en effet être confronté au personnage d’Emily Dickinson plongé dans un État proche de la démence ou vouloir côtoyer un personnage qui a son charisme intellectuel et qui pourrait interagir avec nous en toute quiétude ?

Quel genre de personnage était Marie Curie et à quoi ressemblerait-elle, traduite au travers des documents que nous possédons aujourd’hui ?  

Serait-elle glaciale, extrêmement rude tout en sachant que des femmes qui réussissent aussi bien à son époque devaient tapper du coude plus que les hommes ne le faisaient ?

Dialoguer avec des personnes disparues, aussi illustres qu’elles soient, n’est pas une chose facile. Mais cela mérite néanmoins un moment de réflexion, ne serait-ce que par le fait – une fois encore – que notre monde actuel et forcément futur s’est bâti sur celui de ces derniers. D’autant plus que celui qui nous attend dans les 20 prochaines années sera, sous un angle civilisationnel, très largement différent du nôtre. 

Enfin, il nous appartient de faire la différence entre ceux qui ne ce sont pas trompés dans leurs recherches et dans leurs parcours et ceux qui ont fait des erreurs parfois monumentales et il faut faire preuve ici aussi impérativement de discernement :

Imaginez le cas d’un professeur d’extrême gauche demandant en salle de cours, une intervention de Fidel Castro, de Staline ou de Pol Pot ?

D’un point de vue de perception universitaire – pour une jeunesse encore très malléable intellectuellement – les conséquences pourraient être absolument catastrophiques…

Nous ne sommes plus vraiment éloignés du moment où nous allons faire revivre les morts et partager avec eux leurs pensées et pourquoi pas les prolonger. Mais comme tout phénomène civilisationnel émergeant, les choses ne seront pas du tout facile à mettre en place et bien entendu, il nous faudra le temps pour nous y adapter. 

En guise de conclusion temporaire, nous devons admettre que nous continuons de vivre une époque formidable, mais elle comporte aussi de très grands risques. A nous donc d’assumer les responsabilités qui nous sont confiées ! 

Sébastien Colson 

C’était bien ?

Bon…

Mais ce n’est pas tout, car une époque formidable c’est aussi un site Web et des centaines de réflexions qui traitent des problématiques de notre monde et c’est aussi…

Un bureau de rédaction, d’illustration et un service de sponsoring !

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