Les Etats-Unis pourraient-ils inventer la sécurité sociale du futur ?

Il est de coutume en Europe de dire que les Etats-Unis sont complètement démunis de sécurité sociale, mais toute personne qui y a vécu peut confirmer le contraire. Il est en effet injuste de le prétendre car l’espérance de vie américaine se rapproche très fort de celle que l’on a dans l’Union Européenne. Il faut de plus que les systèmes sont très différents :

Tout écart(s) de l’administration Trump mis à part, les Etats-Unis ont toujours misé sur un système privé pour la plus grande majorité de la population américaine. L’autre (les plus défavorisés) pouvant jusqu’ici bénéficier d’une intervention étatique pour les aider à survivre.

Certes le coût d’une assurance santé y est relativement élevé (cela varie en fonction des États et du type d’assurance) mais ne serait-ce pas une bonne raison pour que les choses changent, d’autant plus que les Medtech, qui comprennent aussi les GAFAM, sont légion dans la Silicon Valley et dans les pôles technologiques répartis dans toute l’Amérique du Nord ?

À quoi ressemblera un système de protection sociale dans une civilisation où l’intelligence artificielle, la robotique et la médecine prédictive auront profondément modifié notre manière de vivre ?

Des fleurons de la recherche médicale surgissent un peu partout et pour cause, la santé est un domaine qui concerne le monde entier puisqu’elle nous relie en permanence au risque de mourir. Une chose qui, par de tout temps, a effrayé chaque individu qui a vécu sur cette planète. Néanmoins, il faut avouer que la médecine est contraignante, très peu fiable ou parfois très coûteuse, même si certains Etats du monde la finance en grande partie. C’est précisément là que les États-Unis pourraient devenir un laboratoire mondial, car non seulement les soins de santé y coûtent chers, à la fois à ceux qui n’ont pas accès à une bonne assurance, mais aussi à ceux qui doivent payer une assurance pour toute la famille à la fin de chaque mois. D’autant plus que les technologies qui sont développées sur le territoire américain sont nombreuses et que les moyens technologiques pour faire avancer la médecine y sont très développés. A cela, il faut aussi ajouter un respect pour l’humain (sauf dérives de l’administration actuelle) qui est très cher à la culture occidentale. 

Bref tous les éléments sont rassemblés pour que les américains soient les premiers à mettre en place des technologies de rupture qui pourraient nous émanciper des systèmes médicaux traditionnels !

Aujourd’hui, l’Europe raisonne encore très largement en termes de redistribution et c’est peut-être une grave erreur. Les États-Unis, eux, raisonnent souvent en termes d’innovation(s) et cette différence culturelle peut conduire à deux visions très différentes de la protection sociale.

Plusieurs pistes possibles !

Que l’on mise sur la redistribution ou qu’il s’agisse davantage d’innovation, l’avenir nous dira probablement quel est le système qui fonctionne le mieux sur le long terme. Mais beaucoup s’accordent à dire que la prévention est une piste très sérieuse pour préparer la médecine de l’avenir. D’autant plus que les moyens technologiques dont nous disposons aujourd’hui pourraient bien constituer une bonne base de départ pour le futur. La plupart des systèmes européens interviennent aujourd’hui lorsque la maladie apparaît. Mais essayons cependant d’imaginer un système de sécurité sociale américain en 2040 :

Votre montre connectée, vos vêtements ou vos miroirs intelligents, votre domicile et votre IA médicale analysent votre état de santé en permanence…

Cela veut dire qu’avant même que le diabète, un cancer ou une maladie cardiovasculaire ne se déclarent, le système détecte les premiers signaux. L’assurance médicale ne rembourserait plus dans ce cas uniquement les soins, mais elle financerait aussi les moyens d’éviter la maladie.

Une autre piste consisterait aussi à adapter une cotisation au comportement de chaque individu. Certains n’en n’ont peut-être pas entendu parler, mais Tesla a été un précurseur en la matière en adaptant les assurances que la firme proposait en récoltant les données provenant de véhicules par rapport à la conduite du propriétaire de celui-ci. Cela pourrait en être de même avec une assurance médicale personnalisée par une IA qui connaîtrait votre génétique, vos habitudes alimentaires, votre activité physique, la qualité de vos heures de sommeil, ou encore votre degré d’ anxiété, d’angoisse ou de stress…

D’autres pistes pourraient exister mais sans résoudre véritablement les problèmes de santé !

L’IA est très prometteuse et elle pourrait par exemple être spécialisée dans certaines maladies (un peu comme Watson, d’IBM pour la détection des tumeurs et des cancers). Les services de santé pourraient ainsi rémunérer via des primes les bons comportements, mais ne serait-ce pas dans ce cas une voie vers un contrôle accru des attitudes individuelles ?

On sait d’autre part que la robotique va très bientôt jouer un rôle important dans l’assistance aux personnes malades ou âgées, soit dans les domiciles pour particuliers soit dans les espaces consacrés aux soins de santé, mais une fois de plus cela ne résout aucunement l’éradication de la maladie ou du risque potentiel de la contracter. C’est ici que nous en revenons aux Etats-Unis qui possèdent plusieurs cartes dans les mains :

Ils concentrent d’une part une grande partie des entreprises mondiales de l’IA. Ensuite, ils disposent d’un immense secteur privé capable d’expérimenter rapidement. Les investissements en capital-risque y sont très élevés et enfin leurs géants technologiques (Apple, Google, Microsoft, Amazon, NVIDIA…) développent déjà les briques nécessaires comme par exemple les Intelligences Artificielles, bien entendu, mais aussi les capteurs, le cloud, les objets connectés et les analyses de données. Et c’est principalement là qu’il faut chercher la solution ultime :

Même si beaucoup d’entre elles sont très avancées en matière de recherche médicale, nous sommes encore très loin d’une pilule miracle qui pourrait prévenir de toutes les maladies car celles-ci sont très nombreuses. Néanmoins le concept reste intéressant car cette même pilule pourrait en ne coûtant presque rien (par rapport à un traitement peu fiable qui coûte encore aujourd’hui des centaines de milliers de dollars), prémunir chaque individu sur le long terme et c’est dans la recherche spatiale qu’il faudra probablement aller chercher les solutions, tout simplement parce que c’est là que la nécessité est la plus forte. Après tout, nous avons hérité de l’ordinateur personnel, du panneau solaire et du GPS qui ont été développés pour conquérir l’espace. Pourquoi n’hériterions nous pas demain de cette petite pilule qui nous prémunira de toutes les maladies ?

Rappelons-nous que dans l’espace, les contraintes sont énormes et moins on occupe de place, plus on a des chances de survie et le mot de la fin revient bien évidemment à la NASA, à Jeff Bezos et surtout à Elon Musk qui se retrouvent en première position pour créer ce nouveau type de sécurité sociale…

Sébastien Colson 

C’était bien ?

Bon…

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