Pendant des siècles, l’humanité a vécu dans la rareté. C’est exactement comme cela que Jeremy Rifkin, dans sa « Troisième Révolution Industrielle » l’a appelé à juste titre en la nommant, « L’économie de la pénurie ». Nous avons tous, et nous le vivons toujours à l’heure actuelle, vécu avec des ressources insuffisantes, le plus souvent déterminées par des autorités ou des « oligarques » qui se partageaient ces mêmes ressources qu’ils jugeaient bon d’exploiter en fonction de ce qui pourrait constituer leurs propres fortunes au détriment de la prospérité des populations.
A cela est venue s’ajouter la politique qui consistait à répartir celles-ci de manière plus ou moins égale, ce qui a, au passage, crée une forte frustration au sein même des populations et puis la suite, nous la connaissons, le monde s’est construit comme tel qu’il est aujourd’hui !
Les premiers pas vers l’abondance, malgré tout ?
Prétendre que nous serions les premiers dans l’histoire à approcher de l’abondance absolue serait à la fois juste ou plutôt ne le serait pas véritablement complètement :
Les conditions de vie au XIX° siècle se sont améliorées par rapport aux générations précédentes. Il en fut d’ailleurs de même pendant le siècle suivant, mais n’était-ce pas juste une illusion alimentée par une comparaison par rapport aux nombreux avantages contemporains qu’apportent les nouvelles techniques industrielles et plus tard encore les nouvelles technologies ?
C’est un fait certain, une grande majorité de part le monde – et cela n’exclut pas les pays en voie de développement – bénéficient aujourd’hui de facilités technologiques, très largement au dessus de ce qu’elles auraient pû imaginer à peine soixante ans plus tôt (l’avènement des smartphones en est peut-être le meilleur exemple). Mais bien que nous devons traverser des crises importantes, il faut admettre que l’énergie devient malgré tout de plus en plus abordable (sauf peut-être en ce moment), que l’accès à la connaissance se démocratise enfin, que les Intelligences artificielles réduisent les coûts de production de manière drastique et que toutes ces révolutions bientôt réduiront les coûts physiques. Quant à l’automatisation, elle réduira très vite les coûts de production.
Mais la question la plus importante est de savoir si malgré cette prétendue abondance, nous voulons vivre à toute vitesse dans cette prospérité tant attendue car tout le système dans lequel nous vivons aujourd’hui est conçu sur un projet qui s’est construit et renforcé solidement en fonction du passé…
Prenons le cas des oligarques que nous citions plus haut :
Voyons les choses très clairement en face et faisons en notre Mea culpa car, sans vouloir se voiler la face, nous continuons à entretenir un système qui n’a pas véritablement changé depuis plusieurs siècles. Cependant la meilleure question qu’il est important de se poser est celle qui consisterait à se demander ce que pourrions devenir dans la mesure où nous pourrions nous « débarrasser » ( en conservant des mesures très raisonnables) de ces gens qui font la pluie et le beau temps sur la planète ?
Comment transformer l’abondance technologique en prospérité humaine ?
Le temps est une notion (ainsi qu’une ressource si on arrive du moins à le maîtriser) qui nous dirige en permanence et qui nous épuise à tout les moments de notre vie. Le temps peut être notre plus grand ami, car il nous aide à nous diriger dans notre vie en la régulant, mais il peut aussi devenir un ennemi redoutable lorsqu’il s’agit de le maîtriser et surtout de ne pas se laisser surpasser par lui. En résumé, il nous rappelle en permanence que la première richesse n’est peut-être pas l’argent, mais qu’il est quant à lui, le seul maître à bord. En réalité toute notre vie est basée sur cette même notion que le moines bénédictins ont instaurés au Moyen-Age en inventant l’horloge, car pour rappel, les carionistes, qui étaient supposés informer leur entourage sur les heures de repos et surtout de travail, n’étaient pas véritablement fiables (temporellement parlant bien entendu). Si l’on regarde les choses avec un peu de recul, on s’aperçoit que nous avons construit un monde qui n’est pas encore achevé (et qui ne le sera probablement – logiquement – jamais et nous parlons précisément de notre civilisation occidentale) et qui tourne en permanence autour du temps et de l’argent.
Mais cependant une question demeure :
Pourquoi construisons-nous tout cela ?
Développer des IA sophistiquées, automatiser des usines, produire des robots humanoïdes, produire de l’énergie de manière abondante ou encore vivre beaucoup plus longtemps, pourquoi construire ce monde là, si ce n’est pas pour améliorer la condition humaine ?
Si la réponse finale est simplement de permettre à des citoyens de continuer à vivre sous pression financière, psychologique et administrative permanente, alors beaucoup finiront par considérer – et c’est déjà le cas aujourd’hui – que le contrat social a échoué.
Si au contraire ce gigantesque chantier dans lequel s’est lancé l’humanité consiste à réduire les coûts du logement, à améliorer le niveau de santé des populations, à diminuer le temps de travail perdu inutilement, à faciliter la mobilité de manière globale et à offrir d’avantage de sécurité matérielle, alors les choses en vaudront réellement la peine et les sacrifices qui auront été faits auparavant n’auront pas servis à rien.
Comment faire en sorte que chaque progrès technologique améliore réellement la vie quotidienne d’un être humain « ordinaire » ?
Cette question peut trouver une réponse directe et très rapide :
Cherchons là dans la finalité même du progrès !
L’une des grandes fragilités des démocraties contemporaines est qu’elles ont remporté d’immenses victoires historiques sur les libertés individuelles, sur les protections sociales, sur la santé, sur l’éducation, sur les droits civiques, mais elles peinent encore à convaincre les citoyens que leur vie quotidienne s’améliore réellement. La défiance politique, l’abstention et la montée des mouvements protestataires et populistes sont souvent interprétées comme les symptômes de ce décalage.
De nombreuses civilisations dans l’histoire ne se sont jamais souciées de la finalité même du progrès, a commencer par l’empire Romain qui malgré ses belles routes fut un véritable désastre sur le plan humain. Les empires Français, Britanniques, Espagnols, Portugais et Belges se sont résumés à la même chose bien que affichant au monde entier leurs puissances économiques. Quant à l’Union Soviétiques les règnes de ses dirigeants se résument à des famines, des déportations, des exécutions et des emprisonnements de masse, malgré le fait qu’ils étaient capables d’envoyer des hommes dans l’espace.
Internet (une nouvelle forme de colonisation, plus intime cette fois) représente plutôt un certain espoir mais n’est pas non plus à l’abris de nombreuses failles possibles :
Les actes de criminalité en ligne se comptent désormais par millions, les maladies mentales telles que celles liées à l’addiction ou la la dépression sont devenues chroniques et les dictatures en ont profités au passage pour accroître la surveillance et leur emprise sur les populations et sur les entreprises (y compris extérieures à leurs propres frontières)…
Nous vivons un moment de l’histoire de l’humanité absolument exceptionnel !
Jamais nos ancêtres n’ont connu cela et il nous appartient de prendre cette chance avec beaucoup de responsabilité en se posant ces questions existentielles :
Une civilisation avancée devrait-elle permettre aux individus de travailler moins ou de travailler mieux ? Devrait-elle permettre de vivre plus longtemps ou de vivre en meilleure santé ? Pourquoi les sociétés les plus riches de l’histoire ont-elles encore autant de difficultés à loger leurs populations ? Pourquoi faut-il encore vingt ans pour former un adulte alors que l’accès à la connaissance n’a jamais été aussi simple ?
Mais la question la plus importante est encore celle qui consiste à se demander si les machines produisent une énergie abondante, quel rôle l’être humain va-t-il encore y jouer et rappelons-nous que la technologie n’est ni un problème, ni une véritable solution mais est avant tout un carrefour qui va nous guider vers de meilleurs chemins ?
N’oublions pas cette notion indispensable à notre maintien :
Une civilisation n’est pas jugée par sa puissance, mais par ce qu’elle permet à un être humain ordinaire de devenir quelqu’un de bien !
C’était bien ?
Bon…
Mais ce n’est pas tout, car une époque formidable c’est aussi un site Web et des centaines de réflexions qui traitent des problématiques de notre monde et c’est aussi…
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