L’Eau : Une des plus grosses problématiques du XXI°siècle !

L’approvisionnement d’eau a toujours représenté un défi pour toutes les civilisations :

Dans la Rome Antique, des architectes ont imaginé de gigantesques aqueducs (au regard des moyens techniques de l’époque) et les ont mis en place pour approvisionner l’eau vers les villes les plus importantes. C’est pour dire l’importance que l’eau représentait pour l’Empire. Que dire alors des civilisations qui ont précédé cette période faste de l’histoire alors qu’elles vivaient dans des régions extrêmement arides ?  

Les siècles ont passé et l’eau a parfois créé des épidémies, parfois été maîtrisée en termes sanitaire et même a été détournée de ses propres lois naturelles pour créer de l’énergie et pour servir l’économie…

Des enjeux géopolitiques à répétition ?

L’eau provoque rarement une guerre à elle seule (tout comme la plupart des ressources naturelles), mais elle devient très facilement un multiplicateur de tensions lorsqu’elle se superpose à des rivalités territoriales, politiques, agricoles ou énergétiques. Aujourd’hui encore, 60 % des flux mondiaux d’eau douce sont transfrontaliers et 153 pays partagent au moins un bassin avec un voisin. 

Pour s’en rendre compte, il n’est pas forcément nécessaire de remonter très loin dans l’histoire, puisque dans les années 1950-1960, Israël développe son « National Water Carrier », destiné notamment à transférer l’eau du lac de Tibériade vers les régions plus sèches du pays. En réaction, plusieurs États arabes envisagent de détourner certains affluents du Jourdain. Les tensions deviennent donc forcément militaires au milieu des années 1960, avec des affrontements autour des installations hydrauliques. A la même époque, la rivière du Zambèze est détournée pour former le lac Kariba. Ce qui implique des conflits multiculturels qui n’ont pas vraiment eu d’importance directe, mais qui vont créer en revanche des tensions entre les ethnies africaines et la population occidentale (coloniale) sur place. 

A partir de 1967, le contrôle territorial et le contrôle hydraulique deviennent étroitement imbriqués. La situation semble alors se résumer au fait que posséder le territoire situé autour d’une ressource en eau, c’est aussi posséder une partie du pouvoir géopolitique. Mais en plus, le détournement de grandes étendues d’eau est aussi une infrastructure énergétique qui permet la désalinisation de l’eau et de produire de l’électricité aux populations avoisinantes. C’est d’ailleurs le cas de l’opposition entre l’Egypte et l’Ethiopie. Pour cette dernière, le barrage signifie électricité, développement et souveraineté. Pour l’Égypte, extrêmement dépendante du Nil, la question relève de la sécurité nationale. 

On pourrait citer d’autres cas comme ceux de la Turquie, de l’Inde ou du Pakistan, de la Mer d’Aral. Des tensions qui opposent l’Afghanistan et l’Iran par rapport au fleuve Helmand ou bien encore celles qui opposent la Chine et l’Asie du Sud-Est pour le delta du Mekong. 

Autrement dit, l’équation géopolitique est remarquable dans tous ces cas de figure : 

L’eau est indispensable en tant que telle, mais elle devient aussi une source d’énergie et elle est aussi indispensable à l’agriculture, donc à l’alimentation et maintient par conséquent une stabilité politique d’un ou de plusieurs pays.

Les cinq âges géopolitiques de l’eau :

Entre l’Antiquité et le XIX° siècle, le principal défi consistait à contrôler les sources, les puits, les oasis et les terres irriguées. D’autant plus que nous sommes, dans cette dernière phase, dans l’obligation pour l’industrie de s’équiper de ressources aquatiques pour produire les machines, les entretenir et les développer pour être plus performantes dans la production. Ensuite il a fallu construire des canaux pour acheminer les marchandises par bateau et inaugurer l’ère des grands systèmes d’irrigation. C’était aussi l’ère qui marquait le glas de ces milliers de livreurs d’eau qui peuplaient les villes du monde entier (25.000 pour Paris).

A partir du début du XX°siècle la demande industrielle, toujours croissante, a entraîné la nécessité de construire des barrages afin de produire de l’électricité pour des populations qui devenaient de plus en plus gourmandes en besoins énergétiques.

Le XXI°siècle consistera probablement quant à lui à contrôler tous les bassins transfrontalier, mais l’après 2030 démontrera forcément aussi que contrôler l’eau sera la garantie de maintenir une civilisation toute entière ou de détruire celles qui entrent directement en concurrence :

Nous en avons aujourd’hui la preuve avec les cyber-attaques multiples déployées par différents pays hostiles à l’Occident. N’oublions pas que même si le taux de natalité à tendance à stagner, l’urbanisation progresse, le changement climatique modifie les précipitations et l’agriculture reste de très loin le premier utilisateur d’eau douce et touche environ 72 % des prélèvements mondiaux. 

En bref, il s’agit maintenant de se poser la question de qui possède les infrastructures capables de garantir une véritable distribution d’eau potable ?

Barrages, réseaux intelligents, usines de dessalement, recyclage intégral des eaux usées, aqueducs, stockage, capteurs, prévision climatique par IA, agriculture à faible consommation, gestion des nappes phréatiques… Toutes ces infrastructures seront décisives dans l’avenir. 

En bref, le réseau hydraulique intelligent pourrait devenir l’une des infrastructures stratégiques déterminantes du XXIe siècle.

Si la distribution d’eau est devenue un tel atout pourquoi ne pas aller beaucoup plus loin ?

Un élément récent rend le sujet particulièrement intéressant : 

Le 22 juillet 2026, les autorités américaines ont publié une nouvelle alerte concernant des acteurs affiliés à l’Iran ayant compromis au moins 75 équipements industriels aux États-Unis, notamment des automates utilisés dans des infrastructures critiques, liées au secteur de l’eau. En tout sept Etats seraient concernés. L’automatisation de tous les systèmes aurait dû être remise en question et les bons vieux systèmes manuels, de la même manière, ont dû être réactivés. Cela nous donne donc deux pistes possibles à explorer :

La première est celle qui consiste à maîtriser toute la chaîne de production et de distribution d’eau et de la rendre invulnérables par rapport à des Etats hostiles (si Etats hostiles, il y aura encore dans le futur).

La seconde concerne directement la question du réchauffement climatique et des conséquences qui lui sont liées directement :

Comme vous pouvez vous en douter, nous parlons bien entendu des incendies de forêts survenus pendant plusieurs étés consécutifs. D’autre part, nous parlons aussi de la montée des eaux des océans qui pourraient générer une vague importante de réfugiés climatiques…

Faites donc le calcul : 

Nous avons d’une part des incendies de forêts catastrophiques pour les écosystèmes naturels. Nous avons ensuite des impératifs de premier plan liés à l’eau et à sa maîtrise. Enfin, nous avons une montée des eaux des océans que nous allons avoir beaucoup de mal à maîtriser dans les prochaines décennies. 

Si on met les trois ensemble, nous en arrivons à la conclusion que l’eau est une ressource essentielle indispensable, mais qu’elle est aussi et avant tout très mal gérée !

Ne serait-il donc pas temps d’envisager de contourner cette montée en puissance des eaux des océans pour détruire en leur cœurs les incendies de forêts ? 

Ne serait-il pas temps d’utiliser cette eau provenant des océans et de multiplier par 1.000 les moyens de produire de l’énergie qui pourrait par la même occasion servir à la désalinisation de l’eau provenant de ceux-ci ?

Sébastien Colson 

C’était bien ?

Bon…

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