On le sait très bien, les fans de Tesla et surtout d’Elon Musk alimentent au quotidien des mythes qui n’ont aucun fondement. Mais autour de ces phantasmes, une certaine réalité se cache toujours derrière ce personnage on ne peut plus particulier.
Il faut cependant différencier les différents éléments qui sont en train de se construire, les potentialités qu’ils apportent, le potentiel créatif des fans de la marque mais aussi les projets futurs de cet homme qui est loin d’être quelqu’un qui se trouve dans la norme.
On sait que Musk habite depuis longtemps dans une Tiny house qui se trouve sur le site de lancement de Boca Chica au Texas, ce pour être plus proche de son travail et pour intervenir le plus vite possible en cas de problème majeur (ou plutôt de ce qu’il estime lui-même d’être d’ordre majeur). On sait aussi qu’il aurait fait construire plusieurs mini maisons pour abriter les ingénieurs qui travaillent pour lui, mais on sait surtout que les technologies développées par l’entreprise sont particulièrement adaptées au développement d’un habitat mobile qui serait compatible aux besoins de tout le monde.
Tout est donc rassemblé pour qu’un Robovan qui mélangerait un habitat mobile et un système de transport public se déploie sur nos routes…
Un véritable programme pour un modèle nomade ?
Ce sujet ouvre une question passionnante à savoir que deviendrait notre manière de vivre si notre logement pouvait lui aussi se déplacer ?
Cependant il faut distinguer le véhicule annoncé par Tesla de la maison mobile que certains imaginent autour de lui. Et nous le savons, de nombreux fantasmes sont alimentés par l’imagination sans bornes par et autour d’Elon Musk.
Présenté en octobre 2024, le Robovan est conçu à la base pour transporter jusqu’à vingt personnes ou des marchandises diverses. Tesla le décrit comme un moyen de transport autonome destiné notamment aux groupes et aux usages collectifs. Il s’agit donc bien d’un projet officiel, mais les sites consultés ne présentent aucunement une version habitable commercialisée. Mais le Robovan existe toutefois comme projet de transport et le transformer en habitat reste une hypothèse. Néanmoins, si la technologie de ce Robovan se développe et que ce véhicule commence à peupler nos routes, rien n’empêcherait le développement d’une maison mobile hyper sophistiquée et dotée d’une connexion internet via le réseau Starlink.
Des publications annonçant un camping-car Tesla à bas prix (il serait de plus ou moins 10.000 $ pour une version de base) ont déjà circulé avec des images apparemment générées par IA, mais sans annonce correspondante de l’entreprise.
Musk a déclaré vivre dans une tiny house de plus ou moins 50 mètres carré près du siège de SpaceX. Des logements d’entreprise et des caravanes accueillant des salariés sont documentés et liés à la Starbase, mais cela ne démontre toutefois pas l’existence d’un programme Tesla de maisons mobiles pour tous. Mais, plusieurs briques permettent d’imaginer un habitat mobile électrique. Il reste maintenant à savoir si Tesla souhaite réellement les réunir.
Une ambition néanmoins visible ?
L’entreprise travaille à la fois sur les véhicules électriques, les batteries et sur l’énergie domestique. Elle documente même une unité mobile associant panneaux photovoltaïques et Powerwall, destinée à fournir de l’énergie à des maisons ou de petites installations sans raccordement au réseau. Cela constitue un socle concret pour une autonomie énergétique, sans prouver qu’un véhicule habitable puisse rouler et fonctionner indéfiniment grâce à son seul toit solaire.
Un véhicule habitable pourrait donc réunir à la fois un espace de repos, un bureau, une cuisine compacte et une gestion intelligente de l’énergie. Sous réserve toutefois d’une conduite autonome réellement fiable et autorisée. Certains déplacements pourraient s’effectuer pendant que ses occupants travaillent ou se reposent, mais il faut à ce moment réfléchir à la révolution que cela représenterait et dans ce cas, malgré les développements technologiques de l’entreprise, Tesla serait confrontée à une problématique qui est la même que son réseau de supercharger pour les voitures. Cela constituerait peut être des pistes très intéressantes pour la conquête spatiale (un thème particulièrement exploré par Musk), mais aussi qui nécessiteraient des investissements colossaux, car développer un réseau capable de réapprovisionner une flotte de véhicules – toujours plus croissante – demanderait des infrastructures importantes qui pourraient aussi, avec un peu de recul, entraîner une nouvelle rupture dans notre manière de vivre.
Nous avons longtemps organisé notre quotidien autour d’un logement fixe :
Partir travailler, revenir et dormir, repartir pour les vacances. Un habitat mobile pourrait donc inverser cette relation. Le logement accompagnerait certains projets professionnels ou certaines étapes de la vie.
Cela pourrait intéresser des travailleurs en mission, des personnes alternant leur travail entre plusieurs régions, des retraités ou des équipes intervenant temporairement sur un territoire. En revanche, l’idée d’un habitat adapté à tout le monde demanderait à être sérieusement discutée parce qu’une famille avec des enfants, une personne dépendante et un travailleur itinérant n’ont ni les mêmes besoins d’espace ni les mêmes attaches.
Et c’est ici que tout prend son sens …
Comme nous l’avons vu plus haut, une maison qui se déplace ne supprime pas le besoin d’un lieu où vivre. Il faut toujours accéder à l’eau, évacuer les eaux usées, entretenir le véhicule, trouver une place et rejoindre des écoles (même si le Covid nous a démontré que l’école à distance était finalement possible), des soins ou des proches. L’autonomie du véhicule déplacerait donc une partie de la dépendance vers les infrastructures d’accueil. Nous entrons donc ici dans une autre dimension dans laquelle la valeur pourrait résider autant dans le réseau de lieux et de services accessibles que dans le véhicule lui-même. Un opérateur pourrait par exemple proposer des logements mobiles, des recharges, des entretiens, des connexions et des emplacements. Nous passerions alors de l’achat d’un van à l’abonnement à une manière de vivre.
Cela ouvre bien entendu une question pratique très forte qui consiste à se demander si le même opérateur organise notre logement, notre mobilité et notre énergie et de savoir quelle liberté conservons-nous pour sortir de son écosystème ?
En réalité, nous en arrivons aux problématiques posées traditionnellement par Tesla et on sait que l’entreprise est une une championne en la matière.
Mais d’autres problèmes se posent car dans ce scénario, certains territoires pourraient perdre des habitants permanents et d’autres gagneraient une population temporaire capable de soutenir les commerces et les services déjà mis en place. Des villes pourraient aussi accueillir ces habitats et adapter leurs quartiers. La mobilité résidentielle pourrait donc produire aussi bien de la dispersion qu’une nouvelle attractivité.
Allons encore plus loin :
Le Robovan pourrait servir le projet de Musk en contribuant à organiser la vie autour des bases spatiales (notamment pour l’exploration de l’environnement autour d’elles), puis éventuellement en inspirant des transports pour une implantation extraterrestre. Mais il faut aussi distinguer les usages plausibles d’un programme réellement annoncé :
Les sources officielles consultées présentent en effet le Robovan comme un transport terrestre autonome de personnes ou de marchandises, sans lui attribuer de mission spatiale.
La motorisation électrique, les batteries, la gestion d’une flotte et certains principes de navigation autonome pourraient nourrir néanmoins le développement de véhicules spécialisés. Mais envoyer le Robovan actuel sur Mars demanderait une transformation majeure.
Un véhicule destiné à en transporter un autre hors d’un habitat devrait notamment disposer d’une cabine pressurisée et de systèmes de survie. D’autant plus qu’il faudrait aussi disposer d’un appareil qui puisse le transporter, ce qui remet très largement les conditions de fabrication au niveau géographique. Il faudrait aussi adapter le véhicule au terrain, aux poussières, aux températures et aux radiations, autant dire autant de contraintes identifiées par la NASA pour les véhicules d’exploration comme très complexes.
Autre problème :
SpaceX affiche l’ambition de construire une ville autonome sur Mars. Si une telle implantation voyait le jour, elle aurait besoin de déplacer des habitants, des équipements et des provisions entre ses différentes installations. Un transport collectif électrique conçu spécialement pour cet environnement aurait alors une fonction essentielle, pourvu que l’on puisse les développer. Le Robovan pourrait en inspirer le principe, sans être lui-même le véhicule retenu et il est très possible qu’il serve de prototype à un nouveau modèle de colonisation.
Cela nous mène donc à cette question intéressante qui consiste à nous demander si les véhicules autonomes développés sur Terre aujourd’hui nous apprenaient aussi à organiser la vie ailleurs, quels nouveaux marchés pourraient t-ils générer ?
C’est en fait une question qu’il va falloir se poser car elle devra tôt ou tard un sujet primordial de préoccupation…
C’était bien ?
Bon…
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