Nous le savons tous, la deuxième révolution industrielle nous a amené un modèle de vie que peu de gens dans l’histoire avait connu auparavant. Mais elle nous a aussi entraînés dans un modèle contraignant qui comporte aussi un lot complexe de problèmes. Et dans ce lot nous pouvons y ajouter un système qui nous enferme dans une certaine manière de vivre qui nous y emprisonne et nous empêche d’en sortir :
Aller à l’école, partir pour l’Université, avoir son diplôme, trouver un emploi et surtout le garder en CDI, fonder une famille et prendre enfin sa retraite pour aboutir dans une maison de retraite qui coûte tellement cher que peu puissent se payer !
Le constat final n’est autre que celui de se demander si nous avons créé cette belle démocratie pour en arriver finalement à cette conclusion pitoyable…
Ne serait-il pas temps de faire marche arrière ?
Nous abordons ici plusieurs problématiques et par commencer celle de ce que nous allons faire à la fin de notre vie si nous n’en avons pas les moyens ?
La seconde et peut-être la plus importante est de savoir pourquoi nous sommes aujourd’hui obligés de nous poser cette question ?
Enfin ce qu’il nous importe de savoir est la manière dont nous pourrions trouver les solutions nécessaires pour éviter à tous ces oubliés de la vie d’avoir du mal pendant leur retraite tout en n’oubliant pas que la longévité de la vie va se prolonger avec le temps et c’est sans compter que les taux de natalité diminuent au fur et à mesure ?
La question est maintenant de savoir qu’après avoir organisé notre travail, nos déplacements et nos logements, comment voulons-nous organiser notre vieillissement ?
La maison de retraite serait ici le point de départ d’une réflexion beaucoup plus large à savoir, si nous avons construit une société capable de prolonger la vie sans suffisamment préparer les conditions permettant de bien la vivre, et c’est ici que cela prend tous son sens ?
Ne nous méprenons pas néanmoins sur le fait que le parcours « école, emploi, famille, retraite » ne découle pas uniquement de la deuxième révolution industrielle. Il s’est progressivement structuré avec la société salariale, l’allongement de la scolarité et la construction des protections sociales. Le CDI et la retraite accessible au plus grand nombre correspondent surtout à des développements ultérieurs. Ces protections ont d’autant plus aussi permis de sortir de situations où la vieillesse signifiait dépendre entièrement de ses enfants, de la charité ou de continuer à travailler jusqu’à l’épuisement.
Enfin, la retraite, la perte d’autonomie et la fin de la vie sont trois réalités différentes. La maison de retraite n’est pas l’aboutissement obligatoire d’une existence. Cette distinction permet d’éviter de présenter les personnes âgées comme une population uniformément dépendante.
Pourquoi cette question devient-elle aussi pressante ?
Trois tensions se rencontrent.
D’abord, le vieillissement démographique. Selon les projections de l’OMS, le nombre de personnes de 80 ans et plus devrait tripler dans le monde entre 2020 et 2050, pour atteindre 426 millions. Il s’agit d’une projection, mais elle donne la mesure des besoins à anticiper.
Ensuite, les générations se renouvellent moins rapidement dans de nombreux pays. En France, l’indicateur de fécondité s’établissait à 1,56 enfant par femme en 2025. Cela transforme progressivement les équilibres entre générations, sans déterminer à lui seul notre capacité à financer la solidarité et en cela l’emploi, la productivité et la répartition des richesses comptent également.
Enfin, accompagner une personne demande jusqu’ici du temps humain. L’OCDE constate que, dans les 31 pays disposant de données comparables, le nombre moyen de professionnels des soins de longue durée est resté autour de cinq pour cent des personnes de 65 ans et plus entre 2013 et 2023, alors que les besoins futurs augmentent. Nous devons donc financer davantage d’accompagnement tout en trouvant les personnes capables de l’assurer.
La longévité elle-même mérite une précaution car sa progression future n’est pas garantie, et vivre plus longtemps ne signifie pas automatiquement conserver plus longtemps toutes ses capacités. L’OMS distingue bien dans ce cas l’espérance de vie et l’espérance de vie en bonne santé.
La bonne question à se poser est maintenant de savoir pourquoi les maisons de retraite coûtent-elles aussi cher ?
Simplement parce qu’elles concentrent un logement, des repas, de l’entretien, de l’accompagnement et, selon les structures, une organisation médicale et une présence continue et de plus une partie importante de ces activités reste difficile à automatiser, du moins pour l’instant.
À titre de repère français, la CNSA indique qu’en 2024 le prix mensuel moyen de référence d’une chambre pour une personne seule en EHPAD atteignait 2.164 euros pour les places habilitées à l’aide sociale, contre 3.128 euros pour les autres. Ces montants comprennent l’hébergement et une participation minimale à la dépendance, avant les aides, ce ne sont donc pas des restes à charge nets.
Ces chiffres ne doivent pas être transposés directement aux pays européens, dont les dispositifs et les financements diffèrent. La question dépasse cependant les seuls tarifs. Comment donc répartir le coût d’un accompagnement indispensable entre la personne, ses proches et la collectivité ?
Un prix élevé peut être insupportable pour le résident sans pour autant garantir de bonnes conditions de travail aux équipes.
L’avenir incertain concerne surtout la place de la maison de retraite
Il ne s’agit pas de remettre en question complètement l’existence des maisons de retraite car pour certaines situations de forte dépendance ou de troubles cognitifs importants, un établissement adapté reste une solution essentielle.
L’incertitude porte plutôt sur son rôle. Sera-t-elle un lieu auquel on arrive faute d’alternative, ou une composante d’un ensemble de solutions choisies et coordonnées ?
En France, l’habitat inclusif associe déjà des espaces privatifs, des espaces communs et des projets de vie sociale. Les centres de ressources territoriaux proposent également un accompagnement renforcé pour permettre de vieillir chez soi plus longtemps. Ce sont des transformations engagées, même si elles ne constituent pas une réponse universelle.
Le maintien à domicile doit lui aussi être interrogé en d’autres termes car rester chez soi constitue encore un choix lorsqu’on y demeure seul et sans accompagnement suffisant donc cela signifie aussi que déplacer la prise en charge vers le domicile ne doit pas simplement déplacer le travail et les dépenses vers les familles.
La question est maintenant de savoir comment relier les logements, la mobilité, les soins de santé, les commerces, les relations sociales et le soutien aux proches pour préserver une vie choisie ?
Un logement accessible apporte peu si l’on ne peut plus rejoindre son médecin car une téléconsultation ne résout pas la solitude et une famille attentive ne peut pas toujours assurer une présence quotidienne. L’intérêt d’un écosystème tient plutôt à la coordination de ces réponses.
L’IA et la robotique pourraient faciliter certaines tâches notamment les organisations et les interventions, les démarches administratives, l’assistance matérielle ou les dispositifs d’alerte consentis. Mais leur valeur devrait se mesurer au temps humain effectivement rendu disponible et à l’autonomie préservée mais l’équipement technologique ne suffit pas uniquement à produire une relation de confiance.
Maintenant il s’agit de savoir si l’avenir des maisons de retraite dépendra de notre capacité à organiser la vie autour d’elles car préparer les logements, soutenir les professionnels et les proches, maintenir les liens sociaux et garantir des solutions accessibles lorsque la dépendance s’aggrave, n’est pas une chose facile. Mais tout cela n’améliorera pas notre problème d’accès à celles-ci, ni aux soins qui seront apportés aux retraités.
Peut-être que la maison de retraite idéale du futur serait un lieu où l’on pourrait continuer à habiter sa propre vie, même lorsque l’on a besoin d’aide pour la vivre. Elle devrait permettre de conserver un chez-soi, des relations, des choix et une place dans la société. Mais aucun modèle ne conviendra parfaitement à tout le monde et aucun dispositif n’éliminera toutes les difficultés. Ce qui pourrait être universel, ce serait le droit à un accompagnement digne et les manières d’en bénéficier devraient rester diverses.
Cela nous amène donc à l’idée d’un quartier de vie ouvert sur la ville ou le village, avec plusieurs formes de logements et une équipe capable d’adapter l’accompagnement à chaque personne. En réalité, cela nous rapproche très fort des Gated Communities, mais cela ne résout toujours pas le problème d’y accéder financièrement !
C’était bien ?
Bon…
Mais ce n’est pas tout, car une époque formidable c’est aussi un site Web et des centaines de réflexions qui traitent des problématiques de notre monde et c’est aussi…
Un bureau de rédaction, d’illustration et un service de sponsoring !
Ah oui, au fait, nous sommes aussi sur Facebook, Twitter, Instagram, YouTube et nous avons aussi un groupe sur Facebook sur lequel nous pouvons discuter de toutes les problématiques qui se posent à nous, donc on vous y attend car nous avons besoin de vous !




