Toyota Woven City : Après avoir fabriqué nos voitures, les entreprises automobiles vont-elles concevoir nos nouvelles manières de vivre ?

On le sait, Toyota est une entreprise exemplaire qui a sû se remettre parfaitement des ravages provoqués par la seconde guerre mondiale. Elle en est même arrivée à un point tel qu’elle est devenue le premier constructeur de voitures au monde et cela est sans compter sur les nombreux produits qu’elle fabrique bien au-delà du secteur automobile.

Bien entendu le savoir faire légendaire et la recherche de perfection des  japonais s’est très clairement démontrée dans cette superbe évolution mais il y a d’autres choses que l’on connaît moins sur cette entreprise légendaire et elles se situent bien au delà du fait que les entreprises industrielles asiatiques ce sont très largement diversifiées, et qu’elles ont anticipées très tôt ce que pourrait représenter le monde du futur…

Toyota et son projet Woven City, un véritable changement d’échelle ?

Toyota avait déjà prévu au début de ce siècle que trois choses étaient importantes pour rester le premier constructeur automobile mondial : 

Des voitures plus petites, des voitures hybrides qui mélangent des technologies électriques et thermiques et enfin des systèmes de mobilité tout autant hybrides qui mêlaient à la fois des voitures et des avions (petits porteurs).   

Woven City est un cas particulièrement concret du passage d’une entreprise qui fabrique des objets dans une entreprise qui participe à la conception d’un environnement de vie. Il s’agit au contraire d’un laboratoire habité qui a été lancé officiellement en septembre 2025 et dans son bilan de septembre 2026, le constructeur annonce environ 160 participants répartis dans 80 foyers, d’une trentaine d’expérimentations et de 31 entreprises partenaires. On peut donc, dans ce cas, examiner un projet qui commence à fonctionner dans la vie quotidienne. 

Toyota y associe les déplacements, la logistique, la gestion de l’énergie, et les services et c’est sans compter en plus sur les infrastructures numériques. Les habitants participent donc désormais aux essais et donnent leur avis pour faire évoluer les produits et les services. Le véhicule e-Palette doit notamment servir de plateforme pour la restauration, pour servir des boissons et aussi pour le divertissement. Avec celui-ci, l’entreprise ne propose plus seulement un moyen de se déplacer mais elle expérimente plutôt l’organisation du quotidien autour de ce déplacement. Le point décisif serait alors de distinguer le fait de participer à l’amélioration d’un service et de participer à la définition des règles de son environnement. Toyota décrit donc bien ici une démarche de retour d’expérience des habitants mais cela ne suffit pas, à lui seul à établir leur pouvoir sur la gouvernance du projet. 

Cela nous invite au contraire à explorer des questions très concrètes comme celle qui consiste à se demander si les habitants peuvent refuser une technologie ? Ou bien encore qui détermine ce qu’est une amélioration de leur qualité de vie ? Ou comment leurs désaccords sont-ils arbitrés et que peuvent-ils conserver s’ils quittent cet environnement ?

Imaginer les droits et les pouvoirs d’un habitant lorsque son quartier devient aussi une plateforme de services.

L’e-Palette est un petit véhicule électrique collectif conçu pour accueillir différents services par exemple le transport de passagers, le commerce mobile ou un espace d’animation. Toyota cherche donc à faire de ce véhicule une composante de la vie du quartier. Mais nous pouvons aussi y retrouver de vieilles traditions dans les services que nous ont rendus les commerçants itinérants que nous avons connus autrefois.

Dès 2020, le constructeur travaille aussi sur la gestion des flottes en affectant les véhicules selon les besoins, en les ajustant et pour que les passagers puissent organiser leur maintenance. L’ambition porte donc sur le véhicule et sur le système qui coordonne son utilisation. L’entreprise prévoit actuellement des aménagements permettant une utilisation comme navette aux heures de pointe et comme boutique pendant la journée, y compris durant la recharge. 

Mais la question fondamentale n’est pas de savoir ce que fait réellement l’e-palette dans l’univers de Woven City, mais plutôt de savoir ce que le projet global pourrait amener à l’humanité et ce qu’il fait réellement à Woven City ?

Lors de l’évènement KAKEZAN, organisé à Woven City en avril 2026, des services de vente et de boissons ont effectivement été proposés à bord de l’e-Palette. Cela atteste que certains usages commerciaux sont sur place, sans établir qu’ils fonctionnent tous quotidiennement comme des services permanents. 

Il faut également préciser son degré d’autonomie. L’e-Palette ne doit pas être présenté comme un véhicule déjà entièrement autonome dans toutes ses utilisations. Au lancement commercial de 2025, Toyota indiquait une compatibilité avec un système de niveau 2 (sous supervision du conducteur) et visait une commercialisation de versions de niveau 4 pendant l’exercice fiscal 2027. Pour rappel, le niveau 4 correspond à une conduite sans intervention humaine dans un domaine de fonctionnement défini. Son originalité réside en fait dans l’association de trois éléments : 

Un espace aménageable, des services et une organisation de flotte.

Rappelons à ce propos qu’un autobus classique transporte des personnes vers des lieux d’activité mais que l’e-Palette explore aussi le mouvement inverse à savoir de faire venir une activité jusqu’aux personnes. Toyota évoquait déjà en 2020 cette mobilité des biens et des services, notamment pour répondre aux besoins de populations vieillissantes. 

À partir de là, nous pouvons imaginer un quartier où certains services changeraient de place selon les heures. Une sorte de boutique près des logements le matin, une activité culturelle près d’une place l’après-midi, un service de transport le soir. Ces possibilités resteraient soumises aux coûts, aux équipements nécessaires, aux autorisations et à une demande suffisante.

Quelques grandes figures, depuis la première révolution industrielle.                   

Il n’est pas nouveau que des industriels cherchent à loger leurs employés et de faire en sorte d’améliorer leur quotidien pour les fidéliser dans le cadre de leur travail. Ils sont d’ailleurs nombreux dans l’histoire de l’Occident. David Gale, Robert Owen, Henri De Gorge, Jean Baptiste Godin ou bien encore George Pullman en sont d’ailleurs les meilleurs exemples. Néanmoins, il faut aussi remarquer que la démarche de Toyota se différencie par le fait que ce ne sont plus seulement ses propres employés qui sont invités dans cette aventure mais aussi des personnes extérieures. Ce qui signifie que le projet dépasse très largement les initiatives introduites pendant les deux premières révolutions industrielles car la différence principale concerne la fonction de l’habitat dans le projet en lui-même.

Dans une cité ouvrière, le logement accompagne généralement une activité productive. On y construit un cadre de vie autour de l’usine tandis qu’à Woven City, le cadre de vie devient lui-même un lieu de recherche et de développement. Les habitants essaient des technologies et leurs retours contribuent à leur évolution. 

Ce qui est très clair ici réside néanmoins dans le fait que ce sont les constructeurs automobiles qui sont pour le moment en train de changer la donne. Nous assistons à une véritable mutation d’un secteur qui a lui même de part le passé révolutionné le monde. Les dirigeants de Toyota présentent le projet comme un terrain d’expérimentation associant habitants, entreprises et chercheurs. 

Son approche de la mobilité comprend quatre mouvements : 

Ceux des personnes, des marchandises, de l’information et de l’énergie et si une entreprise coordonne ces quatre flux elle touche forcément à une grande partie de l’organisation d’un quartier. C’est peut-être la meilleure chose que l’on peut en tirer…

Sébastien Colson 

C’était bien ?

Bon…

Mais ce n’est pas tout, car une époque formidable c’est aussi un site Web et des centaines de réflexions qui traitent des problématiques de notre monde et c’est aussi…

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