Avec Jean-Luc Mélenchon, tous ensemble… dans le mur !

A un peu moins d’un mois du premier tour des présidentielles françaises, on se doute que les candidats génèrent, dans un excès d’enthousiasme, un déluge de belles promesses qu’ils n’arriveront – bien entendu – pas à respecter. 

Et parfois, il faut bien admettre, bien heureusement…

Eh hop, c’est reparti !

L’intelligence, c’est tirer une leçon des erreurs du passé. Certainement de ses propres erreurs, mais aussi celles des autres. Chaque enfant apprend cela en grandissant, mais visiblement il semblerait que Jean-Luc Mélenchon n’ait pas cette faculté, car il démontre très clairement aujourd’hui une volonté certaine de marcher sur les traces de l’ancien président français, François Hollande…

Pour rappel, le programme de Hollande était fortement axé sur un durcissement de la fiscalité (et de la législation). Entre autres choses, il y avait bien entendu un impôt sur la fortune qui devait être relevé à 75%, mais aussi une taxe sur le capital risque qui devait passer de 34,5% à 60%. Autant dire qu’à l’annonce de son élection au poste suprême​, riches commes entreprises ont fait leurs bagages et sont partis s’installer ailleurs, pour apprécier une herbe bien plus verte qu’en France, avec bien entendu une prime de 1,3 millions de chômeurs​​ de plus sur la durée du quinquennat. Si ce n’était que cela, les choses iraient relativement bien, mais Hollande a surtout marqué les esprits sur le long terme en donnant cette image d’une France complètement instable. En traduction, cela veut dire que du jour au lendemain, quelqu’un peut être élu président et faire main basse sur le patrimoine financier de tous les individus (et personnes morales) résidant sur le territoire. Emmanuel Macron aura eu beau faire de donner (ou du moins d’essayer) à son pays une image plus jeune et plus dynamique, il faut bien avouer qu’en cinq ans, les choses n’ont pas vraiment changé. Et c’est bien entendu le camarade Mélenchon qui revient de plus belle avec des promesses qu’il ne vaudrait pas mieux respecter, si du moins les français veulent éviter le pire…

Des promesses, des promesses, encore des promesses (pourvu qu’elles ne se réalisent pas)…

Le programme fiscal affiché par Mélenchon fait plutôt froid dans le dos, principalement sur deux points :

Le premier est que le candidat fait miroiter que grâce à sa réforme, la majorité des français (91%) paieraient moins d’impôts. Ce qui risque d’en inciter plus d’un à passer de l’autre côté, à tort bien entendu, puisqu’à un moment où un autre, les pertes qui suivent le départ des personnes les plus riches et les entreprises entraînent aussi​ directement des lourdes répercussions sur les populations. Le second point est la violence de ses intentions, car le camarade ne veut pas taxer les riches à 75%, ni mêm​e à 80%, mais bien à… 90% !​ 

Pire encore, la TVA sur les produits de luxe passerait à 33%. Et ce n’est pas tout car une taxe supplémentaire de 50%, avec effet rétroactif serait imposée aux entreprises ayant fait un bénéfice exceptionnel (encore qu’il faudrait savoir ce que cela veut dire) lors du confinement (exercice 2021).

Entre autres absurdités, les bénéfices faits par les entreprises françaises à l’étranger seraient eux aussi taxés et bien entendu toutes ces sordides promesses devront nécessiter une armada fiscale supplémentaire de 4.000 personnes…

Bon, autant dire qu’avec un tel programme, le peu de riches qui sont encore domiciliés sur le territoire français et les entreprises qui peuvent se le permettre, vont mettre les voiles et aller acheter leurs Yachts et leurs voitures de luxe dans les pays voisins (dommage qu’en ce qui concerne la transition énergétique, la voiture électrique sera encore plus chère). Les Iphones vont donc s’acheter en Belgique, au Luxembourg, en Espagne ou bien encore en Italie. Le chômage va bien entendu monter en flèche, et les entreprises qui elles- mêmes sont installées sur des territoires qui sont étrangers à la France vont payer des impôts deux fois (techniquement elles devraient payer des impôts sur la différence entre le barème​ français et ceux des autres pays, bref un impôt universel). Donc, vous aurez bien compris qu’avec le camarade Mélenchon, les riches comme les entreprises seront encore considérées comme des vaches à lait pour alimenter une machine comptable toujours un peu plus sombre et toujours un peu plus boiteuse.  

On voit mal comment, dans ce contexte, le camarade Mélenchon pourrait réaliser son rêve d’avoir des data centers situés en France et bien entendu des datas centers de droit français…

Le numérique… et les autres ?

Il faut rappeler à ce propos qu’un data center, c’est une infrastructure solide et bien réelle qui est très différente d’une application qui peut être​ commercialisée à partir de la Silicon Valley, d’Irlande ou de Chine. Aussi un data center est soumis aux contraintes de l’économie traditionnelle, à savoir la construction d’un immeuble, une collaboration avec des opérateurs (électricité, eau, etc), ainsi qu’une négociation étroite avec l’administration et surtout, encore et surtout, le droit (y compris fiscal) du data center est relatif au sol sur lequel il est implanté. 

En revanche, et c’est tout à son avantage, son champ d’action territorial est relativement large. Pour prendre un exemple concret, un data center est un peu similaire à un centre de distribution d’Amazon, dans le sens où ce dernier peut livrer des clients à partir du nord de la France, dans le sud de la Belgique. De la même manière, des données françaises peuvent donc être​ stockées et traitées en Belgique (et c’est d’ailleurs le cas), un pays dans lequel, il n’y a pas eu de règne de François Hollande et dans lequel visiblement, un Jean Luc Mélenchon ne pourrait pas exister en tant que personnage politique de premier plan. Ce qui veut dire aussi, dans lequel le climat fiscal est plus stable et moins soumis aux désidératas des différents candidats à la présidence…

Les autres, parlons-en !

Mélenchon n’est pas le seul à avoir sa propre vision souveraine par rapport au numérique, bien au contraire, car les 12 candidats à la présidentielle ont tous ce point commun : la souveraineté numérique et bien entendu, cela passe aussi par un cloud souverain européen et même si c’était possible français…

Mieux encore, Nicolas Dupont-Aignan rêve aussi​ de nationaliser le monde numérique et Yannick Jadot veut quant à lui instaurer un RGPD local qui viendrait se rajouter au désastreux RGPD européen. Vous admettrez qu’en termes de bonne idée, on peut quand même faire mieu​x…

Néanmoins, certaines choses semblent échapper à ces apprentis dirigeants : 

La souveraineté numérique est un enjeu très différent de la souveraineté énergétique, en ce sens que dans le monde numérique, il n’est pas question d’en parler pour faire bouger les choses, car il s’agit avant tout d’aller vite et de renverser la table. Cela veut dire que dans le monde, les idées se concrétisent beaucoup plus vite que les paroles des politiques. Les candidats à la présidentielle et leurs prétentions numériques vont mettre des mois, voire des années avant de se mettre en place et pendant ce temps, d’autres seront arrivés sur le marché avec des idées révolutionnaires qui rendront obsolètes, en quelques mois des années d’efforts (si efforts sont fournis, ce dont on peut encore douter).

Le numérique, c’est avant tout un écosystème propice à la créativité et qui génère en même temps un environnement économique et législatif avantageux, avec avant tout un climat politique stable et non le contraire. Alors Cloud souverain ou pas, Mélenchon et les autres sont encore et toujours désespérément à côté de la plaque…

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