Le libertarianisme peut aller loin, mais quelles sont ses limites ?

Pour ceux qui ne savent pas ce qu’est le libertarianisme, on pourrait résumer ce courant de pensée à une seule chose : Le moins d’Etat possible et si c’est possible pas d’Etat du tout !

En bref, le libertarianisme voudrait remplir des promesses non respectées par le libéralisme (que l’on soit de gauche ou de droite peu importe, c’est le côté philosophique qui nous intéresse ici ) dans son application politique et pratique, par rapport à ses bases philosophiques. 

Né officiellement dans les années 50 avec un parti politique en bonne et due forme, forcément dans la patrie de l’Oncle Sam, le libertarianisme est unanimement admis dans la Silicon Valley et on peut s’en douter dans les pôles technologiques répartis dans le monde.

Oui mais voilà, nous sommes en 2023 et par rapport à ce que nous avons vécu ces 22 dernières années, on peut se demander quelles sont ses limites… 

Un peu d’histoire…

Faisons un léger récapitulatif sur ce que nous avons vécu ces dernières années, depuis le tragique 11 septembre 2001 :

Après les attentats de New York, pour garantir notre sécurité, nous avons dû investir dans une guerre qui finalement va durer 20 ans, pour en venir à un résultat absolument… nul

Ensuite nous avons dû affronter la crise économique de 2008 – avec ses conséquences désastreuses – puis la crise de l’euro en 2011. S’en est suivi une vague d’attentats sans précédents avec l’arrivée de Daesh en Syrie et en Irak. Vague d’attentats qui a à nouveau réquisitionné des capitaux considérables pour garantir notre sécurité. Alors que nous aurions pû croire que les choses se calmaient, nous nous sommes retrouvés en 2020 face à une pandémie mondiale qui nous a tous cloués dans notre maison ou dans notre appartement. S’en est suivi une inflation qui n’avait plus atteint de tels records depuis 50 ans. 

Si ce n’était pas suffisant comme cela, nous avons subi une crise énergétique majeure suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, ce qui n’a rien arrangé à l’inflation à laquelle nous devions faire face. Et pour couronner le tout, une crise éclate à nouveau en Orient et met à nouveau notre sécurité en péril…

Et bien, on peut dire que nous avons les reins solides, parce que cela fait beaucoup pour si peu de temps !

Le libertarianisme, oui mais…

A chacune de ces étapes, l’intervention du pouvoir étatique a été nécessaire et on peut dire que finalement et globalement, les choses ont été plutôt bien gérées. C’est bien entendu très inquiétant sur le plan des dettes publiques, mais avons-nous vraiment le choix ?

Dans les années 50, voire même dans la seconde moitié des années 40, un sentiment d’indépendance envers les traditionnelles droites et gauche est né dans l’esprit de beaucoup d’américains. D’une part, les bases de ce qu’on allait appeler plus tard la contre-culture étaient nées, avec un besoin de s’émanciper des institutions. Il faut aussi d’autre part prendre en compte ce sentiment profondément ancré dans la culture américaine qui est celui d’indépendance. Il date même de bien avant ce qui a donné naissance aux États-Unis d’Amérique. Mais celui-ci a pris véritablement racine dans le transcendantalisme, qui est le véritable premier mouvement philosophique officiel du pays. 

Même si Ralph Waldo Emerson représentait la figure de proue de ce mouvement qui a eu une profonde influence dans l’esprit des américains, c’est chez Henry David Thoreau que l’on retrouve les principaux fondements du libertarianisme. Au travers notamment de trois ouvrages et textes fondamentaux : La désobéissance civile, Walden ou la vie dans les bois, ainsi que Pour John Brown. 

On retrouve dans ces trois œuvres, toutes les bases de ce qui a construit la société américaine (et par la suite ce que l’on appelle aujourd’hui l’Occident), à partir des années 60 :

Lutte pour les droits civiques, écologie ou rapprochement avec la nature, fin d’une consommation déraisonnée, rejet du modèle de vie des parents, rejet des valeurs traditionnelles, détachement volontaire de l’individu par rapport aux institutions et enfin et surtout, le droit d’être heureux et de vivre librement la vie que l’on a choisi.

Il n’est pas étonnant que le parti libertarien – dont les candidats à la présidence américaine n’ont jamais fait des scores brillants – se soit associé, en 1969, à l’un des trois mouvements principaux de la contre culture (Hippies, Nouvelle Gauche, Whole Earth Catalog), La Nouvelle Gauche, car il rejoignait un des fers de lance de ce ce dernier, à savoir le pacifisme…

Peut-on encore en faire de même aujourd’hui ?

Le pacifisme… tiens parlons-en !

Le moins d’Etat possible et si c’est possible pas du tout d’Etat !

Oui mais que penser de l’invasion de l’Ukraine par la Russie et des dizaines de milliards de dollars que l’Occident investit dans l’armement fournit à notre voisin européen ?

Le parti libertarien était par ailleurs farouchement opposé à toute intervention de l’Etat américain dans la guerre froide, car les libertariens considéraient que le communisme et l’Union Soviétique finiraient par imploser d’eux même. Cela ne valait donc pas la peine de consacrer des millions de dollars à la combattre. Finalement, ils avaient raison parce que c’est ce qui s’est passé. De la même manière, on pourrait penser que la Russie va finalement imploser, après des années de dictature poutinienne, mais ce n’est pas si simple que cela :

En réalité, la méthode d’annexion communiste était, en son temps, bien plus subtile que celle d’un Vladimir Poutine (ou d’un Xi Jinping pour l’invasion possible de Taïwan) car elle consistait en la corruption des individus, par l’argent, mais aussi par l’esprit. 

En revanche, Poutine impose une russification par la force de manière parallèle a ce qu’essaye de faire l’extrémisme islamiste et c’est exactement à cela que nous devons faire face.

Comment dans ce cas se passer de l’administration et dans quelles mesures le libertarianisme pourrait arriver à ses fins ?

Il faut bien admettre que tant que les fondements des siècles passés resteront encore dans l’esprit de certains dirigeants, le libertarianisme n’arrivera pas a s’imposer et à supplanter les gauches et les droites traditionnelles.

Les choses changeront inévitablement et c’est juste une question de temps, mais il est clair que la plupart des problèmes de notre monde sont créés et résolus (toujours temporairement) par des institutions bien mises en place. Nous n’avons, du moins pour l’instant, pas vraiment d’autres choix que de vivre avec elles, mais peut-être qu’un jour, le libertarianisme et son bras droit – la technologie – parviendront à délivrer définitivement l’individu de tous les maux créés par celles-ci…

Sébastien Colson 

C’était bien ?

Bon…

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