Revolut : vers la fin d’un système bancaire…

Revolut… 

Il manque trois lettres au nom de cette néo banque et finalement cela n’a rien d’étonnant car Revolut n’est finalement pas si révolutionnaire que cela. Alors, qu’est ce qu’il y a de si spécial avec cette entreprise britannique, dont le siège social est situé à Vilnius en Lituanie pour qu’on en parle aujourd’hui ?

Et si les plateformes bancaires devenaient aussi des super apps ?  

Peut-être​ n’avez vous certainement pas encore entendu parler de Revolut ? 

Il s’agit d’une entreprise de services bancaires en ligne qui est née en 2014, exactement au moment où le monde financier se réformait de manière drastique, après le marasme qu’il avait créé en 2008. Donc jusqu’ici, rien de bien phénoménal, c’est vrai… 

Ce qui nous intéresse aujourd’hui, c’est que Revolut vient d’annoncer qu’elle allait se lancer dans les services de réservation d’hôtel et de tickets d’avion. Donc nous avons clairement ici, une illustration de la volonté d’une néo banque de sortir des sentiers battus.

Qu’est ce que cela veut dire ?

Est-ce que les services financiers ne sont plus suffisants pour survivre dans un secteur ultra compétitif et surtout soumis (pour ne pas dire mis à genoux) aux règles de la transition numérique ? Cela veut-il dire que Revolut veut se positionner comme la super app par excellence, en Europe et aux Etats-Unis alors que si ces super applications font déjà un carton en Chine avec WeChat et Alibaba, les marchés occidentaux sont encore un peu à la traîne à ce niveau ? 

La super app, véritable révolution de la décennie ?

Il est clair qu’en se lançant dans les services autres que les services bancaires, Revolut essaye aussi d’attirer vers elle une nouvelle clientèle et de doubler ses néo concurrents. Et si une banque veut survivre aujourd’hui, elle a tout intérêt​ à se différencier de ceux-ci. Rappelons que pour la première fois de l’histoire du monde bancaire, il y a encore peu, HSBC à payé Cerberus, 1,9 milliards d’euros pour reprendre son réseau d’agences français. Oui, vous avez bien lu. C’est l’acheteur qui s’est fait payer pour son achat. Rappelons aussi que l’américain Paypal a annoncé son ambition de devenir une super app pour tenter de rivaliser avec Tencent sur le plan international. 

Alors à quoi ressemble une super app ?

Une super app, c’est un réseau social qui multiplie les facilités et les services pour ses utilisateurs. Si on prend l’exemple de WeChat (Tencent), au delà du réseau social la plateforme offre aussi un service de messagerie, la possibilité de faire des virements, la possibilité de faire ses courses en ligne, d’obtenir des titres de transports, d’ouvrir un commerce électronique, ainsi que de suivre un programme d’infos. Bref tout ce dont un chinois à besoin au quotidien. Bon, il est clair que Revolut a encore du travail pour en arriver là, mais l’intention montre clairement la volonté d’une banque de muter vers des domaines que l’on aurait pas vraiment pu imaginer il y a encore quelques années.

Comment imaginer la banque de demain ?

Nous le savons déjà depuis longtemps, l’agence bancaire que nous avons encore aujourd’hui est vouée complètement à disparaître (pour ceux qui sont encore dans la précarité numérique, on peut s’attendre à ce que les services postaux fassent traîner les choses jusqu’à la fin). En revanche, il est clair que comme pour l’automobile, la banque est en pleine mutation pour devenir une entreprise numérique à part entière. On sait aussi que les GAFAM se sont lancé dans la course aux services bancaires et continuent de développer de multiples services qui comblent (ou pourraient combler) tous nos besoins. Troisième élément, on sait que quand un acteur économique (numérique) se lance dans un nouveau domaine, il y a beaucoup de chances pour que ses concurrents en fassent de mêm​e. On peut d’ailleurs le voir chez les GAFAM, qui possèdent tous un domaine de prédilection propre, mais se marchent en permanence sur les pieds dans de multiples domaines, de fait, pour les services bancaires. Et la loi du marché numérique veut que les choses se clôturent toujours ou presque par la victoire d’une poignée d’entreprises et par une majorité de rachats et de faillites. 

Pouvons-nous imaginer des banques comme BNP Paribas, Barclays, CitiGroup ou ING rivaliser avec les GAFAM dans les domaines respectifs de ceux-ci ? Probablement pas, mais par contre nous pourrions imaginer qu’une de ces banques se lance elle aussi dans le multiservice. Voir même n’absorbent des Fintec comme Révolut. Ce scénario tient clairement la route. Il serait aussi crédible de prédire que cette dernière soit rachetée par une grosse entreprise technologique. Voir même que ces grosses entreprises technologiques soit tentée par le rachat d’une grosse banque citée ci dessus, qui elles mêmes aurait avalé une plus petite entreprise. C’est possible, mais toujours est-il qu’il faut s’attendre à ce que d’une manière ou d’une autre, tous – je dis bien tous – les services dématérialisés dont nous avons besoin vont être dans les prochaines années canalisés vers quelques grosses plateformes – peut être une dizaine – et nous n’aurons plus qu’à choisir celle qui nous plaît le plus. Un peu comme nous le faisons quand nous achetons une voiture. Et tant que l’on parle de voiture, on pourrait même imaginer que l’aventure tente Tesla ou plutôt Elon Musk. Imaginez alors le rôle que prendrait l’automobile…

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