Peu y sont arrivés tandis que beaucoup ont échoué à construire non pas des empires commerciaux mais plutôt des organisations solides et tout cela à partir de rien (ou presque) ?
Comment ces entrepreneurs, politiciens (peu d’entre eux, mais il en existe) et créateurs ont-ils réussi à révolutionner le monde en pensant – simplement – différemment des autres ?
Il ne s’agit pas ici seulement de construire un empire financier générateur de beaucoup d’argent et dépourvu d’une véritable âme, mais plutôt de gens qui révolutionnent au jour le jour le monde avec des idées souvent perçues au début comme excentriques, mais qui finissent toujours par clouer au tapis les plus grands critiques. On ne peut s’empêcher de penser à ce propos à Elon Musk, mais il y en a eu d’autres et sans eux, le monde ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui (avec ses avantages et ses défauts bien entendu)…
Retour sur l’histoire !
Nous parlerons ici de ces bâtisseurs, c’est-à-dire de ces individus qui n’ont pas simplement créé une entreprise, mais qui ont réussi à faire exister quelque chose que leur époque ne considérait pas encore comme nécessaire.
Comment une idée marginale devient-elle une organisation capable de changer durablement le monde ?
Une certaine nuance doit cependant être observée car beaucoup d’innovateurs ne sont pas partis complètement de rien. Ils possédaient notamment un patrimoine intellectuel grâce auquel ils ont pu développer des infrastructures qui sont devenues par la suite, parfois gigantesques. Bien au contraire, les grands bâtisseurs ne sont généralement pas partis littéralement de zéro. Certains avaient de l’argent, d’autres une solide éducation, ou bien encore un réseau, une compétence particulière ou plus simplement ils ont eu accès au bon environnement. En revanche, ils sont souvent partis de rien du point de vue de l’organisation qu’ils voulaient construire. On repense donc dans ce cas encore une fois à Elon Musk qui part en Russie pour acheter un missile afin de développer une fusée et de fonder SpaceX et révolutionner la conquête spatiale. Un achat qui ne réalisera pas et qui va l’inciter à développer l’écosystème propre à son entreprise.
Si on observe tous les profils qui nous viennent à la tête, il faut remarquer que Walt Disney n’avait en fait pas d’empire du divertissement lorsqu’il commence. Henry Ford n’a pas inventé l’automobile. Steve Jobs n’a ni inventé l’ordinateur, ni le téléphone, ni la musique numérique. Et Musk n’a inventé ni la voiture électrique, ni la fusée. Mais ils ont au contraire regardé des éléments qui existaient déjà et imaginé le système qu’ils pourraient former ensemble. A ce propos, on pourrait même dire que l’un apporte des ailes à l’autre, puisque Ford a développé une automobile bon marché qui permettait aux gens de se déplacer vers l’empire de distraction développé par Disney. Apple a permis de développer des outils qui permettaient l’utilisation de logiciels informatiques de haute performance pour développer ce même univers de créativité et enfin Musk a pû tirer profit des leçons du passé que Henry Ford ou Preston Tucker avaient eu à subir en leurs temps…
Une galerie de bâtisseurs tout particulièrement parlante !
Ces personnages hors normes nous viennent bien entendu immédiatement à l’esprit car soit nous les avons étudiés, soit nous avons directement – et le faisons toujours – bénéficié du fruit de leurs travaux et de leurs passions. Mais on pourrait remonter plus loin dans l’histoire en prenant le cas de Josiah Wedgwood car au XVIIIe siècle, il ne se contente pas de fabriquer de la poterie. Il expérimente au contraire les matériaux, standardise la production, développe des méthodes commerciales innovantes, utilise des catalogues et des salles d’exposition et comprend l’importance que peut avoir une marque spécifique. Deux siècles avant l’économie numérique, il pense déjà pratiquement en termes d’écosystème. Prenons aussi le cas de William Morris, un siècle plus tard, qui va se dresser littéralement contre les ravages qu’entraînent une révolution industrielle qui détruit tout ce que l’humain a de potentiel dans la créativité artisanale.
Puis arrive Henry Ford. Sa grande idée n’est pas simplement la Model T. Le système Ford c’est avant tout la standardisation, la production de masse, la chaîne de montage, l’organisation industrielle et les prix permettant progressivement à une population beaucoup plus large d’accéder à l’automobile. Il ne construit de ce fait pas seulement une voiture, mais il contribue à construire une société organisée autour de la voiture. Bonne ou mauvaise chose, chacun en tirera sa propre conclusion, surtout dans un XXI°siècle dans lequel l’écologie est devenue impérative. Mais cela nous rappelle néanmoins que les grands bâtisseurs ne construisent pas nécessairement le meilleur objet. Ils construisent le système qui permet à cet objet de changer d’échelle (pour rappel, c’était Oldsmobile qui fut le premier constructeur de voitures en série).
Disney, après avoir essuyé une première faillite, va comprendre progressivement qu’une souris n’est pas simplement un personnage. C’est aussi un personnage qui peut devenir un film. Ce film peut devenir une marque. La marque peut devenir des produits. Les histoires peuvent devenir un parc d’attraction. Ce même parc peut devenir une destination. Et enfin que cet ensemble peut devenir un écosystème culturel unique.
Le plus important… créer un territoire économique !
Johannes Gutenberg démontre également pourquoi l’invention seule ne suffit pas. L’imprimerie européenne à caractères mobiles n’est pas seulement une machine. Elle participe à la création d’une nouvelle infrastructure permettant de reproduire beaucoup plus efficacement les connaissances. Les livres deviennent plus accessibles, les idées circulent autrement et l’organisation intellectuelle de l’Europe finit par en être complètement bouleversée. L’idée qui peut-être la plus importante à retenir est que certains bâtisseurs créent une entreprise. D’autres créent une infrastructure permettant aux autres de créer.
L’iPhone lui-même illustre parfaitement cette logique. Le smartphone était spectaculaire, mais l’App Store a permis à des millions de développeurs et d’entreprises de construire quelque chose au-dessus de cette infrastructure.
Avec Tesla, SpaceX ou les autres entreprises auxquelles Musk participe, on retrouve régulièrement le même mécanisme, à savoir de partir d’un problème considéré comme extrêmement difficile et remonter toute la chaîne des contraintes.
Pourquoi la voiture électrique ne fonctionnait-t-elle pas à grande échelle ?
Pourquoi les vols spatiaux coûtaient-ils aussi cher ?
Nous pourrions même dépasser à ce stade le domaine économique et parler de Muhammad Yunus et de son idée presque dérisoire au départ qui était de prêter de très petites sommes à des personnes pauvres exclues du système bancaire traditionnel. De cette expérimentation naîtra la Grameen Bank et surtout une réflexion mondiale sur le microcrédit.
Tout part ici de la réflexion que le problème n’était pas forcément que ces personnes étaient insolvables, mais que le système avait été conçu de manière à ne jamais leur donner leur chance ?
Détecter un problème là où les autres ne voient qu’une fatalité, raisonner de façon à en construire une solution, penser au système plutôt qu’au produit lui-même, accepter de paraître ridicule avant de mettre tout le monde sur les genoux, etc. Au commencement rien n’était évident pour les personnages que nous venons de citer, mais ce n’est pas sans la volonté de son fondateur Steve Jobs (qui avait soigneusement sélectionné Tim Cook comme son successeur) qu’ Apple vient d’atteindre aujourd’hui une capitalisation de 4.620 milliards de dollars…
C’était bien ?
Bon…
Mais ce n’est pas tout, car une époque formidable c’est aussi un site Web et des centaines de réflexions qui traitent des problématiques de notre monde et c’est aussi…
Un bureau de rédaction, d’illustration et un service de sponsoring !
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