« Femme caressant un perroquet » (1827), Eugène Delacroix (3).

Dans la deuxième partie de cette aventure consacrée à l’exploration du tableau d’Eugène Delacroix, Femme caressant un perroquet, nous émettions l’éventualité que cette œuvre aurait peut-être été conçue pour satisfaire les fantasmes de son propriétaire et ainsi d’être destinée à une exposition dans un contexte privé. Une chambre à coucher par exemple (rappelons qu’il était coutume à l’époque de disposer dans les milieux aisés de ce genre de tableaux, ce fut d’ailleurs le cas pour le célèbre L’origine du monde de Gustave Courbet…

On peut remarquer en effet que plusieurs éléments montrent une tentative de rapprochement entre le spectateur et l’objet même de cette peinture… l’érotisme.

En détail, description…

Dans un espace clos (un salon), une jeune femme est allongée sur un amas épais d’étoffes. Ses yeux sont fermés, la tête est tournée vers la droite de la composition, sa joue reposant sur les draps. Son bras droit retombe vers le sol à proximité d’un perroquet qui semble concentré sur ce qui se passe dans la partie invisible droite de la composition.

Ses jambes sont croisées (probablement dans un soucis de pudeur, omniprésent au XIX°siècle) et celle qui supporte le corps sur le sol repose sur un coussin aux tons ocres. La jeune femme est nue (ce qui amplifie l’hypothèse d’une tableau à usage érotique). Une part de sa tenue en drap blanc léger et semi-transparent est enroulé autour de son bras gauche. Sur ses cheveux coiffés, repose un chapeau léger. Sur son corps nu, on peut voir aussi des bijoux. Deux colliers autour de son cou ainsi que des bracelets placés à hauteur du biceps de son bras gauche.

La composition est parfaitement équilibrée et le corps de la jeune femme est placé au centre du tableau. La position du corps trace une diagonale partant du bas à gauche vers le haut à droite. Le poids de l’épaisseur du drap tombant sur l’extrême gauche de la composition est compensé par le drap enroulé sur lequel le modèle est couché. Dans le fond de la pièce, contre un mur on aperçoit deux coussins bleus du dossier d’un divan. Ce qui perturbe légèrement le regard puisqu’il y a un léger décalage entre celui-ci et l’assise sur laquelle la jeune femme est posée.

En terme d’éclairage…

L’éclairage provient de la partie droite supérieure. Sans être relative à une ambiance très intime, ni extrêmement forte, elle répand une clarté relative dans toute la pièce. Les zones d’ombres sont fortement marquées avec des couleurs sombres, noirs et bruns foncés pour la plupart.

Les tons chauds dominent la majeure partie de la composition : orange, bruns, ocres, jaune légers, des couleurs chaudes que l’on retrouve dans la couleur du sable et des ambiances des tableaux orientalistes. Seule la couleur des coussins tranche avec le bleu…

Il serait ici aussi intéressant de se pencher sur la symbolique du perroquet et de l’usage du bleu dans la peinture orientaliste ou plus généralement dans la représentation picturale des XVIII° et XIX°siècles ainsi que sur les symboles liés au bracelets. Les deux colliers ainsi que des bracelets placés à hauteur du biceps du bras gauche évoquent peut-être un signe d’appartenance. L’esclavage étant coutume à ce moment de l’histoire.

Voici donc plusieurs pistes de recherche pour occuper nos soirées d’historiens…

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