Rafik Smati : Le grand remplacement technologique…

Comment faire émerger sur le sol Européen des entreprises aussi importantes que les GAFA ?

C’est la question très intéressante que posait Rafik Smati, mercredi sur Sud Radio…

Ce qui me fascine particulièrement, c’est que personne ne semble avoir de réponse à cette question alors que celle-ci est évidente.

Je cite : Il faut établir un écosystème qui soit capable de faire émerger des sociétés technologiques, avec – et c’est ceci qui me choque le plus – une véritable impulsion politique.

Trop de politique…

Ne serait-ce pas la cause de notre écart technologique avec les États-Unis (ne parlons pas de la Chine, l’organisation politique est trop différente des systèmes occidentaux) ? Faut-il rappeler que les pays européens ont délibérément déclaré la guerre à des entreprises technologiques pour protéger les entreprises traditionnelles ?

Créer les GAFA du futur c’est tout d’abord inventer le futur. A mon sens, ce n’est pas du tout dans les compétences de politiciens qui ont à peine conscience de la réalité. Ni par ailleurs dans un pragmatisme généralisé. Celui-ci voulant que l’innovation soit horizontale (Mondialisation) et non verticale (Technologique).

Si nous voulons créer les GAFA du futur, ce sera bien par un retrait de la politique et non par la suprématie de l’État providence.

Démonstration :

Observez les différents pôles technologiques qui sont en train de se former dans le monde*. Tous ont les mêmes points communs :

  • Posséder une infrastructure universitaire de premier plan.
  • Bénéficier d’un système éducatif performant tourné vers le XXI°siècle.
  • Avoir une forte concentration d’entreprises technologiques.
  • Avoir une population qui a accès à l’outil numérique.
  • Avoir un nombre d’investisseurs avec des fonds importants et qui veulent prendre des risques.
  • Avoir une infrastructure de réseau développée.
  • Avoir une fiscalité souple.
  • Avoir des administrations ouvertes aux changements et tournées vers le XXI°siècle.
  • Posséder une infrastructure de transport.
  • Avoir une culture d’optimisme et du droit à l’erreur.
  • Avoir un climat enclin à attirer les talents du monde entier.

Je vous recommande à ce propos l’ouvrage de David Fayon Made in Silicon Valley : Du numérique en Amérique (2017).

Sur ces 11 caractéristiques, nous échouons 6 fois. Par rapport au système éducatif, nous sommes loin du compte. Pour les investisseurs, comment réussir à en avoir dans un climat dans lequel tout est fait pour les faire fuir ? En terme de fiscalité et de souplesse administrative, nous frôlons la catastrophe. Quand à la culture d’optimisme et l’aptitude à attirer les talents du monde entier, nous avons encore un long chemin à parcourir.

Voici nos failles, nous le savons mais encore faudrait-il les accepter…

La seule impulsion politique que nous devons exiger, c’est de changer complètement le système éducatif et de laisser les entreprises créer, innover et pro-spé-rer !

Dans ce contexte, les GAFA du futur se créeront d’elles mêmes. En bref cela veut dire moins d’État, mais cela je pense que ça ne va pas plaire à tout le monde…

  • Pour les principaux : San Francisco et la Silicon Valley, Toronto, Santiago, Berlin, Moscou, Tel Aviv, Bangalore, Singapour, Sydney, etc.

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